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AFDI Basse-Normandie
De paysan à paysan : un langage universel

L’engagement de Christine Dumont, responsable de la commission “Agir ici” au sein d’AFDI remonte au début des années 80. Après ses deux missions au Mali, elle relativise son quotidien. “Même si on n’est pas prêt à tout changer”, reconnaît-elle.

Christine Dumont
Christine Dumont
© TG

Quel est le sens de votre engagement au sein d’AFDI ?
Une de mes motivations, c’est le partage. Le partage de valeurs communes avec des paysans d’une autre région du monde. On se parle de paysans à paysans, c’est un langage universel. Nous sommes sur la même longueur d’ondes.

Vous vous êtes rendue deux fois au Mali. Qu’avez-vous retenu d’une telle expérience ?
Au départ, il s’agit d’une découverte. Nous sommes reçus comme des amis. Ils projettent une joie de vivre, une simplicité dans les rapports humains, une notion que nous avons perdue. Puis vient le temps de la prise de conscience. On ne voit pas les plus malheureux mais on mesure très vite l’ampleur des problèmes qu’ils ont à résoudre comme la faim. Cela remet en cause notre façon de vivre même si on n’est pas prêt à tout changer.

Qu’est-ce qui caractérise AFDI dans son approche ?
Notre mission, c’est un rôle d’accompagnement. Nous n’arrivons pas dans un pays avec des recettes toutes faites. C’est à travers la réflexion commune, la formation et l’échange Nord/Sud que nous avançons. Mais les solutions, ce sont eux qui les élaborent et les mettent en place.

Cela, c’est pour les principes mais concrètement, quelles avancées ?
Les agriculteurs maliens savent désormais que, pour produire du lait, il faut nourrir les vaches et donc constituer des stocks fourragers. C’est un travail qu’AFDI a mené en partenariat avec l’UPL (Union des Producteurs de Lait) sur plusieurs années. Aujourd’hui le résultat est là. Ils produisent du lait et doivent encore se structurer pour le commercialiser. Les enjeux sont de taille. Un litre de lait vendu permet de financer la scolarité d’un enfant.

Ces missions Nord/Sud existent aussi dans l’autre sens. Pourquoi ?
Il s’agit de leur montrer notre propre système de fonctionnement même s’il n’est pas parfait. Comment fonctionne une CUMA, une coopérative ? Quelle est l’organisation de notre système bancaire ou mutualiste ? Voilà ce qu’ils découvrent. Parallèlement, ils s’aperçoivent que nous sommes de vrais paysans et que tout n’est pas aussi rose chez nous. Leur idéal français peut en prendre un coup. 

De quels moyens disposez-vous pour mener à bien votre mission ?
Nous sommes reconnus par les OPA (Organisation Professionnelle Agricole) bas-normandes. Nous bénéficions de leur soutien technique et financier pour nos missions programme. Ce qui nous fait défaut, ce sont les cotisations individuelles. Nous en avons besoin pour asseoir un peu plus notre crédibilité auprès des pouvoirs publics et politiques. Il ne s’agit pas de lever des fonds pour financer des programmes de développement, nous ne sommes pas des financeurs. Il s’agit simplement d’impliquer le plus grand nombre d’acteurs dans les échanges Nord/Sud.

Les principaux financeurs d’AFDI Basse-Normandie
Ils participent aux projets d’Afdi : Agrial, Coopérative Elle et Vire, Amélis, Chambre d’Agriculture du Calvados,
de la Manche et de l’Orne, Crédit Agricole Normandie,  GVA des Pieux, l’Union
des Organisations Professionnelles Agricoles de l’Orne (UOAO), la SAFER,
le Conseil régional de Basse-Normandie, les Conseils Généraux de la Manche de l’Orne, l’Association “St Fraimbault-Cuté”.
Ils adhérent à l’Afdi : Adasea 14, Adasea 50, Chambre Régionale d’Agriculture, Cirlait, CER 14, CER 61, Coopérative Isigny Ste Mère, Crédit Mutuel
de Normandie, FDSEA 14, FDSEA 50, FRSEA Basse-Normandie, Groupama 14, Groupama 50, Groupama 61, IREO
Condé sur Vire, JA 14, JA 50, JA 61,
JA Normandie, SILEBAN.
Partenariats international et national : Union Européenne, Ministère des Affaires Etrangères (MAE), Comité Français
de Solidarité Internationale (CFSI), Afdi nationale.

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