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AGRIAL filière bovine
De 124 000 en 2008 à 180 000 animaux en 2009 avec Union Set

Si l’activité de la filière bovine d’Agrial aura marqué un recul sensible en 2008 (- 2,2 % pour un total de 124 000 animaux commercialisés), 2009 avec la fusion Agrial/Union Set marquera un tournant. 

C’est entre deux réformes de premier plan que s’est tenue, mercredi dernier à Villers-Bocage (14), l’assemblée générale de la filière bovine d’Agrial. La première, c’est la réforme de la PAC dont chacun s’évertue à mesurer les conséquences financières immédiates sur son exploitation.
L’autre, c’est la fusion Agrial/Union Set programmée pour juin prochain et qui permettra à la nouvelle OP (Organisation de Producteurs) de peser plus lourd dans la balance : 180 000 bovins commercialisés en 2009 contre 124 000 en 2008.

Marier les différentes cultures
“Notre objectif est bien de construire une nouvelle entité regroupant l’ensemble des producteurs bovins de nos sept départements. Pour y parvenir, l’harmonisation est nécessaire avec de nouvelles dispositions qui vont voir le jour, d’autres qui vont disparaître, toujours dans un esprit de mutualisme, d’équité entre les producteurs”. Dans son allocution, Pierre Hermenier (président de la filière bovine d’Agrial) a rappelé les fondamentaux. Sans angélisme, il a souligné aussi les difficultés. “Il nous faut marier différentes cultures, chacun apportant son expérience, son savoir-faire. Mais il faut aussi rappeler notre mission : pérenniser la production de viande bovine par la sécurité de nos débouchés et la rentabilité”.
Débouchés et rentabilité, c’est sans doute aussi ce qui a présagé du troisième acte majeur qu’a connu la filière bovine en quelques mois : le rachat de SOCOPA par Bigard. Dans ce rapprochement que quelques esprits coopératifs ont modérément apprécié, les dirigeants d’Agrial restent droits dans leurs bottes : “nous devons faire le constat que la tendance est à la concentration des opérateurs du secteur viande en Europe. Les acteurs français avaient d’ailleurs perdu du terrain ces dernières années. Avec le rapprochement Bigard - Socopa finalisé début mars 2009, nous avons contribué à la création du premier groupe d’abattage et de transformation de viande bovine européen. Cette nouvelle entité Bigard/Socopa/Charal va représenter 40 % de l’abattage et 50 % de la transformation en France. Cette opération aboutit à la création d’un groupe qui aura davantage dans la relation avec la distribution”. Et comme le rappelait dans nos colonnes il y a quelques semaines le président Gilbert Herpe, “on préfère avoir moins dans une entreprise qui gagne que plus dans une entreprise qui perd de l’argent”.

Autant de têtes mais moins de tonnage
Concernant l’activité 2008, Agrial enregistre une stabilité des abattages en nombre de têtes mais une baisse en tonnage. Si le marché est resté bien orienté en JB (Jeune Bovin) sur le premier semestre, il a été nettement plus rude pour les vaches au cours du dernier trimestre. L’année a également été marquée par un recul du prix des animaux maigres pour cause de la FCO. Une opportunité qu’ont saisie l’Espagne et l’Italie pour fermer leur frontières.
Au chapitre des mieux, Pierre Hermenier a souligné également la prise de conscience des éleveurs concernant la finition des animaux. Des animaux rajeunis avec des poids qui correspondent aux besoins du marché. “Est-ce structurel ou conjoncturel ?”, s’est-il interrogé. Un peu des deux avec un coût des aliments qui a pesé mais à l’avenir le structurel doit l’emporter sur le conjoncturel. 
Autre chantier prioritaire pour la coopérative : réduire les coûts de transport en augmentant le nombre de gros bovins par enlèvement. Il est passé de 2,93 en 2005 à 3,20 en 2008. Peut encore faire mieux au bas de la copie. “Faudra-t-il mettre en place demain des forfaits arrêts ?” Une éventualité qui pose débat et qui nécessite de la communication.

Bovins de boucherie
Apports par région
Centre Manche : 5 583,
Bocage Ornais : 5 412,
Cotentin : 4 957,
Mayenne : 4 298
Mont-St-Michel : 3 498,
Orne Centre et Est : 3 155,
Ille-et-Vilaine : 3 135,
Pays d’Auge : 2 715,
Bessin Bocage : 1 810,
Plaine Caen Falaise : 753.

Apports par département
Manche : 36,7 %,
Orne : 24,9 %,
Calvados : 11,1 %,
Mayenne : 10,8 %,
Ille-et-Vilaine : 8,7 %,
Eure : 6,6 %,
Sarthe : 0,3 %,
Autres : 0,9 %.

Apports par catégories
Vaches : 69,8 %,
Bœufs : 16,8 %,
Génisses : 11,4 %,
Taureaux : 2 %,

Jeunes bovins
Apports par région
Bocage Ornais : 8 283,
Mayenne : 8 060
Orne Centre et Est : 5 456,
Centre Manche : 4 904,
Mont-St-Michel : 4 378,
Ille-et-Vilaine : 3 870,
Pays d’Auge : 3 044,
Cotentin : 3 011,
Bessin Bocage : 2 138,
Plaine Caen Falaise : 1 250.

Apports par département
Orne : 31,5 %,
Manche : 27,2 %,
Mayenne : 17,9 %,
Calvados : 11,4 %,
Ille-et-Vilaine : 9,2 %,
Eure : 2,1 %,
Sarthe : 0,5 %,
Autres : 0,2 %.

Bovins maigres
Apports par département
Calvados : 1 589,
Orne : 906,
Manche : 706,
Ille-et-Vilaine : 577,
Mayenne : 467,
Sarthe : 92,
Eure : 77.

Conséquences de la réforme   sur les exploitations viande bovine

1) Dans les zones de cultures à bon potentiel,
le risque est grand d’assister à l’arrêt des productions animales, avec reconversion vers les productions céréalières et/ou les productions légumières.
D’autres peuvent aussi choisir une orientation
vers des productions hors sol. Ainsi, si les éleveurs viande orientent leur production différemment, ils risquent
de désorganiser les autres productions, de se désengager du produit fini, et de délaisser la production
avec toutes les conséquences sur la filière en amont
et en aval. Pour subvenir à la consommation,
les importations se développeront sans apporter
la garantie sanitaire adaptée, la garantie de traçabilité,
la garantie qualitative. Et avec quelles conséquences
sur l’équilibre des territoires ?

2) Dans les zones herbagères du bocage
avec une population de récents investisseurs,
de naisseurs-engraisseurs, les éleveurs peuvent chercher
à produire plus que les actuelles références
afin de compenser les charges de structures élevées,
mais avec une forte influence de la diminution des aides (modulation) et sans possibilité, du fait du chargement,
et de l’intensification, de prétendre au second pilier
de la PAC. Ainsi, si la production viande bovine s’accroît, la régularisation se fera par les prix du marché,
sans intervention publique. Avec de graves conséquences sur le revenu des producteurs, le maintien et l’équilibre d’un territoire accueillant

3) En terme de revenu et selon les premières simulations de l’institut de l’élevage, l’application de la baisse des prix (- 20 % par rapport à 1999) et de la modulation des aides compensatrices (de 1% en 2006 à 12.5 % en 2012) engendrerait :
- 15 à - 20 % d’EBE pour les systèmes
naisseurs-engraisseurs de broutards.
-15 à - 25 % pour les naisseurs-engraisseurs de taurillons.
-15 à - 25 % pour les engraisseurs de broutards
avec cultures.
Source FDSEA 85

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