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Agriculture biologique
De la passion à la raison

Au 1er avril, Eric Lengronne cessera de livrer en “bio” pour retourner en conventionnel, constitution d’un gaec oblige.

Eric Lengronne et son fils Arthur, “je n’exclu pas de retourner en “bio” d’ici quelques années”.
Eric Lengronne et son fils Arthur, “je n’exclu pas de retourner en “bio” d’ici quelques années”.
© EC
“Mise aux normes, installation d’un associé et pas de contrat écrit pour le lait, je repasse, pour une certaine période en “conventionnel”. Eric Lengronne, éleveur à Bréville sur Mer, non loin de Granville, a fait ses comptes. Installé en 1991 sans DJA, en individuel, il touche celle-ci en 1998 lorsqu’il passe en conversion “agriculture biologique”. Aujourd’hui, il doit, pour maintenir la viabilité économique de sa ferme, s’associer avec un jeune. “J’y crois toujours” L’aventure “biologique”, Eric Lengronne y croit toujours. “Je fais du lait, des veaux et de la viande “bio”, du moins jusqu’au 1er avril prochain. A cette date, le gaec sera opérationnel. “Lorsque j’ai commencé en bio, c’était suite à la crise de la vache folle, de plus ma laiterie cherchait des producteurs “bio”. Et d’ajouter, “d’ailleurs c’était dans ma philosophie, un engagement personnel...” Après sept années, Eric Lengronne a donc eu le courage de se remettre en cause. “Il me fallait un associé pour faire un gaec. J’ai trouvé un jeune pour faire, ensemble, du lait, des veaux au lait et des vaches allaitantes en race pure”. Mais pourquoi ne pas avoir continuer en bio ? “On a beaucoup réfléchi, on a mesuré le pour et le contre. Premier paramètre : l’exploitation reprise pour constituer le gaec n’est pas en “bio”. L’organisme certificateur demandait à ce que l’on parte (où reparte dans mon cas) pour deux ans de reconversion pour tout le troupeau”. Et Eric Lengronne d’ajouter, “il faut que l’on fasse une mise au normes, tout caler pour l’installation du jeune, mais les terres de l’exploitation reprise sont éloignées (5 kilomètres). Bref, cela faisait trop de choses en même temps. Enfin, la laiterie contactée pour prendre le lait “bio” refuse de s’engager au-delà de trois ans et encore, il s’agit d’un engagement verbal, sans aucun écrit”. Par passion Ses années d’agriculture biologique, Eric Lengronne ne les regrettent absolument pas. “J’ai été dans cette filière par passion et j’ai bénéficié de la plus-value pendant trois ans. C’est une certaine forme d’autonomie et une autre manière de voir les choses que je ne regrette absolument pas”. D’ailleurs, notre éleveur n’a pas dit son dernier mot. “Retourner en conventionnel pour bien démarrer le gaec, s’inscrire dans une bonne vitesse de croisière et, qui sait, d’ici quelques années, refaire une conversion en “bio” mais qui soit préparée doucement et sûrement mais pas précipitée”.
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