Aller au contenu principal

Conditions et techniques d’application
Des leviers efficaces pour optimiser l’efficacité des herbicides

Le mode de déplacement du produit dans la plante guide en premier lieu les choix d’intervention pour assurer l’efficacité d’un traitement.

Dans une dynamique de raisonnement des doses et de sécurisation des efficacités de désherbage et de protection de l’environnement, les conditions et les techniques d’application constituent deux leviers incontournables.
Si le leitmotiv bien connu, “le bon produit à la bonne dose”, reste toujours d’actualité, la prise en compte du stade d’application, de l’agrométéo (température, hygrométrie), mais également de la qualité de pulvérisation (volume/ha, choix des buses, pression) permet de prendre les bonnes décisions d’intervention et de réussir son traitement. Arvalis - Institut du végétal rappelle les règles d’optimisation de la pulvérisation en fonction des produits utilisés.

Le mode d’action du produit dicte les conditions d’application
L’efficacité des herbicides qui agissent au niveau des racines n’est pas dépendante de la qualité de pulvérisation. Une fois à terre, les matières actives mi-grent dans l’eau du sol pour rejoindre les racines des plantes cibles. L’efficacité de ces produits est plus dépendante de l’humidité du sol et des taux d’argile et de matière organique qui piègent plus ou moins les molécules, que de la taille des gouttes ou même du volume de bouillie par ha apporté, dont la capacité à jouer sur l’humidité du sol est infime. Rappelons qu’1 mm de pluie équivaut à 1 000 l/ha !
Finalement, la seule contrainte lors de l’application de ces produits racinaires est la lutte contre la dérive. L’utilisation de buses à injection d’air n’affectant pas l’efficacité est donc vivement recommandée lorsqu’il y a un peu de vent.

Les produits de contact
Ils sont très peu mobiles dans les plantes. Ils agissent “là où ils tombent”. De ce fait, plus la cible sera couverte, meilleure sera l’efficacité du traitement. Avec ce type de produit, la qualité de pulvérisation est un facteur qui influe beaucoup sur l’efficacité finale du traitement. Un volume/ha trop faible peut réduire significativement l’efficacité du traitement, surtout lorsqu’il est associé à des buses faisant des grosses gouttes, moins sensibles à la dérive, mais qui réduisent le nombre d’impacts. Ces phénomènes ont par exemple été observés pour le désherbage du maïs avec EMBLEM, où les traitements à bas volume (50 l/ha) avec des tailles de gouttes importantes (buse à injection d’air) affectent très significativement l’efficacité des traitements.
En situation de réduction de dose, on observe un écart d’efficacité important quel que soit le type de buse dès 80 l/ha et en dessous. Avec les produits de contact, il ne faut donc pas cumuler les risques. L’utilisation de buses à injection d’air est possible si elle n’est pas accompagnée d’une application à des volumes trop faibles (inférieurs à 80 l/ha) et/ou en situation de réduction de dose.
Ces phénomènes sont encore plus marqués dans les situations où les mauvaises herbes à traiter sont très petites, donc difficiles à atteindre. C’est parfois le cas lors du désherbage des betteraves ou du maïs.
Une petite rosée non ruisselante peut être bénéfique pour améliorer l’efficacité des produits, en facilitant l’étalement des gouttes de bouillie sur les feuilles.

Les produits systémiques sont les plus exigeants face aux conditions météo
Contrairement aux produits de contact, les herbicides systémiques, une fois sur la feuille, pénètrent et migrent dans la plante. Avec ce type de produit, il faut chercher les conditions favorables à une pénétration rapide et massive à travers la cuticule des plantes : forte hygrométrie (> 60-70 %) pour avoir des cuticules dilatées, laissant mieux pénétrer le produit et températures clémentes (8 à 20° C), c'est-à-dire un temps poussant, favorisant la circulation de la sève véhiculant les matières actives dans les plantes.
La mobilité des produits dans la plante leur confère une plus grande indépendance vis-à-vis de la répartition des gouttes sur le feuillage. Il est possible d’utiliser des buses anti-dérive (injection d’air) sans affecter l’efficacité des traitements. En parallèle, il est également possible d’utiliser ces buses à des volumes/ha plus faibles.
Dans tous les essais que nous avons menés, nous n’avons jamais observé de baisse d’efficacité significative imputable à l’utilisation de buses formant des grosses gouttes pour des volumes allant jusqu'à 50 l/ha. En cas de très bonnes conditions d’applications (notamment hygrométrie très élevée, sans vent), on peut même descendre en dessous ! Attention cependant, tous nos essais on été réalisés dans des conditions climatiques très favorables. En conditions moins optimales, il ne faut pas hésiter à remonter les volumes, voire parfois aussi les doses.
Pour sécuriser et améliorer l’efficacité du désherbage, plusieurs leviers en interaction les uns avec les autres existent et doivent être utilisés à bon escient. Réduire la dérive par l’usage de buses à injection d’air, profiter des conditions climatiques et de sol, adapter le volume de bouillie au mode d’action du produit et à la taille de la cible à toucher : toutes ces précautions d’usage contribuent à améliorer l’efficience des herbicides et à limiter leur impact sur l’environnement.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Sébastien Macé, agriculteur dans la vallée de la Sienne
Parole d’installé, 25 ans après : " Le moral n’y est plus "
Installé en 1995, Sébastien Macé, agriculteur à Heugueville-sur-Sienne (50) avait fait l’objet d’une rubrique Parole d’installé…
Patrice Gauquelin, président d’EDT Normandie
“ L’enfumage du plan de relance ”
Patrice Gauquelin, président d’EDT Normandie qui fédère 170 ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) au plan régional, est très…
Gaec de la Fosse Louvière 61
Il suffirait de quelques dizaines de centimes par kg de carcasse
La filière viande bovine est en plein marasme. Témoignage sous la stabulation de Fabienne et Bertrand, à St-Gervais-du-Perron…
Stabulation - Brûler le béton
VIDEO. Ils brûlent le béton pour éviter les glissades
A Hermival-les-Vaux (14), Florian Fernagut fait appel pour la troisième fois à l’entreprise morbihannaise Tounet pour le décapage…
Denise et Georges Angot - Sées (61)
Chez les Angot : « Noël, c’est mon rayon de soleil »
Denise et Georges Angot habitent à Sées (61). À 79 et 84 ans, ils vont fêter Noël avec leurs deux filles et leurs maris. Si les…
De la gendarmerie à la bergerie
De la gendarmerie à la bergerie
Depuis deux ans, Christophe Salmon travaille à la bergerie de la ferme de Grégoire de Mathan, à Longvillers dans le Calvados.…
Publicité