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Découvrir des techniques d’élevage innovantes

Dans le cadre des programmes de formation des Chambres d’agriculture de Normandie, près de 60 agriculteurs normands sont allés découvrir des techniques d’élevage innovantes, en Angleterre ou dans le Finistère, lors des quatre dernières années.

Ils ont rencontré des éleveurs aux techniques particulières : nouvelles espèces fourragères, croisement de races, veaux à l’herbe dès 3 semaines et vaches nourrices, monotraite, fermeture de la salle de traite avec vêlages groupés… qui cherchent à valoriser l’herbe et le pâturage au maximum.
Ces pratiques innovantes sont toutes au service de la simplification du travail et de l’amélioration du revenu.

Des vêlages groupés pour rationnaliser le travail
Les vêlages ont lieu en même temps, la période de reproduction est concentrée sur une courte période, les veaux sont tous élevés en même temps, les vaches sont taries au même moment.
Quand cette organisation veut aussi s’allier à des coûts de production réduits, les vêlages ont lieu au printemps pour valoriser l’herbe pâturée abondante et peu chère, et le tarissement en hiver quand l’herbe conservée est moins lactogène et plus onéreuse que le pâturage.
Certaines fermes mettent au repos le trayeur et la salle de traite en hiver, en accord avec la laiterie.
Cette façon de travailler permet de se dégager de l’astreinte de la traite pendant quelques semaines, occasions rares en élevage laitier ! Elle permet aussi de saisonnaliser le travail des éleveurs et surtout de produire avec peu de charges, ce qui en fait des élevages très compétitifs économiquement.

Dehors les veaux !
Dans ces élevages « voisins », même les jeunes veaux sont à l’herbe. Dès 3 semaines, ils sont placés dans une prairie dédiée avec un abri et du lait qui leur est apporté dans des bacs à tétines ou en milk-bar. Les avantages de cette pratique paraissent nom-breux : meilleure santé des veaux, peu d’entretien de la nurserie, bonne croissance, mode d’élevage économe. Une autre technique se développe aussi : les vaches nourrices, c'est-à-dire des vaches écartées du tank le temps d’une lactation pour nourrir 3 veaux chacune. Si l’adoption ne semble pas être si facile à mettre en œuvre, la croissance et l’immunité des veaux sont indéniablement améliorées.

Des chemins pour pâturer très longtemps !
C’est l’outil qui permet de faire pâturer même des très grands troupeaux de 500 vaches !
Puisque l’herbe pâturée est la ressource fourragère la plus économe, y accéder même en période de portance difficile devient important. Surtout en février-mars et en octobre-novembre, ou lors de périodes très pluvieuses. Pour cela des chemins solides et non blessants constituent un outil indispensable. Il faut en priorité s’occuper des chemins les plus empruntés. Les points communs tiennent dans l’encaissement, dans la forme qui permet l’écoulement des eaux, l’affectation au passage des animaux et non des engins. Quant aux matériaux, tout est possible à condition qu’ils soient non blessants pour les pattes.

De nouvelles espèces dans les prairies
Quand on n’a que de l’herbe (ou presque) pour nourrir ces animaux, on ne badine pas avec la qualité des prairies. Les (grands) bretons misent sur les prairies multi-espèces, qui s’adaptent selon le type de sol et la gestion qui en est faite. On notera l’introduction de chicorée ou de plantain, deux plantes appétentes aux propriétés supposées vermifuges qui produisent même en situation séchante. Le trèfle hybride est quant à lui utilisé pour booster la part des légumineuses dans les premières années d’implantation d’une nouvelle prairie temporaire, en attendant l’installation plus lente du trèfle blanc. D’autres espèces surprenantes sont introduites à petite doses et endossent le statut de plantes apéritives : achillée millefeuille, persil, sanguisorbe,…

Des vaches de toutes les couleurs
Rusticité, solidité des aplombs, aptitude à la marche, fertilité : ce sont les critères que ces éleveurs recherchent pour leurs animaux. Or, la sélection de certaines races pures trouve ici ces limites. C’est pourquoi, ils font appel au croisement de races pour combiner le meilleur des races pures et bénéficier de l’effet d’hétérosis ! Frisonne x Jersiais Néo-Zélandais x Rouge Scandinave, c’est une combinaison parmi d’autres. Elle donne de petits animaux, solides, fertiles, productifs (en lait et en taux) qui valorisent très bien l’herbe pâturée. Dans le cas des fermes avec peu des surfaces accessibles au pâturage, les vaches consomment des fourrages conservés (de l’herbe en priorité) et l’on recherche alors des gabarits d’animaux plus grands, en misant sur des croisements Holstein x Jersais Danois par exemple.

Une seule traite par jour pour 70 % de la production laitière
La monotraite peut répondre à plusieurs objectifs. Certains éleveurs la conçoivent comme une organisation du travail à l’année leur permettant de se dégager du temps tout en conservant 70 % de la production laitière. D’autres pratiquent la monotraite durant les périodes de mises en reproduction de vaches laitières, surtout quand ils recherchent des vêlages très groupés. Moins sollicitées par la production de lait, les vaches montrent une meilleure fécondité. Enfin, la monotraite est un moyen de diminuer la charge de travail quand il y a peu de lait à traire, par exemple dans un troupeau aux vêlages groupés en fin de lactation.

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