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Dans un an, les retraites agricoles à 85% du Smic

La décision d’une revalorisation des retraites agricoles attendue depuis de longues années, a été prise cette année. Présentation de cet acquis syndical avec Gérard Bédouin, président de la section régionale des anciens exploitants à la FRSEA de Normandie.

Gérard Bédouin président de la section des anciens exploitants de la FRSEA de Normandie
Gérard Bédouin président de la section des anciens exploitants de la FRSEA de Normandie
© DR

>> Le gouvernement a annoncé cette année la retraite minimale agricole à 85% du Smic. On vous imagine satisfait ?
Effectivement, c’est une vieille revendication qui aboutit enfin. Et ce n’est que justice quand on voit le niveau des retraites agricoles comparé à l’effort que l’exercice de notre métier nous a demandé. Toutefois, ce n’est pas encore pour demain puisque la mesure ne va s’appliquer qu’à partir du 1er janvier 2022. Et seule la retraite minimale des chefs d’exploitation à carrière complète sera portée à 85% du Smic.

>> Cela veut dire que cela concerne certaines catégories de retraités ?
Cela concerne exclusivement les chefs d’exploitation à carrière complète. Cela signifie que rien ne changera pour les conjoints d’exploitants, ni pour les chefs d’exploitation qui ont eu une carrière professionnelle ailleurs, ni pour les aides familiaux retraités. Il nous semble que la mesure, pour appréciable qu’elle soit, comporte des « trous dans la raquette » que le gouvernement devra combler. En particulier pour les conjoints, qui sont souvent des conjointes, et dont le travail sur l’exploitation était le même que celui du chef d’exploitation. Il a un an pour le faire.

>> Cela reste un beau cadeau sous le sapin…
A notre âge nous ne croyons plus au père Noël depuis longtemps. Ce n’est qu’à force de conviction et par un long travail de persuasion que nous sommes parvenus à obtenir cette avancée sociale. Et puis nous serons vigilants pour que ce progrès ne se fasse pas au détriment des agriculteurs en activité, qui sont aussi nos enfants. La revalorisation doit être financée par la solidarité nationale. Le travail continue.

>> Il continue malgré la crise sanitaire ? Comment avez-vous vécu cette année 2020 ?
Je ne vais pas répéter que c’est une année exceptionnelle, et exceptionnellement dramatique, c’est une évidence. C’est plus difficile pour nous d’abord parce que les personnes de nos générations sont plus sensibles au virus et on déplore de nombreux décès. Je veux donc avoir une pensée pour ceux d’entre nous qui ont été victimes de la Covid-19, et leurs familles. D’autre part, la crise et le confinement nous ont empêchés de nous réunir comme nous le faisons d’habitude.

>> Et cela vous a manqué ?
Bien sûr. Nous vivons en milieu rural et le risque d’isolement est majeur. Nous avons besoin de nous retrouver, voire de voyager ensemble pour nourrir un lien social.  Cette année, nous avons dû nous passer de la convivialité née de ces rendez-vous entre retraités. C’est sans doute nécessaire au plan sanitaire, mais cela nous coûte énormément dans nos équilibres personnels. Non seulement nous avons été éloignés de nos familles, mais nous l’avons été aussi de nos amis et collègues. C’est très difficile à supporter.

>> Quelles sont vos perspectives ?
D’abord nous devons appliquer au mieux les gestes barrières. Et nous devons espérer que le civisme collectif nous permettra de sortir de cette crise et de reprendre des activités normales dans nos familles, nos clubs et associations, dans nos relations quotidiennes, en somme. C’est ce que je souhaite pour nous tous. Et d’abord, je souhaite à tous de passer le plus sereinement possible de bonnes fêtes de fin d’année.

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