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Dans le Perche, la drôle de météo 2019 perturbe les stocks

A Saint-Hilaire-le-Chatel (61), au nord de Mortagne-au-Perche, Guillaume Chantepie élève des allaitantes. Après une météo particulière cette année - sécheresse estivale suivie d'averses, il craint pour le stock de fourrages et de paille.

© DB

« C'est une situation qu'on n'a pas souvent connue », s'exclame Guillaume Chantepie, face à son champ le plus proche, inondé, à Saint-Hilaire-le-Chatel. L'année 2019 sera à marquer d'une pierre rouge pour la sécheresse de juin à août, ou bleue pour les fortes pluies : 300 mm sont tombés depuis septembre (chiffres terre-net.fr).
« C'est tout l'est du département qui est touché par cette succession de situations », indique Météo France.

Stocks entamés
Guillaume Chantepie élève des Charolaises et quelques Salers. 320 animaux vivent dans la ferme. « Il faut de la nourriture et de la paille. » Elu FDSEA de l'Orne en charge du dossier aléas climatique, il s'inquiète des vicissitudes de la météo. La sécheresse de début juin a obligé les éleveurs à « taper dans l'ensilage d'herbe cet été ». Si le stock va suffire pour l'hiver, « il ne va rien rester » en fin de saison. L'éleveur, prudent, a fait des réserves de fourrages, un an d'avance, et ne manquera pas. Mais il craint pour ses collègues. « Les deux coups de canicule ont fait du mal ».

Cultures perturbées
La météo n'est pas non plus favorable aux cultures. « D'abord, il a fait froid en mai. Le maïs n'a pas démarré, les épis n'ont pas fécondé. Il est très hétérogène sur les parcelles ». Ensuite, les couverts n'ont pas poussé à cause de la sécheresse et n'ont pas pu être récoltés. Pour couronner le tout, le secteur a subi de très fortes pluies dès le 24 septembre. Le 14 octobre, un gros orage venait aussi perturber les semis, ce qui a occasionné des trous dans certaines parcelles. Enfin, si la pousse de l'herbe a été bonne au printemps et a permis de faire des stocks, avec une bonne gestion, Guillaume Chantepie recommande de faucher et de donner la seconde pousse aux bêtes, « quitte à les sortir un peu plus tard ».

Manque de paille
Avec les pluies d'automne, Guillaume Chantepie craint un manque de paille. « A cause du semis pas fait à temps et du blé sous l'eau, on va manquer de céréales », regrette-t-il. Les animaux étant rentrés quinze jours/trois semaines plus tôt, le besoin en paille peut être important, « sauf si on peut les faire sortir plus tôt au printemps ». Un problème qui va affecter les éleveurs sans céréales, prévient-il.
Face à cette situation, l'élu syndical a obtenu un dégrèvement d'impôts fonciers pour les exploitations concernées, soit une ristourne de l'ordre de 500 euros. Pour ses propres pertes, il a pu faire jouer son assurance aléa climatique pour le maïs.

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