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L'aliment plombe les coûts de production
De quoi piquer une crise...

Les deux associés du gaec de Mizouard, dans le sud-Manche, ont de quoi s’inquiéter : l’aliment monte sans arrêt. Heureusement, l’atelier lait arrive à compenser les pertes.

Nicolas Vautier et Loïc Lambert, "de quoi demain sera t-il fait ?"
Nicolas Vautier et Loïc Lambert, "de quoi demain sera t-il fait ?"
© E.C.
Le porc ? Loïc Lambert, l’un des deux associés du gaec, n’y renoncerait pour rien au monde. « Un travail, oui ! Mais aussi une passion. Il faut bien ça pour surmonter quatre crises depuis 1992 ». Au gaec de Mizouard, situé à Montviron, à quelques encablures d’Avranches, on bosse sur le « naisseur » à fond. « Nous travaillons, avec Nicolas Vautier, mon nouvel associé depuis trois mois, avec des contrats ». Explications : Toutes les trois semaines, 100 porcelets partent dans la région de Saint-Hilaire du Harcouët, en post sevrage-engraissement . « La crise actuelle, il est vrai, nous touche moins, grâce justement à ce système de contrat, redéfini tous les trois ans. Nous vendons nos porcelets à un prix fixé à l’avance, avec une péréquation si les prix montent ». Producteur jusque dans le moindre détail, Loïc analyse les problèmes subis par la production. « Le coût de l’aliment a pris au minimum 15% depuis le début de l’année. De quoi se poser des question sur la mise en cultures céréalières d’une plus grande surface ». Limiter la casse Justement, les céréales, c’est là-dessus que le gaec comptent pour limiter la casse. « C’est clair, nous n’en avons pas assez pour tourner toute l’année. Donc, lorsque les cours baissent, nous en achetons, lorsque qu’ils sont à la hausse, nous tapons dans la réserve de l’exploitation ». Problème, les céréales, et notamment le blé, ce n’est pas la panacée cette année. Avec 55 quintaux/ha, le gaec sauve les meubles, « les années précédentes, nous faisions en moyenne 85 qtx ». Principal objectif pour Loïc et Nicolas, afin de réduire l’augmentation des coûts dus au blé, « avoir une auto-suffisance en céréales ». Loïc Lambert reste tout de même interrogatif face à la crise qui secoue l’ensemble des producteurs. « Auparavant, les prix chutaient. Aujourd’hui, ils restent relativement stables, ce qui pénalise, une fois de plus, les producteurs, c’est le coût de l’aliment ». Avec 110 truies et 2500 porcelets par an, ce sacré aliment abaisse l’EBE. Mais, le gaec a une autre cartouche, l’atelier laitier et ses 70 vaches. « Nous avons la chance d’avoir des rendements en maïs à peu près correct. Donc pour les laitières, nous n’allons pas acheter d’aliment, important lorsque l’on a une ration basée, en hiver, sur 70% de A une échelle plus importante, Loïc Lambert, « l’ancien » du gaec estime qu’il faut rebattre les cartes au niveau de la production porcine européenne. « En France, nous avons une traçabilité sans faille. Est-ce la même chose dans d’autres pays ? » . En attendant un répit dans la crise, Loïc et Nicolas épluchent les chiffres de l’exploitation : A l’horizon 2013, l’atelier « truies gestantes » devrait subir de grosses modifications, « il faudra investir, mais nous ne le ferons pas sans un prix du porc qui soit correct ».
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