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Les agriculteurs luttent contre l'étourneau
Dégâts et des maux

Le Ministère de l’Environnement en enlevant l’étourneau du tableau des nuisibles a joué un mauvais tour aux agriculteurs de la Manche. Dégâts importants sur les silos de de maïs et colère des agriculteurs. Impossible désormais de neutraliser une population estimée à 600 000 volatiles, concentrés surtout dans le centre et le nord du département. Le long travail engagé avec la FDGDON depuis deux ans va t-il partir aux oubliettes ? Et bien non ! La FDSEA, sous la houlette de Jean-Michel Hamel, en charge du dossier à la FDSEA, et la Fédération Des Chasseurs (FDC), par le biais de sa directrice, Myriam Besson, sont montés au créneau, en l’occurrence la Préfecture, pour convaincre l’administration de donner le feu vert à une opération de prélèvement. Jeudi dernier, à Gorges, commune des marais particulièrement concernée par les dégâts dans les ensilages de maïs ou sur les blés d’hiver, ils ont dressé un bilan satisfaisant : Sur 3 jours, 21 chasseurs ont éliminés 500 étourneaux sur 13 exploitations, le tout pour 1000 cartouches tirées.

Myriam Besson (directrice de la FDC), Jean-Michel Hamel (FDSEA) et David Guérin (technicien FDC) indiquent, « les étourneaux pénalisent les résultats économiques des exploitations laitières. L’opération réalisée en concertation avec les chasseurs sera renouvelée prochainement ».
Myriam Besson (directrice de la FDC), Jean-Michel Hamel (FDSEA) et David Guérin (technicien FDC) indiquent, « les étourneaux pénalisent les résultats économiques des exploitations laitières. L’opération réalisée en concertation avec les chasseurs sera renouvelée prochainement ».
© ec

Parler de Gorges, c’est avant tout parler de la fameuse tourbière de Baupte, refuge idéal pour les colonies d’étourneaux après leur passage désastreux, en termes financier et sanitaire, sur les exploitations laitières. « On peut largement chiffrer à 4 litres de lait par vache et par jour une invasion d’étourneaux sur une ferme » souligne Jean-Michel Hamel. Propos appuyé par deux agriculteurs ayant participé au prélèvement autorisé par la Préfecture, Rémi Bezard et Denis Lecocq, et avec l’appui du conseil municipal.

« A la Fédération des Chasseurs, David Guérin (technicien) a pris les choses en mains sur le terrain. Nous avons contacté les chasseurs et fourni les cartouches gratuitement » explique Myriam Besson.  Pourquoi cibler Gorges et ses environs ? « C’est le premier dortoir (en nombre) du département, suivi de près par d’autres situés dans le Nord-Cotentin ».

La coordination « chasseurs, agriculteurs » s’est parfaitement effectuée. Les difficultés ont plutôt été du côté des horaires de chasse. « Auparavant, nous avions un arrêté préfectoral de trois ans pour réguler les étourneaux. Passant au stade de gibier, même dans le cadre d’une telle opération, il a fallu respecter les heures de tirs : De 9 à 11 h et de 16 à 17 h ». L’occasion de mettre au point deux techniques différentes avec des tirs sur les exploitations et à proximité des dortoirs ». La Société de Chasse locale et l’Association des Chasseurs de Gibiers d’Eau ont, elles aussi, été mises à contribution. La FDGDON se chargeant en final du baguage des volatiles tués et de la mise à l’équarrissage. « Notre but n’était pas de descendre de l’étourneau à tous crins mais surtout d’effaroucher. Nous avons commencé le 19 novembre ; le 20 les oiseaux concernés étaient beaucoup moins nombreux ».

L’opération de prélèvement se révélant un succès, elle devrait être reconduite prochainement dans le Nord-Cotentin. Mais la FDSEA continue à se battre, avec l’ensemble de ses partenaires, pour faire réintégrer l’étourneau comme « nuisible » dans la Manche. « Plusieurs démarches sont en cours auprès du Ministère de l’Environnement et de la DDTM. Stéphane Travert, député de l’arrondissement, a envoyé un courrier d’appui à la Ministre Delphine Batho. Pour les agriculteurs, il y a urgence notamment pour les producteurs en zone AOC qui sont soumis à une législation stricte en matière sanitaire. Un étourneau, ne l’oublions pas, c’est 800 kilos de fiente par saison sur une exploitation et son dortoir ». Un dernier chiffre, « les pertes agricoles, toutes confondues, dues aux étourneaux, se montent à près de 5 millions d’euro ».

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