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Déchaumage : une technique simplifiée qui demande réflexion

Installé depuis 1973, Bruno Soenen s’est finalement lancé dans les techniques culturales simplifiées en 1992. L’agriculteur a affiné ses méthodes au fil des ans, notamment le déchaumage. Il a d’ailleurs trouvé l’outil qui lui convenait lors de l’édition 2010 de Mecasol à Epaney.

L’indice de fréquence de traitements (IFT) de Bruno Soenen est passé de 5,4 à 2,6 en 5 ans. Sa consommation de carburant est également en baisse. L’agriculteur l’estime à 20 litres par hectare.  (DR)
L’indice de fréquence de traitements (IFT) de Bruno Soenen est passé de 5,4 à 2,6 en 5 ans. Sa consommation de carburant est également en baisse. L’agriculteur l’estime à 20 litres par hectare. (DR)
© VM

“Je me suis lancé dans le travail simplifié un peu par hasard. En 1992, le temps était très sec. Les pointes de ma charrue étaient mortes au bout de 40 hectares. J’ai rencontré un représentant de la société Amazone”, raconte Bruno Soenen, installé à Ouilly-le-Tesson. Il découvre alors le « Cultichaum ». “L’outil était équipé avec des sortes de bêches à l’avant. J’ai proposé un test au vendeur. J’ai séparé ma parcelle en deux. J’ai dit que si les rendements s’avéraient identiques, j’achetais”. Bruno Soenen a donc acquis cette machine… L’agriculteur a constaté un résultat positif avec un point de poids spécifique supplémentaire. Il a ensuite implanté l’ensemble des céréales de son exploitation avec cette technique. Avec cette dernière, le travail du sol se limite aux 15 premiers centimètres.

Trois déchaumages
Avec l’expérience, Bruno Soenen dégage cependant plusieurs problématiques. Il constate le salissement de ses parcelles et le développement des limaces. L’agriculteur insiste donc sur l’importance du déchaumage. Il en réalise trois au total. Le premier déchaumage est exécuté au 15 août après la moisson. Le second intervient début septembre et le troisième au début du mois d’octobre. “Mon objectif est d’avoir 15 jours entre le dernier déchaumage et le semis. Car les mauvaises herbes qui ont repoussé sont détruites avec la herse”, précise-t-il.
Côté matériel, Bruno Soenen a un peu « tâtonné ». L’agriculteur a d’abord déchaumé avec un Covercrop. “Dans le limon, ça passait bien. Mais dans les terres superficielles, je remontais les cailloux en surface. Je créais un lit de limaces”. Puis l’utilisation du chisel ne se révèle pas plus concluante. “J’ai noté un meilleur mélange des céréales. Néanmoins, les pierres sont encore remontées en surface”. Autre tentative : cette fois-ci, l’agriculteur investit dans un outil Lemken « à dents rigides et munies d’ailette ». Le mélange et le brassage du sol sont bons. Seul souci : l’absence de fissuration du sol.

Le bon matériel trouvé au Mecasol d’Epaney
Bruno Soenen a finalement patienté jusqu’au Mecasol d’Epaney en 2010. Il y a trouvé l’outil qui lui convient. L’agriculteur a profité des démonstrations. “J’ai d’abord observé le sol. J’ai ensuite regardé l’outil qui a permis ce résultat”. Ses yeux se sont ainsi tournés vers le fissurateur d’Actisol. L’outil et ses dents rigides permettent de travailler en surface  et aussi à 40 centimètres de profondeur. “C’est un choix qui n’est pas forcément le meilleur, mais qui me convient. J’apprécie la polyvalence de l’outil”, résume Bruno Soenen.
La démarche de l’agriculteur s’inscrit dans le cadre d’un groupe Ecophyto 2018. Avec Agrial, il observe la biodiversité, grâce à trois piégeages. Des bandes mellifères sont désormais implantées dans ses parcelles. Elles abritent notamment les prédateurs des limaces. L’absence de charrue contribue également au développement de la faune. “Si je laboure un hectare, je détruis 50 % de la biodiversité. Pour travailler le sol, je le soulève sans le retourner. Et mes couverts ont remplacé ma charrue. Ils fissurent ma terre. Aujourd’hui, je ne dis pas que mes méthodes sont les meilleures. Cependant, elles conviennent à mes sols”.

V. Motin

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