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Demain, des petits méthaniseurs dans les fermes normandes ?

Près d’une trentaine de méthaniseurs sont en fonctionnement en Normandie. Jusqu’ici anecdotique, la petite méthanisation se fait une place !

SCA Forzy à Gamaches-en-Vexin (27)
SCA Forzy à Gamaches-en-Vexin (27)
© CA 27

Objectif : méthaniser à petite échelle pour maîtriser l’investissement initial, gagner en autonomie et en performance énergétique avec une production d’énergie cohérente avec les besoins locaux.

La petite méthanisation en développement
Sur les 250 unités de méthanisation à la ferme en fonctionnement en France (autant sont en développement), la Normandie en compte 29 à l'été 2016. La très grande majorité concerne des installations de 150 à 250 kWélec, deux installations dépassant même 600 kW de puissance électrique. Ceci rend ces installations très dépendantes des matières à haut pouvoir méthanogènes (sous-produits industriels et agricoles, boues ou cultures dédiées), et engendre des coûts de collecte élevés et des risques économiques forts en cas de rupture d'approvisionnement.
A contrario, un modèle de petite méthanisation émerge en France et sur le territoire Normand pour pallier à ces problèmes d'autonomie en gisement, mais également de débouchés énergétiques. Rappelons que la cogénération du biogaz produit sensiblement autant d'électricité que de chaleur renouvelable disponible, la bonne valorisation de cette dernière étant essentielle pour la rentabilité de l'installation. Ainsi, 5 unités de petite taille (moins de 80 kWélec), ont vu le jour en Normandie ces derniers mois, dont 3 en 2016 sur une base quasi-exclusive d'effluents d'élevage. Le but recherché par ces agriculteurs étaient de rester autonomes, sans dépendre de l'extérieur, ni pour les matières, ni pour la chaleur.

Un exemple normand
Un premier exemple est l'unité 75 kW de la SCA Forzy à Gamaches-en-Vexin (27). Construite en 2013 à l'occasion de l'appel à projets petite méthanisation de l'ADEME, elle a pour but de valoriser les fumiers de l'élevage viande et les menues-pailles de céréales de l'exploitation, à partir de matériels usuels dérivés du marché du matériel agricole (silos, pompes, poches souples). Sa force consiste ainsi à comprimer les coûts d'investissement.
Récemment, d'autres solutions en 100 % lisier sont apparues, concrétisées par 3 premières installations dans le Bocage Normand et le Cotentin. Leur intérêt consiste à fonctionner en complète autonomie à partir des effluents produits par l'élevage. Si la puissance atteinte reste faible (moins de 50 kWélec), les coûts d'investissement et de raccordement le sont aussi, et la chaleur disponible n'est pas disproportionnée par rapport aux besoins locaux.
D'autres unités sont en construction ou en commande, attendant notamment la revalorisation annoncée depuis l'été 2015 du tarif de rachat de l'électricité.

Un contexte bientôt plus favorable ?
De même que l'avenant pour les unités en service paru en novembre dernier, un arrêté devant paraître d’ici la fin de l’année, prévoit en effet une revalorisation des tarifs pour les installations produisant de l'électricité à partir de biogaz d’une taille inférieure à 500 kWe. Il majorerait le tarif de base lié à la puissance des petites unités et remplacerait la prime de valorisation de la chaleur par un doublement de la prime liée à la part d'effluents. Sa publication, très attendue par la filière, pourrait susciter un nouveau regain d’intérêt pour des projets de petite taille, inférieurs à 200 kWélec, voire 80. En effet, le tarif maximum serait proposé pour cette puissance (contre 150 actuellement), pouvant atteindre 22,5 c€/kWh électrique produit ! Et ce, sans compter la valorisation de la chaleur, qui resterait toujours possible pour augmenter la rentabilité et l'efficacité énergétique du méthaniseur, mais dont le coût et la complexité était souvent dissuasifs.

Se former pour faire les bons choix
En connaissance des technologies disponibles, les Chambres d’agriculture proposent comme chaque année depuis 2010, une formation pour étudier la faisabilité technique et l’intérêt économique d’un projet de méthanisation sur l’exploitation agricole. Ces formations auront lieu sur différents sites en Normandie, les 2, 7, 8 et 9 février 2017 (plus d’infos sur le site internet de votre Chambre d’agriculture).

5 octobre 2016 : marathon de la méthanisation
Pour anticiper et ajuster au mieux les projets au besoin de l’exploitation, Nov&atech propose de présenter, en une matinée et de manière la plus exhaustive possible, un panel de technologies de 10 à 200 kWélec pouvant intéresser les porteurs de projets, qu'ils soient agricoles ou industriels. Plus de 10 technologies en voies liquide ou sèche, continue ou discontinue, seront ainsi passées en revue. L’après-midi, un espace dédié permettra des rencontres entre fournisseurs et porteurs de projets.
Lieu de l'évènement : Nov&atech - 50, rue Ettore Bugatti, Le Madrillet, 76800 St-Etienne du Rouvray
Inscription obligatoire sur www.noveatech.fr
Plus de renseignements : francois-xavier.dumur@noveatech.fr                                     02.35.65.78.74 / 06.46.18.68.71

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