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Des engagements au-dessous des promesses

Les annonces du candidat Emmanuel Macron ne correspondent pas aux engagements du président de la République. Alors la FRSEA et les JA de Normandie ont décidé de faire remonter leurs préoccupations aux membres du gouvernement, issus de Normandie lundi 18 décembre. Ce fut le cas au Havre (Seine-Maritime), à Evreux (Eure) et à La Haye-du-Puits (Manche).

© SB

Les adhérents de la FRSEA et des JA de Normandie se sont rassemblés le 18 décembre devant l’hôtel de ville du Havre et des permanences parlementaires des suppléants de Bruno le Maire à Evreux et de Stéphane Travert à La Haye-du-Puits pour pointer les incohérences entre les annonces faites pendant la campagne électorale de Emmanuel Macron et des décisions prises comme chef de l’Etat.

Retrouver du pouvoir d’achat
Le monde agricole doit pouvoir « retrouver du pouvoir d’achat et des revenus », a débuté Sébastien Amand, président de la FDSEA de la Manche face à la cinquantaine d’éleveurs présente devant la permanence de Stéphane Travert. Un pouvoir d’achat qui ne doit pas être impacté par la suppression de la baisse des charges de sécurité sociale. « La loi de finances de la sécurité sociale revient sur la réduction des cotisations « maladie des exploitants » décidée en 2016. C’est tout simplement une régression qui fera reculer la compétitivité de la production française », s’insurge le responsable syndical manchois.

Stop à une agriculture bradée
Il pointe également la non-surtransposition des textes européens promise par le candidat, et non appliquée par le président de la République, notamment pour le glyphosate, autorisé pour 5 ans par l’Union européenne et proposé pour 3 ans par le gouvernement français. « Le glyphosate est un sujet qui nous préoccupe. Mais nous avons besoin de temps pour s’adapter. Il faut que la société comprenne qu’il n’y a pas d’alternative pour le moment », poursuit Sébastien Amand. 
Les accords de libre-échange avec le Canada (Ceta) et le Mercosur interpellent la profession. « Comment peut-on autoriser l’importation de produits que l’on s’interdit de produire ?
A l’heure où les EGA réclament une montée en gamme, comment justifier auprès du consommateur de telles ouvertures aux importations à des niveaux qualitatifs réduits », s’interroge Daniel Courval, Calvadosien, et président de la section bovine de la FRSEA. « Même les politiques aux racines rurales n’arrivent pas peser. Nous ne sommes pas là pour voir l’agriculture française bradée », avance-t-il.

Une frontière sanitaire
Le Brexit a été également évoqué avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Pour l’agriculture normande, et plus particulièrement la Manche, le port de Cherbourg « va redevenir non seulement une frontière économique, mais également une frontière sanitaire », indique Hervé Marie, trésorier de la FDSEA de la Manche, et président du GDS, nécessitant la mise en place d’une brigade sanitaire. « Ce n’est pas une vue de l’esprit. Cela aura vraiment des conséquences pour nous », affirme haut et fort Hervé Marie.

Des attentes et des espoirs
En dernier lieu, les agriculteurs se sont arrêtés sur les Etats généraux de l’alimentation (EGA) qui suscitent « beaucoup d’attentes », comme le rappelle Sébastien Amand. « Une forte demande de montée en gamme a été exprimée. Or, produire une alimentation saine et durable ne dépend pas que du seul maillon de production. Mais les agriculteurs travaillent depuis toujours l’amélioration qualitative de leurs productions. Qu’il s’agisse du plan sanitaire, de la traçabilité, du goût ou bien de l’impact de leur activité sur l’environnement, les agriculteurs sont en marche. Nous n’ignorons pas la satisfaction des consommateurs. » Ces EGA sont aussi synonymes d’espoir. « Il y a une vraie ligne de conduite à définir pour redonner l’envie d’entreprendre à nos jeunes. Dans les quelques années à venir, nous avons un vrai challenge à relever, celui du renouvellement des générations », rappelle Antoine Maquerel, président des JA de la Manche. Un thème central du combat des JA.

Deux rencontres, un appel, une promesse
En marge des rassemblements, une délégation a été reçue par les députés Séverine Gipson et Grégory Galbadon, et entendue le soir par Julien Turenne, conseiller agricole du Premier ministre d’Édouard Philippe.
Si les arguments de la profession ont été remontés jusqu’au ministère de l’Agriculture, Stéphane Travert devrait recevoir une délégation rue de Varennes en début d’année 2018. Et comme Antoine Maquerel le rappelle, « Stéphane Travert l’a dit, il reviendrait quand il perdra pied. Il est tant qu’il revienne ». Le message est passé.

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