Aller au contenu principal

De conducteur d’engins à celui de tracteurs

Il ne suffit pas d’être enfant d’agriculteurs pour intégrer le monde agricole. Julien Couillard en est l’exemple. Originaire de la région parisienne, il a intégré la Cuma de la Station à Husson (sud Manche) pour conduire différents matériels, effectuer les travaux des différents adhérents. A aucun moment, il n’aurait envie de retrouver sa vie d’avant.

llll Julien Couillard n’a pas grandi au milieu des champs. Il est originaire de Maisons-Laffitte (Yvelines). Pour autant, son grand-père est manchois. Il a habité à Rancoudray, commune du sud-Manche, là où Julien a désormais posé ses valises. Mais son parcours a débuté par un diplôme de conducteur d’engins « par passion des engins », précise-t-il. Il en a fait son métier pendant sept ans. Il a rejoint par la suite le monde des chevaux, et plus particulièrement l’hippodrome de Maisons-Laffitte, ville de ses racines, et lieu où a travaillé son père. « Il m’a transmis sa passion », confie-t-il. Il effectuait des travaux manuels, entretenait les pistes d’entrainement…

Et puis, Julien Couillard a voulu quitter la région parisienne pour ouvrir un haras dans le Calvados. Le projet n’ayant pas pu se finaliser, il a rebondi sur les terres de son grand-père, dans le sud Manche. « La vie ici n’est pas la même. La qualité de vie est différente. Il n’y a pas de stress. Ce n’est pas métro, boulot, dodo », note-t-il. Mais une fois arrivé à Rancoudray, il fallait retrouver du travail. Alors, il a poussé des portes jusqu’à aller en usine. Mais le travail en extérieur lui manquait. Sa motivation lui sera bénéfique. De bouche à oreille, son envie de rejoindre le monde agricole sera entendu.

A la Cuma de la Station, une des Cuma au chiffre d’affaires conséquent (350 000 €), les demandes des adhérents sont de plus en plus importantes. « Nous avions de plus en plus d’adhérents qui voulaient une prestation complète. Cela pouvait se faire à condition d’embaucher une personne », confie Jean-François Dorenlor. Une manière de répondre aux attentes des adhérents et au souhaits de Julien Couillard. « Le salariat était la bonne solution », assure-t-il. Alors, la Cuma a embauché avant tout Julien Couillard « pour son attitude, son envie d’apprendre, sa motivation, et non sur ses diplômes », souligne-t-il.

Même si le jeune trentenaire a tout à apprendre, il écoute, il se forme auprès des agriculteurs de la Cuma. Ses missions « sont larges », reconnaît le salarié agricole. « Elles sont identiques à celle qu’un agriculteur fait sur son exploitation. Cela passe par la préparation du sol, le battage, l’ensilage… l’entretien également », explique-t-il. Son quotidien n’est pas de tout repos, comme celui des agriculteurs. « On travaille avec la météo. C’est elle qui nous guide beaucoup. Je savais qu’il fallait être ouvert pour intégrer le monde agricole. Et je ne regrette rien », confie-t-il. « Tout est différent ici. Les gens disent bonjour. La qualité de la vie est meilleure », reconnait le salarié agricole.

La seule crainte au départ était de pouvoir satisfaire la demande des adhérents. Mais sa capacité à écouter et à comprendre lui permettent aujourd’hui de dire que « tout se passe bien », avec l’ensemble des agriculteurs. « Je ne reviendrai jamais en arrière », sourit-il. Alors, aux jeunes qui hésitent à choisir une voie professionnelle, il leur conseille « d’aller découvrir ce milieu, échanger avec les agriculteurs. Les portes ne sont pas fermées. Il faut juste oser », conclut-il.
Julien Couillard est l’exemple d’un jeune intégré dans le milieu agricole sans en être directement issu. Il n’est pas le seul à être salarié ou à s’installer hors cadre familial. Les Jeunes agriculteurs veulent le faire savoir lors de leur Festival de la Terre et de la Ruralité.

Rendez-vous le 1er septembre à Saint-Clément-Rancoudray.

Julien Couillard, salarié agricole à la Cuma de la Station, depuis dix-huit mois, se dit satisfait de pouvoir évoluer dans ce milieu même s’il en n’est pas issu.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Fin septembre, une étape importante a été franchie : "Les deux conseils d'administration ont approuvé le projet de traité de fusion 
Fusion Agrial-Terrena : on entre dans la dernière ligne droite
Après un an de travail, le projet de traité de fusion d'Agrial et de Terrena a été validé par les deux conseils d'administration.
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
"Le seul dossier que je veux bien continuer de regarder, c'est la RN 12, car le sud de l'Eure et l'Orne ", dit Hervé Morin
"L'investissement sur les routes, c'est terminé"
La Région Normandie prépare son budget 2027. Les ressources diminuent et l'investissement plafonnera à 550 millions d'euros. Il y…
Les céréales à paille présentent une bonne flexibilité à la date de semis. Pour les orges d'hiver, retarder les implantations sur la deuxième quinzaine d'octobre est peu risqué tant que les conditions de sol s'y prêtent.
Semis de céréales : la pluie n'est pas le seul critère. 
Le moment du semis des céréales à paille approche. Faut-il le prévoir par rapport à la pluviométrie de la semaine, ou en date…
Publicité