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Trop de pluie en Normandie
”Demande beau temps désespéremment”

A La Lande d’Airou, comme dans tout le département, la priorité du monde agricole, c’est la météo qui pénalise les rendements.

Ludovic Blin, pdt des JA de la Manche, “l’hiver sera dur à passer...”
Ludovic Blin, pdt des JA de la Manche, “l’hiver sera dur à passer...”
© E.C.
Le regard désabusé, Ludovic Blin, producteur laitier à La Lande d’Airou contemple ses prairies. “Il y a vraiment trop d’eau d’où un surpâturage par les animaux sur les parcelles qui ne sont pas encore trop détrempées”. Ici, à quelques kilomètres de Villedieu les Poêles, le vert est la couleur dominante. “On n’a jamais vu trois mois (mai, juin, juillet)comme ça. On est obligé de recourir à l’ensilage mais les stocks diminuent”. Mauvaise qualité Autre difficulté due à la pluviomètrie, les surfaces en herbe ne peuvent être fauchées; celles qui l’ont été, à la faveur de quelques éclaircies, donneront du foin de mauvaise qualité. A la clé, c’est toute la gestion de l’alimentation des laitières qui se trouvent perturbée. “Je suis obligé de leur donner plus de maïs”, souligne Ludovic Blin, par ailleurs président des Jeunes Agriculteurs manchois. “Problème, les maïs sur pieds fleurissent trop vite, c’est sûr le rendement sera largement inférieur à celui des autres années”. Idem pour le fourrage, “beaucoup vont être obligé d’acheter de la paille. Là aussi, une difficulté, on a du mal à en trouver; quant aux prix ils oscillent entre 60 et 90 euros/tonne lorsqu’ils y en a de disponibles...” Le blé germe Le blé, une céréale qui sert quasiment dans toutes les fermes à l’alimentation du troupeau, n’est pas épargné par le mauvais temps. “certaines parcelles commencent à germer, en qualité ils seront moins bons”. Revenant sur le problème de la paille, Ludovic Blin souhaiterait que les céréaliers ne la broient pas pour une simple et bonne raison, “on va être obligé de nourrir les vaches avec de la paille et du concentré”. Pour l’instant, comme de nombreux producteurs manchois, notre homme fait ses comptes. “Financièrement, l’hiver sera difficile à passer avec les surcoûts que va entraîner la pluie”. Mutation du climat ? Reste que ce mauvais temps, inhabituel en cette saison, surprende toute le monde et à fortiori les agriculteurs. “J’estime qu’il y a une indéniable mutation du climat. Il va falloir penser à adopter d’autres habitudes culturales et surtout prévoir des stocks pour les années noires”. Enfin, Ludovic Blin évoque la nécessaire solidarité entre producteurs des différents bassins. “Il faudrait un arrêté ministériel pour arrêter le broyage de la paille qui nous serait bien utile”. En attendant une éventuelle amélioration du temps, les agriculteurs regardent attentivement les prévisions météorologiques. La première semaine d’août ne devrait pas être mal. Quant à la suite, personne ne veut se hasarder à faire des pronostics.
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