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Denis Mousset (FDSEA 61) : « il revient au paysan de trouver ses solutions »

Denis Mousset exploite à Saint-Germain-de-Martigny. Depuis le 1er janvier 2017, il préside la minico de Bazoches-sur-Hoënes. L’éleveur de 56 ans prêche pour l’échange, les relations humaines et l’auto information des agriculteurs.

Denis Mousset a installé sa salle de traite il y a 25 ans : « je l’ai depuis modernisée et, aujourd’hui, une personne seule trait 100 vaches en 2 x 4 tandem automatisé, en deux heures et quinze minutes. Le système vient d’une entreprise allemande de 35 salariés ». DR
Denis Mousset a installé sa salle de traite il y a 25 ans : « je l’ai depuis modernisée et, aujourd’hui, une personne seule trait 100 vaches en 2 x 4 tandem automatisé, en deux heures et quinze minutes. Le système vient d’une entreprise allemande de 35 salariés ». DR
© JP

>> Quelles responsabilités, syndicales ou non, avez-vous assumées ?
J’ai milité, de 16 à 20 ans, pour le Mouvement de la jeunesse chrétienne rurale (MRJC). J’y ai rencontré beaucoup de monde. Je suis entré au Cercle départemental des jeunes agriculteurs à 18 ans. J’ai présidé mon cercle cantonal et ai été responsable de la commission lait. J’ai présidé le comité des fêtes local en 1999. Nous avons organisé le dernier comice du siècle : j’ai fait bétonner le hangar de la Cuma, sous lequel nous avons organisé un spectacle pour 550 personnes. J’ai fait partie du bureau du Groupement de défense sanitaire (GDS) de l’Orne pendant cinq ans. J’ai présidé le Fafsea pendant huit ans. À la FDSEA, j’ai fait partie de la commission main d’œuvre, avec Pierre Abrahamse.

>> Que retirez-vous de ces expériences ?
Qu’il faut aller vers les gens, ne pas avoir peur de discuter. Et également que l’on sait beaucoup de choses avant et après une réunion, mais qu’il est rare que l’on apprenne pendant la rencontre. Je suis toujours resté à la fédé car l’union fait la force et l’on se bat entre paysans, alors que l’enjeu n’est pas là.

>> Pensez-vous que le syndicalisme a changé ?
Oui. Les paysans se divisent pour des histoires de terres, de quote-part, etc. La FDSEA compte sur un réseau établi depuis des générations, mais elle ne mobilise plus. Nous devons donner envie aux agriculteurs. Je pense que les choses vont encore évoluer, mais je ne sais pas dans quel sens. Les paysans doivent sortir de chez eux. 

>> Comment voyez-vous votre rôle de président de minico ?
Je propose d’organiser notre assemblée générale, dans le bureau de la Cuma dont je suis administrateur. Le bâtiment est tout neuf et notre slogan : la force du collectif. J’invite, à l’assemblée générale, les adhérents, mais aussi tous les exploitants du canton. Je souhaite montrer à tous les agriculteurs ce qu’un groupe peut réaliser.

>> Qu’allez-vous proposer d’autre ?
Je pense qu’il y a un leader et sa garde rapprochée. Alors, avec des collègues de la minico, nous allons organiser un café par mois, le matin. Les agriculteurs ont besoin de se retrouver, ils souffrent de ne pas se voir. Encore une fois, ce sera ouvert à tout le monde. Nous allons voir si l’idée fonctionne, l’objectif est de créer du lien. Et d’échanger : que chacun puisse partager ses astuces aux problèmes. Trouver les solutions ensemble.

>> Ce serait votre credo ?
Mon credo ? Je prône la recherche et développement personnels. Je me rends en Allemagne tous les ans : une année à Agritechnica et la suivante au plus gros salon mondial de l’élevage, Eurotier. C’est là qu’arrivent les innovations, les tendances. C’est au paysan de trouver ses solutions. Il ne faut pas tout attendre des pouvoirs publics ni de l’État. Nous devons faire valoir le bon sens paysan.

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