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Dans l'Orne, la leçon de traitement

Lundi 23 décembre 2019, les JA et la FDSEA de l'Orne ont invité la préfète à une démonstration d'épandage de produits phytosanitaires. L'après-midi, pédagogique, s'est déroulé à Sées, chez Régis Le Secq.

C'est d'abord par une minute de silence, en hommage à Claude Cochonneau, président de l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture, décédé brutalement, que la rencontre a démarré, lundi 23 décembre 2019. La préfète du département, Chantal Calstelnot, était invitée par la FDSEA et les JA, pour parler zones de non-traitement et épandage de produits phytosanitaires. Nathalie Goulet, sénatrice, était aussi présente.

Comment ça se passe ?

À partir du 1er janvier 2020, la distance entre les zones d'épandage de phytos et les zones d'habitation (calculée a partir de la clôture) sera au minimum de 5 m, a annoncé le gouvernement le 20 décembre. Cette zone de non-traitement (ZNT) est portée a 10 m pour les « cultures hautes » telles que l'arboriculture, la viticulture. Une ZNT de 20 m incompressibles est prévue pour les produits les plus dangereux. « Au lendemain de ces annonces, n'oublions pas que l'agriculture ornaise est porteuse du PIB du département. Nous voulons être proches du grand public et non être montrés du doigt », souligne Anne-Marie Denis, présidente de la FDSEA à l'attention de la préfète. « Le sujet est sensible, poursuit Alexis Graindorge, président des JA 61. Il faut démystifier les ZNT. L'objectif du jour est de comprendre comment se passent les traitements. » Jean-Pierre Prévost, vice-président de la FDSEA et responsable de la section végétale, a décortiqué de nombreux éléments à Chantal Castelnot : conditions climatiques optimales et réglementaires pour traiter ; rampes de pulvérisation équipées de buses standard et anti-dérives. « Notre objectif est d'apporter la dose optimale au bon endroit », insiste Jean-Pierre Prévost. Ensuite, muni d'une seringue, Jean-Pierre Prévost a déposé 0,2 mL d'eau sur 1 m2 de table, toujours sous les yeux de la préfète et de Nathalie Goulet. « Cela correspond à la dose de matière active utilisée par hectare et par an en grandes cultures dans l'Orne. »

Purement et simplement contre ces distances

Suivait une démonstration au champ. Le matériel utilisé date d'une douzaine d'années. « C'est volontaire, appuie Anne-Marie Denis. Car nous voulons montrer que nous étions déjà équipés et préoccupés par ces questions depuis longtemps. » Dans le champ de Régis Le Secq, un drapeau FNSEA symbolise une clôture d'habitation. Jean-Pierre Prévost a disposé des papiers hydrosensibles à 1 m, 5 m et 10 m. le pulvérisateur a fait plusieurs allers-retours, rempli d'eau. D'un côté il était équipé de buses standards et de l'autre d'anti-dérives. Les personnes présentes ont pu juger de l'efficacité d'utiliser du matériel adapté plus que d'imposer des distances de non-traitement. « Les limites proposées par les ministères sont déconnectées du terrain. Dans l'Orne, l'habitat est très dispersé. FDSEA et JA demandent que cette proposition de réglementation, inadaptée, soit purement et simplement annulée. Nous sommes ouverts à la discussion pour trouver d'autres solutions », assure Anne-Marie Denis à la représentante de l'État. Et Alexis Graindorge d'enchaîner : « impulsons la robotique pour que les agriculteurs soient les premiers à en bénéficier pour leur santé. Des pratiques restent à développer, mais je suis sûr que l'agriculture conventionnelle a encore de l'avenir ».

En même temps

« Le gouvernement a rendu sa copie et fait connaître sa décision quant aux zones de non-traitement (ZNT). En prévoyant des réductions de distance selon les mesures de précaution prises, il reconnaît la validité du raisonnement technique que nous soutenons dans ce débat et consent une marque de confiance dans le professionnalisme des agriculteurs. Mais, fidèle à sa ligne de conduite, il instaure des distances incompressibles qui n'ont d'autre finalité que satisfaire les plus farouches opposants à l'usage des produits phytos. Il est trop tôt pour dire si ce texte mettra fin aux tensions que le débat a nourries dans les campagnes. Néanmoins, il ne laisse aucun délai puisqu'il s'applique dès l'implantation des cultures de printemps et, bien sûr, il ne prévoit aucune compensation pour les agriculteurs. En somme, nous avons droit à des contraintes et des charges, mais quand il s'agit d'assumer les conséquences financières, l'Etat n'est plus là. Alors que le dialogue, lui, est beaucoup plus fécond que ces réglementations qui sonnent comme des invectives. Nous en avons fait la démonstration ce lundi en présence de la Préfète de l'Orne. Dialoguer, montrer nos techniques, expliquer nos méthodes, voilà des actions concrètes qui portent des fruits. Encore faut-il trouver au sommet de l'État une oreille attentive qui soit à l'écoute ».
Jean-Pierre Prévost
Vice-président de la FDSEA de l'Orne

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