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Des compétences multiples

Chaque semaine le témoignage de Bruno, un des associés du GAEC. Episode 6.

Agriculteur : multi tâches et multi compétences.
Agriculteur : multi tâches et multi compétences.
© Réseau OT/RH des Chambres d’agriculture de Normand

Depuis plusieurs semaines, Bruno, agriculteur dans le département de la Manche, nous fait part de son expérience de vie en société. Le personnage de Bruno est fictif mais son témoignage s’inspire de faits réels rencontrés quotidiennement dans les sociétés agricoles. Dans cet épisode, Bruno aborde la question de la multiplicité des compétences nécessaires pour gérer une exploitation agricole.

« Le métier d’agriculteur nécessite des compétences dans des domaines  diversifiés. Aux compétences techniques de production il faut ajouter celles liées à la gestion de l’exploitation. Il est difficile de tout savoir ». La problématique posée à Bruno, associé imaginaire, est commune à tous les exploitants agricoles. Pour faire face à cette obligation, travailler en société est souvent un plus. Bruno nous décrit la façon dont il a développé ses compétences tout au long de sa vie d’agriculteur.

Des compétences techniques
Avec mon frère, nous avons toujours été pointu techniquement. Dès notre plus jeune âge, nous avons baigné dans l’ambiance de l’exploitation. Nous avons acquis les bases théoriques lors de nos études agricoles. Nous aimions notre travail et nous nous étions installés pour être au contact des animaux et de la terre. De plus, nos centres d’intérêt étaient complémentaires : j’avais la passion des vaches et j’adorais tout ce qui touchait à la conduite du troupeau laitier, Michel était plus « branché » matériel et grandes cultures. Il avait également la responsabilité de l’atelier volailles.

Des compétences de gestion
Rapidement, j’ai observé que mes compétences techniques seules étaient insuffisantes pour optimiser les résultats de mon atelier lait : produire du volume était essentiel mais pas à n’importe quel prix. J’ai comparé ma marge brute lait à celle d’autres éleveurs. J’ai décelé mes points de progression et, sur cette base, j’ai fait évoluer la conduite de mon système. J’ai également établi mon prix d’équilibre. Lorsqu’avec mon frère nous discutions de la rentabilité de l’atelier lait et des investissements à réaliser, je pouvais m’appuyer sur des éléments chiffrés. Nous procédions de la même façon avec l’atelier volailles et avec les cultures de vente dont mon frère s’occupait. Ce travail a permis à notre GAEC d’évoluer et de s’adapter. Je ne traie plus les vaches comme il y a 20 ans, et heureusement !

Des compétences en relations humaines…
En société, il est également primordial de s’entendre entre associés. J’en ai pris largement conscience lors des tensions vécues avec mes deux associés successifs : Michel mon frère et Aurélie ma fille. Je vous ai largement évoqué ces tensions lors de ma première série de témoignages. Les origines étaient variables : différence de personnalité mal assumée, désaccord sur les objectifs du GAEC, approche différente de l’organisation des tâches... Mais les absences de communication qu’elles ont générées ont  toutes eu une conséquence commune : une incidence négative sur la rentabilité de l’exploitation. Ce savoir-faire relationnel est rarement inné. Me former et m’informer dans ce domaine m’ont permis de lister mes points d’amélioration, de les travailler et de progresser, avec comme conséquence des relations apaisées au sein du GAEC.

… valorisables au-delà de l’exploitation
Ce volet relationnel dépasse largement le cadre de la société et de l’exploitation. Dernièrement mon ex associé, Michel, m’a raconté que, jeune administrateur de la coopérative, son impulsivité lui jouait parfois des tours. L’auto contrôle et plus largement l’expérience acquise dans le cadre de la société lui ont permis de progresser : dans les discussions ou dans les réunions, il sait intervenir avec justesse et au moment opportun. De mon côté, grâce à ce travail sur le relationnel, j’aborde plus sereinement mes échanges au quotidien avec mon épouse, mes enfants et mon entourage.

La semaine prochaine : Episode 7 : Un métier à risques

Série d’articles réalisée avec la participation financière du Conseil Départemental de la Manche et du CasDAR

Avantage de la société : profiter de la complémentarité de compétences…
La mise en société favorise la complémentarité des compétences. Elle permet de répartir les tâches, les missions et les responsabilités en fonction des aptitudes, des goûts et des centres d’intérêt de chacun. Les tâches difficiles ou ingrates peuvent être accomplies à plusieurs. Elles sont moins pesantes et peuvent être réalisées plus rapidement.

… à condition de communiquer
La capacité des associés à bien communiquer est fondamentale pour profiter de la complémentarité des compétences et, au-delà, organiser le travail à plusieurs. Communiquer permet de partager les informations, de faire coopérer les personnes, de créer du lien, de la proximité et de la convivialité entre les personnes. Communiquer permet de désamorcer les conflits. Communiquer permet également à chacun d’évoluer dans la connaissance de soi-même, de s’enrichir personnellement et, quelque part, de grandir.

Se former pour partager et améliorer ses pratiques
Vous souhaitez gagner en performance sur votre conduite d’élevage ou vos productions végétales ? Vous voulez améliorer votre organisation du travail ?
Découvrez les formations proposées par les Chambres d’agriculture de Normandie. Les Chambres d’agriculture de Normandie développent un panel de formations adaptées à vos besoins. Ces formations prennent en compte vos attentes individuelles et l'expérience des participants pour permettre à chacun l'appropriation des connaissances et leur transfert sur l'exploitation.
Retrouvez toute notre offre sur le site Web de votre Chambre d’agriculture. Profitez de la gratuité pour les éleveurs, liée au Plan de Soutien Elevage et bénéficiez du professionnalisme du 1er acteur de la formation des actifs agricoles.

Contact : Gonzague Chevallier - 02 33 06 49 15
gchevallier@manche.chambagri.fr

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