Tempête Goretti
Des éleveurs bovins, ovins, maraîchers impactés
La tempête Goretti a balayé le département de la Manche du jeudi 8 au vendredi 9 janvier 2026, avec des vents en moyenne à 147 km/h et allant jusqu'à 163 km/h dans le Cotentin, 193 km/h du côté de la centrale de Flamanville voire 213 km/h dans le Val de Saire. Quels sont les dégâts ? Les producteurs et les éleveurs témoignent.
Pas moins de 212 interventions des services de secours, près de 1 100 sapeurs-pompiers mobilisés dont 80 en renfort de l'Ouest, 272 gendarmes et 40 policiers engagés, 82 000 foyers privés d'électricité, le tronçon Valognes-Cherbourg de la RN 13 fermé à la circulation en raison d'importantes chutes d'arbres. Voilà les éléments caractérisant la tempête Goretti qui a conduit à placer la Manche en vigilance rouge. "Ce bilan maîtrisé peut être attribué au bon respect des consignes par les habitants du département qui ne sont pas sortis de chez eux et ont pris les mesures de prudence", relève le préfet de la Manche, Marc Chappuis, qui avait décidé en amont de fermer toutes les écoles, interdire les accès en bord de mer et en forêt... Toutes les personnes ayant un téléphone portable ont reçu un message d'alerte dès 11 h le jeudi 8 janvier rappelant les consignes.
Un élan de solidarité
Chez les agriculteurs, de nombreux arbres sont tombés, des tôles envolées, des portes abîmées... "Je n'ai pas de dégâts sur les animaux", avance Étienne Cousin, basé à Yvetot-Bocage. Et c'est le Cotentin qui a souffert le plus, avec des vents allant à 163 km/h. "Cela a soufflé dur. Beaucoup de câbles sont aussi par terre", assure-t-il. "C'est toujours un moment anxiogène. Je suis resté à la stabulation jusqu'à minuit sans prendre de risque", raconte-t-il. Il voulait s'assurer que les robots de traite installés quelques semaines plus tôt fonctionnaient. Évidemment, il s'est équipé d'un groupe électrogène. "C'est indispensable. Cela permet d'être plus serein", affirme-t-il.
Dimanche matin, les opérateurs d'Enedis et les sous-traitants étaient encore sur le terrain pour permettre aux agriculteurs comme aux habitants de retrouver l'électricité. "Ils ont été très contents de nous trouver parce que nous n'avons pas hésité à tirer sur des véhicules pour qu'ils puissent intervenir dans les champs sur les lignes électriques. C'est aussi ça, la tempête. Un élan de solidarité."