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Déménagement de la coop linière de Cagny (14) : « la Jalousie a notre préférence »

Les adhérents de la coopérative linière de Cagny étaient réunis en assemblée générale, jeudi 30 janvier. La structure, par la voix du tandem directeur président, confirme les bons résultats de la récolte 2018. Elle annonce aussi avoir amorcé recherches et démarches pour déménager le site de teillage.

© JP

« Soit vous prenez le train en marche, soit il part sans vous. Les autres départements ne se posent pas autant de questions que nous. » Jeudi 30 janvier, lors de l’assemblée générale de la coopérative linière de Cagny, Vincent Duyck, son président, présente aux coopérateurs les challenges relevés et à venir pour la structure. Le lin a le vent en poupe et le président a annoncé les bonnes recettes de 2018 : « sur notre zone hétérogène de production, le poids moyen est de 5 380 kg/ha, les lins sont bien rouis et la recette moyenne des adhérents atteint 3 500 E/ha ». La récolte 2019 a commencé à être teillée le 5 décembre dernier. « Nous avons également un accord de teillage pour la coopérative de Villons-les-Buissons. Afin d’assurer la transformation de cette récolte et pour écraser les charges de structure au maximum, le teillage fonctionne en horaires postés (2x8) à compter de lundi 3 février », annonce Arnaud Chapron, directeur, recruté en septembre.

Encouragé par le contexte, mondial
« Le lin a sûrement de beaux jours devant lui. Mais, à court terme, la consommation devrait quelque peu stagner », contextualise Vincent Duyck. Une situation qui demande alors la capacité de pouvoir stocker. La coopérative linière de Cagny est désormais à l’étroit sur de nombreux plans : gestion des anas, besoin de mise aux normes poussière, stockage, lotissements autour. Financièrement, « tous les clignotants sont au vert, assure Jean-Fabien Faudemer, commissaire aux comptes. Vous pouvez sereinement enclencher un plan d’investissement ambitieux ». La fermeture de la sucrerie de Cagny, annoncée le 14 février 2019, « a provoqué la concrétisation de l’étude de déménagement » : augmentation des surfaces contractées, passage en postes et disponibilité éventuelle de la Sica pulpe à Moult abondent dans ce sens.

Candidature spontanée
Quatre pistes ont été présentées aux adhérents : la reprise de la Sica pulpe à Moult, l’agrandissement du site actuel, l’achat d’un terrain nu ou celui d’un site de stockage Agrial à La Jalousie. « Agrial n’est pas vendeur, nous les avons sollicités », insiste Vincent Duyck. Le site en question se situe le long de la quatre voies Caen-Falaise, au cœur d’une zone de culture, loin des lotissements ; s’étend sur 4,2 ha avec possibilité d’extension ; possède un hangar de 5 000 m2, une plus petite dalle à couvrir, un pont-bascule et un poste électrique qui peut faire fonctionner les deux teilleuses. Après études des atouts et des inconvénients, l’option Jalousie « serait la plus rapide à mettre en place, finançable sans hausse des coûts de teillage ». Coût estimé par l’experte comptable et le commissaire aux comptes : 9,7 Me. L’étude des différents projets ne prend pas en compte la vente du site actuel, qui sera « la cerise sur le gâteau ».

Rapprochement avec Villons ?
Une question est vite soulevée par la salle : celle d’un éventuel rapprochement avec la coopérative de Villons-les-Buissons, qui a aussi dans les cartons un projet d’agrandissement. « Nous nous voyons avec Marc Vandecandelaère et Henri Pomikal. On se parle », assure Vincent Duyck. Les deux concernés confirment :
« pour le moment, rien n’est fermé ni acté. Nous réfléchissons ensemble ». Vincent Duyck reprend   « les décisions sont portées par le conseil d’administration et l’assemblée générale. Elles doivent être validées par 70 % des adhérents. Des projets de cette importance se mûrissent pleinement et il semble qu’il y ait un bon alignement des planètes pour passer à l’étape suivante ». Et de conclure : « l’arrêt de la sucrerie a fait prendre conscience de la nécessité de pérenniser les outils locaux de première transformation de produits agricoles dans le Calvados. Nos outils coopératifs en sont un bon moyen. Nous devons prendre nos responsabilités pour nos enfants ». n

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