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Culture
Démontration sur le “sans labours”

Le syndicat mixte du bassin granvillais et la Chambre d’agriculture organisaient la semaine dernière une démonstration sur les techniques culturales sans labours. Expérience concluante.

© EC

Cultiver sans labourer, une erreur pour certains, un atout pour d’autres. Jeudi dernier, sur l’exploitation d’Éric Quinton, producteur laitier dans l’Avranchin (Bacilly), le syndicat mixte du bassin granvillais et la Chambre d’agriculture mettaient en avant les objectifs du “sans labours”. Une quarantaine de personnes, dont Gérard Dieudonné, conseiller général de La Haye Pesnel, ont suivi attentivement les conseils dispensés par les techniciens sols et machinisme. D’ailleurs deux combinés étaient sur la parcelle, histoire de comparer un matériel ayant quelques années déjà et un plus moderne.

Plus de dix ans d’expérience
Éric Quiton, lui, pratique le “sans labours” depuis plus de dix ans sur ces parcelles et les résultats sont positifs. Celle destinée à la démonstration était encore en maïs le mois dernier. Elle a été ensemencée en  blé d’hiver. “Les techniques culturales sans labour (TCSL) limitent l’érosion intra-parcellaire et le ruissellement grâce aux effets suivants : laisser des résidus en surface (mulch) qui couvrent le sol ; concentrer la matière organique dans les premiers centimètres de sol retardant ainsi la formation de croûte de battance ; favoriser l’activité biologique du sol et donc de la circulation de l’eau ; enfin améliorer la stabilité du sol, favorisant sa résistance à l’arrachement” explique Alice Denis (CDAM 50). A noter tout de même que l’étude de sol est obligatoire. En effet la réduction du travail du sol en profondeur peut entraîner une diminution de l’infiltration de l’eau et conduire à des écoulements plus importants qu’en système labour. Le risque d’érosion sur les parcelles aval peut alors être accentué. “Autre risque, réaliser une préparation trop fine, favorisant la formation de la croûte de battance”. Mais pourquoi observer son sol en profondeur en pratiquant une petite fosse ? “Cette observation permet de repérer des zones de tassement et de compaction et de décompacter le cas échéant”. A noter, il vaut mieux se faire accompagner d’un spécialiste en la matière pour parcourir la ou les parcelles avec une bêche ou une tige métallique cylindrique pointue.

Objectifs
Plusieurs objectifs sont visés par la culture sans labour. Il est primordial tout d’abord de maintenir une bonne porosité du sol, tant pour le développement de la culture que pour l’infiltration de l’eau. “L’arrêt du labour fait disparaître la porosité mécanique créée par la charrue. Dans les sols de limons, les risques de prise en masse sont réels : limiter les terrassements, surveiller l’état du sol et intervenir en travail profond si nécessaire. A terme, le développement de l’activité biologique pourrait remplacer tout ou partie des interventions mécaniques”. Il est aussi essentiel de maintenir les résidus en surface pour réduire l’érosion du sol en le protégeant contre l’impact des gouttes de pluie. “Pour obtenir cet effet, le taux de couvert doit dépasser 30 %. L’objectif optimal de protection du sol, c’est d’atteindre 60 à 80 % de couvert en surface”. Il faut aussi limiter l’affinement du sol, surtout en cas de faible taux de couvert par des résidus. En TSCL comme en labour, l’état de surface est prépondérant dans l’apparition de croûte de battance. Il faut être vigilant sur le réglage des outils et le nombre de passages pour limiter cet affinement autant que possible.
De même, le tassement doit être minimum, d’où une attention particulière à porter sur la précédente récolte de la parcelle et sur toutes les opérations qui suivent en intervenant sur un sol très bien ressuyé et en équipant l’ensemble du matériel de pneus basse pression (1 kilo, voire moins). Afin de récolter au mieux, il est conseillé de choisir des variétés à récolte précoce.

Maximum de résidus
Cultures sans labours induit aussi une bonne protection du sol. “Lorsque la culture précédente le permet, il faut conserver un maximum de résidus en surface. Une culture intermédiaire doit être semée à chaque interculture, même en interculture courte, les années où c’est possible. C’est un bon moyen de limiter les risques de prise en masse. Enfin, au semis de la culture, pour maintenir un taux élevé de résidus en surface, les outils de semis directs ou de travail superficiel donnent de meilleurs résultats”.
Dernier point, il existe différents types de “sans labours” : avec décompactage, avec déchaumage profond et en semis direct.

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