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Portes ouvertes
Des conseils pour son projet de bâtiment

La Chambre d’agriculture de Normandie a organisé des portes ouvertes « bâtiments » afin que les conseillers puissent évoquer avec les visiteurs toutes les questions possibles autour d’un projet. Rencontre avec Julien et Florent Beausire, éleveurs installés en Gaec sur Saint-Romphaire.

PORTES OUVERTES BATIMENT
Denis Leclerc, conseiller à la Chambre d’agriculture de Normandie, a répondu aux interrogations des éleveurs qui ont participé à la porte ouverte chez la famille Beausire à Saint-Romphaire.
© DR

Julien Beausire s’est installé il y a 15 ans sur la ferme familiale en Gaec avec ses parents. Son frère, Florent, chauffeur dans une Cuma, a rejoint il y a deux ans la structure en prévision du départ en retraite des parents. Ce qui est le cas pour le papa depuis septembre dernier, et pour la maman en avril prochain. Ce changement n’a pas été sans incidence. Une réflexion a été engagée au niveau de l’organisation du travail. Mais rester à deux sur une exploitation de 130 vaches laitières et un atelier volaille, a conduit les deux frères à investir dans deux robots de traite. « On ne voulait pas attendre d’avoir des problèmes de santé », confie Julien Beausire qui garde la passion de la traite intacte. « Ce n’est pas le fait de ne plus aimer traire qui nous a conduits à choisir ce système », prévient-il. « Mais là où il fallait être à deux à traire, matin et soir, il suffit d’avoir un œil attentif matin et soir sur l’écran de l’ordinateur. »

Un œil d’éleveur

Depuis juin dernier, après neuf mois de travaux, les robots étaient en fonction. « On ne s’est pas arrêté de traire. L’installation s’est déroulée alors qu’on continuait à traire dans notre salle de traite », explique l’éleveur. Le bâtiment a ainsi été allongé pour abriter ces deux robots. Et l’ancienne salle de traite a été
transformée en logettes. « Quand on est éleveur, on garde le même œil sur nos animaux. On les surveille de la même manière. On passe dans les vaches régulièrement », insiste-t-il.


2 à 3 litres supplémentaires par jour

Au final, la production laitière a pu être augmentée en gardant le même nombre de vaches et la même ration. « Au lieu de deux traites par jour, on est à 2,4. C’est de l’ordre de 2 à 3 litres de lait par jour en plus par vache. A la fin du mois, ce n’est pas négligeable », indique le frère ainé. Désormais, Julien et Florent Beausire se trouvent libérés à 18 h 30 au lieu de 20 h auparavant. Et ces conditions de vie ne sont pas négligeables. Cette évolution s’est faite avec le regard bienveillant des parents.
Au cours de cette porte ouverte, les conseillers de la Chambre d’agriculture ont donc pu aiguiller les visiteurs sur leurs questions en matière d’organisation de travail, de logement des vaches laitières, la ventilation des stabulations ou encore des innovations en matière de nettoyage des aires d’exercices grâce à deux aspirateurs. Adapter son installation en fonction de ses choix de vie est essentiel pour la réussite de celle-ci.

75 % des installations en robot
Au Gaec des trois sites, deux robots Lely sont en service depuis le mois de juin 2020. Pour le commercial de la zone, Frédéric Duchemin, ce n’est pas le seul investissement qu’il a suivi. « Aujourd’hui, 75 à 80 % des installations se font avec un équipement robot. Sur l’ensemble de ma zone, centre et nord Manche, ainsi que le nord Calvados, ce sont 50 à 60 projets par an qui se finalisent », explique-t-il. Dans les cartons de l’entreprise se trouvent 3 projets de 4 robots, 4 projets de 3 robots, un projet de 6 robots. 15 à 18 % des fermes sont désormais équipées. « Les éleveurs étudient l’investissement pour des raisons de santé, de condition de travail, et de problème de main-d’œuvre », note Frédéric Duchemin. Cela concerne principalement des jeunes qui s’installent ou qui se situent autour de 45 ans. Au final, « les éleveurs gagnent le temps de la traite du soir », explique le technicien. La prise en main se fait assez rapidement. « C’est de l’ordre de 15 jours. Nous avons des écrans qui permettent aux éleveurs d’aller à l’essentiel, de fournir des données. Lely propose également une maintenance. Si l’outil est amorti en 12 ans, il va bien au-delà. Nous en avons qui ont 23 ans », conclut Frédéric Duchemin. 
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