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Fourrages
Des critères complémentaires pour votre analyse de maïs ensilage 2008

Suite à l’édition du livre rouge de l’INRA au printemps 2007, le laboratoire du LANO à Saint Lô (50) a conduit un important travail autour de son rapport d’analyse d’un maïs fourrage en collaboration avec l’équipe des ingénieurs lait des Chambres d’agriculture et des contrôles laitiers de Normandie.

D’une année à une autre, les ensilages de maïs ne se ressemblent pas. La prise en compte de l’analyse du maïs combinée à l’observation des animaux (ingestion, lait, taux et état des bouses) permet de caler au mieux la ration de vos animaux. Pour disposer d’un résultat fiable, et donc une ration calée rapidement, le prélèvement de l’échantillon doit être de qualité.
D’une année à une autre, les ensilages de maïs ne se ressemblent pas. La prise en compte de l’analyse du maïs combinée à l’observation des animaux (ingestion, lait, taux et état des bouses) permet de caler au mieux la ration de vos animaux. Pour disposer d’un résultat fiable, et donc une ration calée rapidement, le prélèvement de l’échantillon doit être de qualité.
© S. Leitengerger

L’objectif de ce travail était tout d’abord de tenir compte des modifications des équations alimentaires proposées par l’INRA, et de compléter ce rapport de différents critères développés par l’INRA ou ARVALIS.
Nous vous proposons dans cet article, tout d’abord de vous faire un rappel sur les règles à respecter pour prélever votre échantillon, et de parcourir avec vous les nouveaux critères retenus dans cette nouvelle édition 2008.

L’analyse de maïs démarre avec le prélèvement de l’échantillon
D’une année à une autre, les ensilages de maïs ne se ressemblent pas. La prise en compte de l’analyse du maïs combinée à l’observation des animaux (ingestion, lait, taux et état des bouses) permet de caler au mieux la ration de vos animaux. Pour disposer d’un résultat fiable, et donc une ration calée rapidement, le prélèvement de l’échantillon doit être de qualité (encadré ci-contre).
L’INRA a mis au point ses méthodes de calcul de la valeur alimentaire à partir d’échantil-lons de maïs vert. Lorsqu’une analyse est réalisée sur du maïs déjà fermenté, elle est ensuite évaluée à partir d’équations. Cette étape intermédiaire peut être préjudiciable à la précision. Avec un échantillon en vert, en plus de disposer d’un résultat dès l’ouverture du silo, votre valeur alimentaire est plus précise.

Une approche fibres plus complète….
Les fibres (ou parois) constituent le squelette de la plante. Elles sont indispensables dans la ration des ruminants. Elles se composent de cellulose, d’hémicelluloses qui sont partiellement digestibles et de la lignine (non digestible). Au laboratoire, on estime leur quantité par la cellulose brute, qui regroupe une grande partie de la cellulose, un peu d’hémicellulose et de lignine, et constitue une bonne approche de la quantification de ces parois.
A partir de cet automne, vous disposerez en plus de la teneur en cellulose brute, de critères complémentaires afin de mesurer la quantité et la composition des parois :
• NDF pour Neutral Detergent Fibre = la totalité des parois ;
• ADF pour Acid Detergent Fibre = la lignocellulose ;
• et ADL pour Acid Detergent Lignin = la lignine.
Cette quantification des fibres ne préjuge pas de leur qualité. Il n’existe pas encore aujourd’hui de méthode d’évaluation directe de la qualité des fibres. Le DINAG (DIgestibilité Non Amidon non Glucides) et la dMOna (Digestibilité de la Matière Organique Non Amidon) sont des approches indirectes car il se base sur la digestibilité de la plante entière en considérant que l’amidon et les sucres solubles sont digestibles à 100 % (ce qui est vrai pour les sucres et en partie proche de la réalité pour l’amidon).

…avec une évaluation qualitative de la digestibilité de l’appareil végétatif
Le DINAG permet d’approcher la digestibilité de la partie tige + feuilles du maïs. Il est surtout utilisé en sélection pour comparer les différents hybrides cultivés dans les mêmes conditions. Son grand inconvénient est l’obligation de disposer d’une teneur en sucres solubles pour le calculer. Ceci nécessite donc la réalisation d’un prélèvement sur le vert, et de faire parvenir rapidement l’échantillon au laboratoire pour éviter la consommation des sucres, ou de le congeler.
Pour s’affranchir de cette difficulté, ARVALIS développe depuis quelques années un nouveau critère d’appréciation de la digestibilité de la tige et feuilles avec la dMOna. Ce dernier critère est calculé à partir de la matière organique, la dMO et l’amidon. Il peut ainsi être calculé sur fourrage vert ou fermenté à partir de 3 paramètres de routine souvent présents sur les rapports d’analyses de maïs.
Ce critère n’entre pas directement dans le calcul de la ration, mais permet de porter un jugement sur l’élaboration de cette dernière en le croisant avec la teneur en amidon du maïs. Ainsi avec un maïs très riche en amidon et avec une faible digestibilité des feuilles et tige, il sera judicieux d’associer ce maïs riche en grains avec un fourrage très digestible pour diluer la teneur en amidon de la ration.

L’arrivée des unités d’encombrement
Dans le système de rationnement proposé par l’INRA, “l’aptitude de chaque aliment à être ingéré est caractérisée par sa valeur d’encombrement digestif ou de rassasiement métabolique exprimée en unité d’encombre-ment (UE). La valeur UE d’un aliment conditionne son ingestion par l’animal et varie en fonction du type de ruminant considéré”. Pour la nouvelle version du rapport d’analyse 2008, vous trouverez 2 valeurs : la valeur UEL pour les vaches laitières et les chèvres, et la valeur UEB pour les autres bovins.
Ces 2 paramètres d’encombre-ment sont le résultat d’un calcul mathématique qui prend en compte la teneur en dMO et la Matière Sèche (MS) du fourrage. Quand ces dernières teneurs
augmentent, la valeur d’encom-brement diminue ; ainsi pour un maïs à 30 % de MS avec une dMO  de 72 %, la valeur UEL s’établit à 1,03, alors que pour un maïs à 40 % de MS avec une dMO de 73 %, la valeur UEL est de 0,98 (INRA, 2007).

La prise en compte du paramètre “absorbable” pour le phosphore et le calcium
Depuis les nouvelles recommandations en phosphore parues fin 2002, les apports journaliers sont désormais exprimés en éléments absorbés pour les besoins physiologiques et en éléments absorbables pour l’apport alimentaire. Il était donc maintenant logique d’exprimer les apports du maïs fourrage en grammes d’éléments absorbables.
Vous trouverez donc maintenant sur le rapport d’analyse le Pabs pour le phosphore absorbable et Caabs pour le calcium absorbable. Mais ne paniquez pas, vous retrouverez toujours sur votre bulletin d’analyse les teneurs totales en phosphore et calcium. Le passage du total à l’absorbable est le résultat d’un calcul mathématique, qui prend en compte le Coefficient d’Absorption Réelle ou CAR spécifique au maïs ensilage :
Pabs = teneur en phosphore total x 0,70
Caabs = teneur en calcium total x 0,40

L’appréciation du risque acidose métabolique d’un maïs avec la BACA et le BEA
La BACA et BEA, de quoi parle-t-on ? L’apport de cations (Na+ ou K+), qui sont absorbés contre des ions H+, ont un rôle alcalinisant à l’inverse des anions (Cl- ou S2-), qui sont absorbés contre un ion bicarbonate (HCO3-), et ont de ce fait un rôle acidifiant.
Le BEA pour Bilan Electrolytique Alimentaire permet de caractériser ce pouvoir acidogène ou alcalogène des aliments. Le BEA est exprimé en milliéquivalent par kg de matière sèche, et nécessite de connaître la teneur en sodium, en potassium et en chlore (Cl) de l’aliment. Il est également possible de définir l’équilibre ionique des aliments en calculant la BACA pour Bilan Alimentaire en Cations et Anions, qui intègre en complément du chlore, l’élément soufre dans la formule de calcul.
Pour s’affranchir des dosages coûteux en sodium, potassium, chlore et soufre, l’INRA nous propose des équations pour calculer le BEA et la BACA d’un aliment à partir de la connaissance de ces teneurs en matières minérales (MM), matières azotées totales (MAT) et phosphore total (P). Vous ne retrouverez donc une valeur BEA ou BACA pour votre échantillon de maïs ensilage que si vous demandez le dosage du phosphore… !
Le rapport d’analyse s’étoffe de nouveaux paramètres, et vient compléter ceux traditionnels (MM, CB, MAT, amidon, digestibilité pepsine-cellulase, dMO, UF et PDI). Vous disposez maintenant d’un rapport d’analyse complet, qui nécessite encore du recul pour appréhender les différents critères développés. Alors pour aller plus loin dans l’interprétation du résultat d’analyse de votre maïs 2008, n’hésitez pas à rencontrer votre technicien de Chambre d’agricul-ture ou de Contrôle laitier.
Thierry JEULIN
Chambre d’Agriculture
de l’Orne
thierry.jeulin@orne.chambagri.fr

6 étapes pour réaliser un prélèvement représentatif et de qualité
Première étape : prenez 3 poignées toutes les 2 ou 3 remorques. Placez les dans un grand récipient (seau ou poubelle) à l’abri du vent ou de la pluie (pour ne pas modifier le taux de matière sèche).
Seconde étape : le chantier terminé, prenez le temps de bien brasser le maïs prélevé, sans envoyer tous les grains au fond du seau.
Troisième étape : placez de 500 g à 1 kg de maïs dans un sac étanche et résistant.
Quatrième étape : évacuez l’air en tassant pour empêcher la respiration du maïs (et ainsi limiter l’autoconsommation de son énergie).
Cinquième étape : prenez du temps pour identifier clairement votre échantillon à partir de la feuille de renseignement fourni par le laboratoire.
Dernière étape : enfermez immédiatement l’échantillon dans un congélateur (- 18 °C) en attendant sa collecte ou son envoi au laboratoire.

Rappel : Le critère DINAG n’est valable que sur maïs prélevé le jour de l’ensilage (nécessité de disposer de la teneur en sucres solubles), et acheminé rapidement au laboratoire (moins de 24 heures) ou bien congeler avant envoi.

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