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Démonstration d'un pulvérisateur ultra-précis dans La Hague

Le 18 juin, le Gaec de la Bergerie à Vauville accueille la démonstration d'un pulvérisateur high-tech et distribué par les établissements Werschuren : Ara d'Ecorobotix. Cet outil cible les rumex et chardons.

L'Ara d'Ecorobotix est doté de caméras dont les images sont analysées par l'IA qui identifie les zones à traiter. L'économie de produits est de l'ordre de 90%.
L'Ara d'Ecorobotix est doté de caméras dont les images sont analysées par l'IA qui identifie les zones à traiter. L'économie de produits est de l'ordre de 90%.
© © SB

âPréserver les prairies de qualité en réduisant les herbicides, telle est la réflexion de la Cuma des trois Vallées. Pour ce faire, " nous avons décidé d'organiser une démonstration d'Ara d'Ecorobotix ", note Edouard Bigot, trésorier de la Cuma des trois vallées. Cet appareil high-tech permet de lutter de manière très localisée les rumex et chardons des prairies. Jeudi 18 juin, sur des parcelles du Gaec de la Bergerie à Vauville, le matériel distribué par les établissements Wershuren se livre à une démonstration.

Avec l'aide de l'Intelligence artificielle

Le principe repose sur six blocs de caméras qui collectent les images d'un carré de 6cm x 6cm, analysées par intelligence artificielle. Elles détectent les rumex et chaque plant est traité par des buses disposées tous les 4 cm sur des rampes d'une longueur de 6 m, soit 152 buses au total. Dès qu'un pied de rumex est identifié, l'électrovanne s'ouvre. La rampe se trouve à 25 cm de la plante.

L'économie de produits phytosanitaires est de l'ordre de plus de 90 %

À l'avant du tracteur en autoguidage, deux cuves de 600 l et 300 l d'eau sont disposées, permettant ainsi de mélanger la préparation. Avec une vitesse de 7 km/h, le chauffeur peut traiter jusqu'à 3 à 4 ha/h. L'économie de produits phytosanitaires est de l'ordre de plus de 90 % faisant de ce pulvérisateur un outil écologique et économique.

Cette notion n'est pas anodine dans le territoire de la Manche et plus particulièrement le Cotentin, à proximité des zones de captages. " Grâce à cet outil, nous pourrions garder des parcelles de qualité plutôt qu'elles soient labourées ", avance Fabien Olivier, responsable de l'antenne de Valognes de la Chambre d'agriculture, qui travaille conjointement avec la Fédération des Cuma sur ces sujets. " C'est une transition vers une agriculture plus économe en intrants et respectueuse des prairies, tout en améliorant le confort de travail pour ceux qui devaient auparavant intervenir avec un pulvérisateur à dos", poursuit-il.

Allonger la durée de vie de nos prairies, qu'elles soient temporaires ou permanentes, devrait nous assurer une qualité fourragère tout en réduisant l'usage d'herbicides. Les trèfles de nos prairies pourraient se développer sur nos parcelles. Nous avons à y gagner ", assure Edouard Bigot.

Dans le sud-Manche, on est convaincu

Dans le sud de la Manche, à la Cuma La Pratique du Teilleul, le retour d'expérience est encourageant. Le pulvérisateur Ara d'Ecorobotix utilisé en intercuma est intervenu en 2024 sur 150 exploitations pour une surface totale de 1 400 hectares. Au début de leur réflexion, il a donc été tenté de trouver une solution pour, à la fois rendre la tâche moins pénible en raison d'une main-d'œuvre dans les exploitations qui se raréfie, et utiliser moins de molécules chimiques. "J'étais convaincu que cela pouvait intéresser d'autres agriculteurs, d'autres Cuma ", débute Guillaume Martel. Il a alors pris son bâton de pèlerin pour proposer cette solution. Au total ce sont 23 Cuma qui se sont engagées pour 7 ans, sur près de 800 ha. Mais très vite la surface traitée a évolué. L'année dernière, ce sont 1 400 ha qui ont pu bénéficier de cette technique. " C'est la première machine la plus précise du marché et la première à entrer en fonction en France ", indiquait Guillaume Martel il y a deux ans. "Pour moi, ce pulvérisateur est la solution pour continuer de valoriser le système pâturant de nos exploitations", ajoutait-il.

Après la démonstration, le sujet sera à l'étude au sein de la Cuma des trois vallées lors de leur assemblée générale début juillet. Un sujet qui là aussi devrait être porté en intercuma.

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