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Ration
De nouveaux repères pour situer votre coût alimentaire

Le coût alimentaire est l’un des critères essentiels de la conduite de l’atelier lait. Il représente les sommes engagées par l’alimentation du troupeau pour produire 1000 litres de lait. Avec la hausse des intrants, les Réseaux d’Elevage Lait de Normandie ont établi de nouveaux repères afin de positionner votre coût alimentaire.

Les marges de manœuvre sont conséquentes : gagner 10 ou 20 euros/1 000 litres, c’est 3 000 ou 6 000 euros pour un quota de 300 000 litres !

De quoi parle-t-on ?
Le coût alimentaire de l’atelier laitier se calcule en prenant en compte l’ensemble des surfaces fourragères, les concentrés, les achats de fourrages et co-produits consommés par les vaches et les génisses de renouvellement.
Les coûts sont rapportés au litrage de lait produit (lait laiterie, lait veaux et lait famille) sur la campagne.
Pour la composante coût des surfaces fourragères, il faut d’abord évaluer les hectares affectés à l’atelier lait et retenir les postes suivants : semences + engrais + traitements + travaux par tiers (semis et récoltes).
Pour la composante coût des concentrés consommés par l’atelier lait, c’est la somme des concentrés achetés et auto-consommés (y compris coproduits déshydratés), des céréales, des minéraux, de la poudre de lait (hors valeur du lait cédé aux veaux).
Enfin pour les achats de fourrages et coproduits humides pour l’atelier, nous retiendrons les pulpes de betteraves surpressées, les drèches humides, le foin, le maïs ensilage, les betteraves fourragères.
La pertinence du résultat dépend de l’estimation des surfaces et concentrés réellement consommés par l’atelier laitier, surtout lorsqu’il y a présence d’autres activités animales utilisant la surface fourragère (boeufs, vaches allaitantes, jeunes bovins, etc.).

De nouveaux repères pour vos clôtures printemps et été 2008
Avec l’augmentation des prix des concentrés et des engrais depuis fin 2007, les repères de coût alimentaires se devaient d’être actualisés. Après un premier objectif de 90 € pour les clôtures 2007, les réseaux d’élevage laitier de Normandie vous proposent un objectif  à moins de 115 euros par 1000 l de lait produits, soit une augmentation de 25 €/ 1000 l.
Nous vous proposons des objectifs différenciés selon votre système fourrager consacré à l’atelier lait, qui figurent dans le graphe « Coût alimentaire à ne pas dépasser ».


Maximisez l’ingestion en fourrages des animaux
Pour que les fourrages soient offerts à volonté : il doit rester 3 kg bruts/VL de surplus consommables ! Il faut s’inquiéter si l’auge est bien « léchée » !

Comblez obligatoirement le déficit en azote du maïs avec un correcteur azoté
Dans une stratégie de non expression du potentiel, respecter l’équilibre énergie –azote autour de 95 PDI / UFL sur l’ensemble de la ration. Cette maîtrise de l’azote (PDI/UFL) règle en particulier en début de lactation la quantité de lait produite. Les « 95 PDI/UFL » permettent de limiter l’emploi de concentré de production, de fournir par l’alimentation l’énergie nécessaire à la production laitière en limitant l’amaigrissement, et de maintenir le TP.

Pour une ration avec 15 kg maïs + 1 kg de foin, il faut apporter 2,9 kg de correcteur type soja pour respecter 95 PDI/UFL
La richesse naturelle du maïs en énergie, et sa carence en azote simplement corrigée permettent une bonne production laitière autour de 25 kg de lait, quand le potentiel génétique autorise l’ingestion de 16 kg de fourrages.

Limitez les apports de concentré de production dont l’efficacité reste modeste en production laitière
Plusieurs essais ont situé son efficacité à 1 kg de lait pour 1 kg de concentré de production distribué au-delà du lait permis par les fourrages équilibrés en azote. Cibler son emploi pour sécuriser la réussite de la reproduction (période de déficit énergétique) avec 2 kg/j  du vêlage à la fécondation, en utilisant un concentré pas trop riche en azote pour ne pas relancer la production laitière.

Introduisez une part d’ensilage d’herbe dans la ration hivernale
Jusqu’à 1/3 de substitution de l’ensilage maïs par de l’ensilage d’herbe, les performances animales ne sont pas modifiées (lait/VL, taux). Par contre, l’impact sur le coût alimentaire est notable, car cette substitution d’un fourrage pauvre en azote par un autre plus riche permet de diminuer la quantité de correcteur azoté. En l’occurrence, 5 kg MS d’ensilage d’herbe permettent de réduire d’1kg par vache et par jour le correcteur azoté.
Du tourteau de colza à la place du tourteau de soja
Il est économiquement intéressant dès que son prix est inférieur à 92% du prix du soja, ce qui est le plus souvent le cas. Début janvier 2009, on se le procurait à environ 200 €/t contre 320 pour le soja (62% du prix du soja).
1,5 kg de colza remplace 1 kg de soja. Pour équilibrer la ration maïs à 95 PDI/UFL, il faut alors 4,3 kg de tourteau de colza. Il permet en plus une amélioration du TP (+ 0,3 point) grâce à l’apport énergétique supérieur, une baisse du TB (-1,2 point), améliore l’ingestion et la production laitière (+ 1 kg de MS et + 0,6 kg de lait), et supprime la complémentation minérale en phosphore par rapport à une ration équilibrée avec du tourteau de soja.
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Maîtrisez le coût de la tonne de maïs
Ce ne sont pas les maïs avec les coûts de culture les plus élevés qui présentent les meilleurs rendements ! L’une des principales voies d’action réside dans le raisonnement de la fertilisation minérale en présence d’épandages réguliers d’effluents d’élevage sur la parcelle.
L’apport de fumier couvre généralement les besoins de l’année en P et K. Et quant à l’azote, le cumul de la minéralisation de l’apport de l’année et des années précédentes conduit à des doses préconisées d’azote minéral très faibles voire nulles, sans effet sur le rendement.

L’amélioration de ce point se traduira sur le coût du maïs à utiliser l’hiver suivant mais c’est bien ce printemps qu’il faudra prendre la bonne décision ! Et maintenant, à vos balances et calculettes pour faire les comptes !
Thierry Métivier
Chambre d’Agriculture du Calvados
Pour l’équipe des Réseaux d’Elevage Lait de Normandie

Les adresses web des sites des Chambres d’Agriculture
Calvados
www.calvados.chambagri.fr
Manche
www.manche.chambagri.fr
Orne
www.orne.chambagri.fr
Eure
www.eure.chambagri.fr
Seine-Maritime
www.seine-maritime.
chambagri.fr

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