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Hubert et Chantal Châtelier, éleveurs dans l'Orne
De donner des repères

“Participer à un concours, c’est se donner des repères. Comprendre ce que l’on peut améliorer chez nous”. Michel et Chantal Châtelier sont éleveurs Charolais à St-Ouen-le-Brisoult (61). 

A l’Earl Châtelier, on affiche ses objectifs en terme de sélection : “de la taille et du développement. Après, on essaye de ramener de la viande tout en conservant des vaches qui produisent du lait”. 
A l’Earl Châtelier, on affiche ses objectifs en terme de sélection : “de la taille et du développement. Après, on essaye de ramener de la viande tout en conservant des vaches qui produisent du lait”. 
© TG

Hubert et Chantal Châtelier, 55 vaches allaitantes à St-Ouen-le-Brisoult (61), participent au concours Charolais depuis 1995. Histoire “de se faire un peu de pub et voir où on en est par rapport aux autres élevages. Participer à un concours, c’est se donner des repères. Comprendre ce que l’on peut améliorer chez nous”, justifient-ils. Besoin d’aller voir ailleurs d’autant plus que, dans ce coin de Bocage ornais, on est plutôt laitier. Notre couple d’éleveurs fera donc le déplacement à “Ferme en Fête” avec 5 animaux dont 3 jeunes.

Ceux qui sortent de l’ordinaire
Anaëlle, qui fini son “3P” et qui sera à leurs côtés officiellement à partir du 1er janvier prochain, sera également du voyage. Une façon de souligner que, concourir, c’est autant une affaire de famille qu’un travail d’équipe. Pour avoir l’honneur de fouler le tarmac du parc Elan d’Alençon, la première étape consiste à passer la sélection maison. “Des animaux qui se démarquent du lot dès le départ, explique Hubert. Il faut qu’ils sortent de l’ordinaire. On scrute la taille, les aplombs...” La top-liste établie, la préparation débute dès juillet avec une ration alimentaire plus en adéquation. Il s’agit de façonner un champion potentiel plutôt que de développer la carcasse d’un broutard qui sera vendu en maigre. 

Préparation aux petits oignons
Seconde étape : le dressage qui commence un mois avant la compétition. “On est en retard”, s’amusent Chantal et Anaëlle. L’apprentissage consiste tout d’abord à attacher les animaux tous les jours. Il faut ensuite les promener derrière le tracteur à raison d’1/2 h/j pendant au moins une semaine. Puis vient le licol et la promenade à pied. Touche ultime à J-7 avec la shampooinage, le peignage et la tonte. Gare aux coups de sabots. 
L’echec est possible. Pas question de faire concourir un animal indiscipliné car le dressage est pris en compte dans le jugement. Ce n’est certes pas l’élément déterminant mais quand deux animaux affichent des tailles, des aplombs et des qualités de race qui se tiennent dans un mouchoir, c’est un détail, telle l’allure, qui peut faire basculer la balance du bon côté. Et puis de toute façon, “si c’est pour être ridicule, ce n’est pas la peine d’y aller”, considère Hubert. 

Jusqu’au consommateur
Sur un pan de mur de l’Earl Châtelier, quelques 80 à 90 plaques. On arrive même plus à les compter. Elles attestent de la haute valeur génétique du troupeau. De quoi aussi mettre en confiance le consommateur. Hubert et Chantal pratiquent en effet la vente directe depuis 2002.  Une dizaine de génisses ou bœufs par an abattus chez TEBA (à Pré-en-Pail en Mayenne) mais découpés et conditionnés à St-Ouen-le-Brisoult. “La vente directe, c’était la seule façon de garder notre exploitation. Sans cela, on arrêtait tout”, précisent nos éleveurs. Depuis, le bouche à oreille à fonctionné et la clientèle est fidèle. “Ferme en Fête” sera peut-être aussi l’occasion d’en séduire de nouveaux.

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