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Calvados
Des charolaises sur la Côte Fleurie

Nicolas Simar est naisseur de charolais à Villers-sur-Mer, en pleine zone touristique. Une activité de chambres d’hôte l’a aidé à se lancer. Il accueillera l’assemblée générale du syndicat départemental de la race, le 22 mai.

Stéphanie et Nicolas Simar avec leur fils, à une semaine de l’assemblée générale du syndicat départemental des éleveurs de charolais qui se déroulera chez eux.
Stéphanie et Nicolas Simar avec leur fils, à une semaine de l’assemblée générale du syndicat départemental des éleveurs de charolais qui se déroulera chez eux.
© AD
Lorsqu’il est arrivé sur l’exploitation, après une carrière dans l’hôtellerie, pour reprendre la ferme familiale de 35 ha avec 17 mères charolaises en 2001, Nicolas Simar était loin de se douter du chemin qu’il allait parcourir. En plein cœur de la Côte Fleurie, l’agrandissement de son activité agricole pouvait paraître compromis. Les quatre cham-bres d’hôte avec vue sur la mer dont il avait repris la gestion de sa mère, devaient offrir de meilleures perspectives dans ce haut lieu touristique.

Des revenus touristiques
D’ailleurs, tout a été rendu possible grâce aux revenus de cette activité touristique. « Je n’avais pas de capital, pour reprendre la location de la ferme et acheter des animaux. Les revenus des chambres d’hôte m’ont servi de caution », se remémore  l’éleveur. Au début, Nicolas Simar mène de front les deux activités. En 2002, Stéphanie, la femme de Nicolas reprend l’activité chambres d’hôte et Nicolas se consacre alors pleinement à l’élevage. « Nous sommes idéalement situés pour le tourisme, mais le lieu est moins propice au développement d’une activité agricole », souligne l’agriculteur. Le tourisme et les haras exercent une forte pression foncière. Alors pour s’agrandir, Nicolas Simar est allé chercher des terres en location là ou il le pouvait, souvent au prix d’un éloignement. Trois sites sont dispersés dans un périmètre de 10 km autour de l’exploitation. Quant-à l’acquisition des terrains, il ne faut même pas y compter. Le coût est prohibitif. Aujourd’hui, la ferme comporte 160 ha. Le cheptel de race pure charolaise a été renforcé par accroissement interne et externe. « En tout, j’ai acheté une bonne vingtaine de mères dans le calvados. Nous avons une très bonne génétique sur place », appuie l’éleveur.
“J’ai choisi la charolaise par passion. Mais c’est aussi une très belle race, facile à élever, et les broutards charolais sont très demandés par les engraisseurs. Les mères ont de très bonnes qualités maternelles”. Ce dernier critère est d’ailleurs la clé de voûte de la sélection du troupeau de Nicolas, qui préfère des vaches capables de produire du lait et donner des veaux lourds. “Je suis dans un système essentiellement herbager, avec des terres argileuses difficiles et 25 ha dans les marais. J’ai malgré tout tendance à intensifier un peu plus mon système fourrager. Je sors de mon premier hiver avec l’utilisation d’ensilage de maïs. Le coût est supérieur, mais je trouve une amélioration significative pour la reproduction”.
L’activité « chambres d’hôte » a apporté l’assise financière pour développer l’élevage, mais l’adhésion au syndicat des éleveurs de charolais a joué un rôle tout aussi essentiel pour l’éleveur.

Progresser avec le syndicat
“J’ai adhéré avant même mon installation. C’est le syndicat qui m’a permis de progresser. Sorti d’une carrière dans l’hôtellerie, j’ai suivi une formation accélérée pour m’installer, mais je n’avais jamais fait de stage. Avec le syndicat, j’ai pu visiter d’autres fermes et faire des rencontres ». Celle de l’ancien président, Guy Flambard, a provoqué un vrai déclic. « C’est en visitant sa ferme que je suis devenu passionné de génétique, et c’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier pour l’inscription de mes animaux au Herd book et pour participer aux concours”. Des manifestations auxquelles participe Nicolas, pour la convivialité qui y règne entre éleveurs passionnés et pour promouvoir la race. “Le syndicat n’est pas un club élitiste, insiste Nicolas Simar. C’est vrai qu’il y a des gens extrêmement performants, mais il y en a d’autres, comme moi qui ont beaucoup de choses à apprendre pour progresser. C’est un lieu de convivialité et de partage de connaissance. Tout le monde peut y entrer moyennant une cotisation modique. La première inscription est même gratuite pour les jeunes agriculteurs”.
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