Aller au contenu principal

Vaches laitières
Des bases rénovées pour l’alimentation

L’INRA vient de publier ce printemps une nouvelle version des tables d’alimentation des ruminants. Sans révolutionner l’approche alimentaire française, reconnue au niveau internationale, plusieurs nouveautés permettent d’être encore plus performant en matière de rationnement.

Si l’appréciation du besoin alimentaire se base toujours sur la production laitière, cependant, retenons,  que le niveau de production n’explique que 60% des variations d’ingestion observées, et ce d’autant plus que la ration ne permet pas d’exprimer le potentiel, ce qui est couramment observé en élevage.
Si l’appréciation du besoin alimentaire se base toujours sur la production laitière, cependant, retenons, que le niveau de production n’explique que 60% des variations d’ingestion observées, et ce d’autant plus que la ration ne permet pas d’exprimer le potentiel, ce qui est couramment observé en élevage.
© DR
La version précédente des tables d’alimentation datait de 1988. Depuis 20 ans de nombreux éléments ont évolué changé : la génétique animale et végétale, la connaissance des aliments, les méthodes de précisions des  esoins des animaux, la demande des éleveurs... Cette nouvelle version 2007 compile les recherches accumulées sur ces sujets au niveau français et international tout en gardant les fondements du rationnement propre à l’INRA. On y parle toujours de capacité d’ingestion, d’unité d’encombrement (UE),  d’unité fourragère (UF), de protéines digestibles dans l’intestin (PDI). La robustesse du raisonnement élaboré il y 20 ans est toujours vérifiée.

Meilleure appréciation de l’ingestion des vaches laitières
Si l’appréciation du besoin alimentaire se base toujours sur la production laitière, cependant, retenons,  que le niveau de production n’explique que 60% des variations d’ingestion observées, et ce d’autant plus que la ration ne permet pas d’exprimer le potentiel, ce qui est couramment observé en élevage. C’est pour cela que la base reste la capacité de synthèse au niveau de la mamelle. C’est bien ce potentiel,qui guide les quantités ingérées et la production laitière. Le niveau génétique  et le développement de la mamelle sont les facteurs qui déterminent ce potentiel. Le raisonnement s’appuie donc non plus sur la production observée mais sur la production potentielle (alimentation non limitante et équilibrée) qui peut être calée sur la production au pic de lactation ou sur le niveau d’étable.

Et quelques nouveautés pour compléter cette estimation de l’ingestion
Autre nouveauté, la note d’état corporel est prise en compte pour évaluer l’ingestion. Son influence est en effet non négligeable, elle est utile quand l’état de l’animal varie au cours de la lactation.
Son impact  a été ainsi quantifié : l’ingestion, exprimée en unité d’encombrement laitier (UEL), diminue de 1,5 UEL quand l’état augmente d’un point (échelle de 0 à 5).
Le poids de l’animal reste toujours pris en compte et son impact augmente car il cumule le format de l’animal et sa note d’état corporelle.
De nouveaux facteurs viennent nuancer cette capacité d’ingestion :
-l’âge, exprimé sous forme d’indice de maturité,qui traduit l’évolution de la capacité d’ingestion notamment pour les primipares selon qu’elles vêlent à 2 ou 3 ans.
-le stade de gestation, qui va diminuer petit à petit les volumes consommés.
-l’indice de lactation, qui décrit les capacités d’ingestion différentes entre primipares et multipares en début de lactation.
Pour la  simplification des calculs et la prise en compre de l’ensmeble des éléments précédents, l’INRA propsoe des formules et des tableaux synthétiques pour  faciliter l’estimation de l’ingestion.

Besoins en énergie : plus de précisions pour le début de lactation
L’encombrement des aliments concentrés dépend essentiellement du taux de substitution. Celui-ci mesure la quantité de fourrage consommée en moins lorsqu’on ajoute un kilo de concentré dans la ration. Il est particulièrement sensible en début de lactation, notamment pour les apports d’énergie, quand les quantités de concentrés peuvent être conséquentes. Ainsi les interactions digestives liées à la proportion de concentrés ont été estimées entre 0 et 2 UFL par jour. D’autre part la mobilisation des réserves peut être maintenant évaluée lorsque la production laitière, la note d’état au vêlage et la semaine de lactation sont connues. Cette mobilisation couvre 100 à 300 UFL au cours des trois premiers mois de lactation et donc permet d’épargner les apports en concentrés. Cela se traduit par une couverture des besoins en fin de 3e mois de lactation pour les hautes productrices. Cet apport est à déduire des besoins calculés par animal.  
Enfin, un indice d’activité permet de distinguer les besoins supplémentaires selon la situation, stabulation ou pâturage.

Une évolution minérale notable pour les macro - éléments
La nouvelle approche reprend la notion de minéral absorbable, introduite depuis 2002 avec l’élément phosphore. Entre le minéral ingéré et la part qui est réellement absorbée par l’organisme, il existe un écart qui est lié au type d’aliment. En effet, tous les aliments n’ont pas la même efficacité pour l’utilisation digestive des minéraux. Cette dernière notion est  ainsi traduite par un coefficient d’absorption réelle (CAR), chaque aliment est maintenant caractérisé par une valeur Ca et de P absorbable. Cette approche, plus précise, a amené une révision des quantités distribuées en phosphore notamment. Avec ces nouvelles recommandations, attention à l’excès de phosphore et l’utilisation de carbonate est souvent indispensable.  Les raisonnements à partir des rapports Ca/P doivent donc évoluer. Il convient dorénavant de bien préciser les valeurs annoncées : parle-t-on en teneur totale (analyse) ou bien en absorbable, qui est le plus logique.

 

Tout en précisant les apports et les besoins en minéraux
Concernant les apports par les fourrages, les valeurs ont été actualisées et l’effet le plus marquant est une baisse significative des valeurs du maïs ensilage: teneur P = 1,8g/kg ;  Pabs = 1,3g/kg ; teneur Ca = 2,0 ; teneur Ca abs = 0,8 g/kg. Les maïs normands analysés au LANO s’affichent avec des teneurs moyennes de 1,9g P et 2,0g Ca. Les besoins des bovins ont été réévalués pour le magnésium et le cobalt,et restent inchangés pour les autres minéraux (potassium, sodium, chlore, soufre, manganèse, iode, sélénium).
De leur côté les besoins en vitamines ont été aussi légèrement réévalués et sont modulés selon la part de concentré dans la ration. Ils s’appuient sur les recommandations américaines du NRC.

Et le caractère "acidogène" de chaque aliment
La notion de sécurité vis-à-vis de l’acidose métabolique (sanguine) est renforcée avec l’appréciation du caractère "acidogène" d’un aliment liée à sa composition minérale. Ceci s’exprime avec la valeur BACA (bilan alimentaire anion cation) ou bien bilan électrolytique (BE). Ce dernier, basé sur le potassium, le sodium et le chlore est plus facile pour une utilisation courante. Les valeurs pour chaque aliment permettent ainsi de calculer un risque éventuel pour la ration.
Pour des stades clés, des objectifs sont précisés : BE inférieur à 50 en fin de gestation et deux premières semaines de lactation, autour de 250 par la suite. C’est un indicateur supplémentaire dans le diagnostic d’une acidose métabolique et pour la prévention des fièvres de lait.

De nombreuses informations sur les valeurs des aliments

Même si des mises à jour, sur les matières premières par exemple, existaient depuis la parution du livre vert de l’INRA at AZF en 2002, une compilation des dernières connaissances a permis d’enrichir ces valeurs dans ce livre rouge 2007. Les nouveautés concernent particulièrement:
- des valeurs pour l’enrubannage,
- la mise à jour des valeurs pour le maïs, notamment un encombrement revu à la baisse et des valeurs minérales et PDIN plus conformes à aux données actuelles relevées sur le terrain,
- une meilleure estimation des valeurs PDI,
- et un nombre de  critères plus nombreux (plus de 60 critères par aliment), au-delà des valeurs classiques de composition et de valeurs alimentaires,  nous retrouvons les données concernant les parois ( NDF, ADF, ADL), la digestibilité des composants de l’aliment, l’ensemble des minéraux et vitamines, le bilan électrolytique, les valeurs de tous les acides aminés digestibles.

• Toutes ces données réactualisées  permettent de vous proposer un rationnement plus précis de vos animaux. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à solliciter vos techniciens et conseillers d’élevage, qui disposent progressivement de nouveaux outils informatiques adaptés à ces dernières évolutions de rationnement..
Pour en savoir plus :
Alimentation des bovins, ovins et caprins, tables Inra 2007 éditions Quae.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Fin septembre, une étape importante a été franchie : "Les deux conseils d'administration ont approuvé le projet de traité de fusion 
Fusion Agrial-Terrena : on entre dans la dernière ligne droite
Après un an de travail, le projet de traité de fusion d'Agrial et de Terrena a été validé par les deux conseils d'administration.
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
"Le seul dossier que je veux bien continuer de regarder, c'est la RN 12, car le sud de l'Eure et l'Orne ", dit Hervé Morin
"L'investissement sur les routes, c'est terminé"
La Région Normandie prépare son budget 2027. Les ressources diminuent et l'investissement plafonnera à 550 millions d'euros. Il y…
Publicité