Aller au contenu principal

Des jeunes agriculteurs pas très "avenants"

Dans le cadre des Plans de Développement de l'Exploitation, les avenants se multiplient. Jean-François Osmond est installé à Giéville. Son installation a servi d’exemple pour illustrer les contraintes administratives d’un jeune agriculteur. En ligne de mire : la rigidité du Plan de Développement de l’Exploitation, une démarche obligatoire dans le cadre d’une installation aidée. L’achat d’un tracteur, 6 bœufs supplémentaires ou une nouvelle fosse dans le cadre de la directive nitrates peuvent nécessiter un avenant. Explications.

L’exploitation de Jean-François Osmond (à gauche) a servi d’exemple pour expliquer  les contraintes administratives 
aux élus et à l’administration.
L’exploitation de Jean-François Osmond (à gauche) a servi d’exemple pour expliquer les contraintes administratives
aux élus et à l’administration.
© vm

Pourquoi as-tu été contraint de refaire ton PDE ?
J’ai repris une parcelle de terre d’un voisin. J’ai donc agrandi ma surface et mon quota laitier a augmenté. Je devais donc modifier mon PDE. En plus, j’ai construit un nouveau bâtiment pour accueillir mes vaches. Cet investissement n’était pas prévu dans le PDE initial. Là encore, il faut réaliser un avenant supplémentaire.

Vous jugez ces avenants trop compliqués à exécuter ?
D’abord, c’est compliqué. Ensuite, c’est payant. Le jeune agriculteur doit demander à un comptable de refaire l’étude économique. Le comptable ne travaille pas gratuitement : il prend 500 euros. Et rien ne me dit que l’année prochaine, un tracteur ne cassera pas. Je serai alors contraint d’écrire un nouvel avenant, car ce genre d’achat n’est pas prévu dans les investissements initiaux du PDE. Certains jeunes, sur des exploitations assez conséquentes, font des avenants tous les ans. C’est un peu décourageant.

Selon quels critères, un jeune agriculteur doit-il modifier son PDE ?
Il change quand la marge brute, le montant d’investissement, le nombre d’animaux ou le nombre d’hectares varie de 25 %.

25 %, cette liberté n’est-elle pas suffisante ?
Pas forcément. Nous produisons normalement 6 bœufs. Les cours étant bas, nous sommes passés de 6 à 15 bœufs. Du coup, je modifie dépasse de 25 % mon effectif ! La règle des 25 % peut être très rapidement atteinte sur des petits effectifs.   25 % d’un gros chiffre, je le comprends. Mais lorsqu’il s’agit d’une production minoritaire, c’est une vraie contrainte. À partir du moment où je produis 3 veaux supplémentaires, je dois faire un avenant.

La nouvelle directive nitrates aura-t-elle également une conséquence sur votre PDE ?
Oui. Sur l’exploitation, la capacité de stockage est de 4 mois sur l’atelier lait et de 7,5 mois sur l’atelier porc. Je devrais donc investir pour mes vaches laitières. Je ne pouvais pas prévoir le changement de réglementation. J’ai donc mis la nouvelle fosse dans mon PDE. La nouvelle directive nitrates aura une conséquence indirecte pour de nombreux JA. Ils devront refaire leur PDE ! C’est un peu la double peine.

Vous êtes associés avec vos parents. Ces derniers sont donc impactés…
Avoir un JA comme associé n’a pas facilité leur quotidien ! C’est un souci réglementaire de plus. Par exemple, si on prévoit d’acheter un tracteur en 2016 et que nous ne l’achetons qu’en 2017, c’est une modification du PDE. Le cadre s’avère trop strict. Dans le PDE, on met les investissements sur les 5 ans à venir. Mais sur cette période, les devis peuvent augmenter. Là encore, on ne respecte pas le PDE. Nous sommes chefs d’entreprise, nous investissons tous les ans. Le cadre du PDE laisse peu de libertés et n’incite pas à entamer le parcours à l’installation aidée.

Votre exploitation compte un atelier porc. Comment gérez-vous les contraintes administratives liées à cette activité ?
Nous avions 65 vaches. Avec la reprise de terres, nous aurons 75 vaches. Comparé à l’activité porcine, augmenter son effectif de 1 ou 30 vaches paraîtrait presque simple. Une truie de plus, c’est dur et long. Même si la démarche semble se simplifier, l’enquête devrait néanmoins durer 6 mois, car je reste dans un seuil bas. Je ne demande que 20 truies supplémentaires. Pour des augmentations plus conséquentes, l’enquête publique dure 18 mois.


Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Loris Vallée, juge en race Roussin au Salon de l'Agriculture, entouré de Victoria King et Mélissa Mouchel : un passeur de connaissances et compétences.
Au Salon de l'Agriculture, Mélissa Mouchel passe du ring au podium et décroche la médaille d'argent
À 18 ans, Mélissa Mouchel, étudiante en BTS Métiers de l'élevage au lycée de Saint-Lô Thère vient de vivre deux jours intenses,…
Chantal Jourdan, députée socialiste de l'Orne, a entendu les inquiétudes des responsables d'ETA concernant le crédit d'impôt accordé aux adhérents Cuma dans le cadre du plan de finances 2026.
Les ETA interpellent Chantal Jourdan sur le crédit d'impôt
Vendredi 13 mars, Chantal Jourdan, députée ornaise et la seule élue sur les 27 contactés par EDT Normandie à avoir répondu à…
La mise en place de la réforme sera longue. Mais elle représente dès maintenant une grande avancée.
La FNSEA obtient la retraite sur les 25 meilleures années
La réforme des " 25 meilleures années " va enfin se mettre en place. Les deux premières années vont donner lieu à une…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Athis, Briouze, et la FDSEA, se sont mobilisés à Flers, mardi 24 février, pour dénoncer la baisse du prix du lait.
Les JA et la FDSEA manifestent contre la baisse du prix du lait
Alors que les négociations commerciales entre les GMS et les industriels sont achevées, une nouvelle baisse du prix du lait a été…
Arnaud Viel, chef cuisinier ornais étoilé, et Émilie Fléchard, directrice adjointe de la fromagerie Gillot, mettent en lumière les produits du terroir et notamment le camembert AOP de Normandie au lait cru.
Les producteurs ornais également récompensés
Au Salon international de l'agriculture à Paris, des producteurs et éleveurs de l'Orne ont concouru au célèbre CGA (Concours…
Iulia Khramtsova et Yann Lefaux ont présenté leurs nombreux produits élaborés à base de plantes aromatiques : tisanes, vinaigres, moutardes...
Des producteurs calvadosiens fiers et au rendez-vous
Durant dix jours, au Salon international de l'agriculture à Paris, les producteurs du Calvados ont animé le pavillon normand avec…
Publicité