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Oléoprotéagineux
De Creully (Calvados) à Daneytta (Egypte) via le port de Caen pour 4 300 t de féverole

Pour la première fois, un bateau de féverole à destination de l’alimentation humaine a été chargé en port de Caen. Direction l’Egypte pour 4 300 t provenant des silos de la coopérative de Creully.

Le silo portuaire de Caen est désormais propriété de la coopérative AGRIAL mais une convention de mise à disposition existe avec sa voisine, la coopérative de Creully. Pas étonnant donc de retrouver, la semaine dernière, François Blanchetière (AGRIAL) aux côtés d’Yves Julien (président de la coopérative de Creully). Mercredi et jeudi, on y a chargé un bateau de 4 300 t de féverole à destination des assiettes égyptiennes. 

Le savoir-faire de Creully
La culture de la féverole, c’est un peu le dada de la coopérative de Creully. En collaboration avec Arvalis et disposant en son équipe technique de spécialistes, elle a fait de ce dossier une priorité. D’ailleurs la féverole se plaît bien dans les limons profonds de la plaine nord de Caen. Preuve en 2009, la sole devrait encore augmenter de l’ordre de 30 % au détriment du pois, du colza mais aussi du lin. Encore faut-il faire preuve d’un suivi technique rigoureux pour dégager un niveau de revenu correct. “Les rendements peuvent varier de 30 à 70 q”, confirme Yves Julien. Il faut y ajouter le volet qualitatif. Un grain brûché ou strippé, une couleur hétérogène (...), il n’en faut pas plus pour qu’un lot soit déclassé. Adieu le marché de l’alimentation humaine. Bonjour celui de l’alimentation animale avec une valorisation bien moindre. Du côté de Creully, on se bat donc depuis plusieurs années sur ce dossier de la qualité. Tout d’abord via un réseau de surveillance et d’alerte par SMS. Puis, à la récolte, par un allotement sans concession qui demande pédagogie et parfois explications de texte vis-à-vis des adhérents. Pas toujours facile mais une stratégie gagnante concrétisée ce printemps par un premier bateau 100 % coopérative de Creully au départ de Caen. Après 12 jours de voyage, il devrait arriver dans le port de Daneytta en Egypte où sera présente une délégation de la coopérative. Objectif : “mieux appréhender les attentes du marché en matière de féverole à destination de l’alimentation humaine”, commente Yves Julien.

Du potentiel à revendre
Le silo portuaire de Caen, d’où s’exportent 300 000 à 350 000 t de céréales (toutes natures confondues), en a encore sous le pied. Son potentiel est estimé à au moins 500 000 t. Il constitue un outil de proximité pour la plaine bas-normande avec des frais d’approche moins élevés que ceux du grand port voisin. “Un bateau qui vient à Caen, c’est moins cher que de remonter la Seine et charger à Rouen, assure François Blanchetière. Le Havre/Rouen, c’est 8 heures de voyage”. Caen a aussi ses limites avec une restriction de largeur et un tirant d’eau limité. Les plus gros bateaux jaugent de 16 000 à 18 000 t. Autre handicap souligné avec une qualité qui n’est pas systématiquement au rendez-vous. Mais la fusion entre AGRIAL et Union Set pourrait ramener les quelques pour-cent de protéines faisant parfois défaut.

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