Des lunettes thermiques pour traquer le frelon asiatique
Dans la Manche, la détection des nids de frelon asiatique pourront se faire plus précocement grâce à l'emploi de lunettes thermiques.
L'antenne de la Manche de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles Normandie (Fredon) a dressé le bilan de la lutte collective contre le frelon asiatique à pattes jaunes. Sur les neuf premiers mois de l'année 2026, le nombre de nids détruits est de l'ordre de 3 154 contre 9 247 nids en 2022, l'année la plus forte depuis huit ans dans la Manche. Plus de 96 % d'entre eux ont été détruits dans le cadre de la lutte collective, c'est-à-dire via le programme départemental signé par les communes ou intercommunalités, soutenu par le Conseil départemental.
154 personnes piquées
Si le nombre de nids est trois fois moins important qu'en 2022, le nombre reste important, situant 2026 dans une année moyenne. À ce stade, 154 personnes ont été piquées dans le département. Mars et avril ont été des mois intenses. " Nous avons observé un ralentissement depuis les premières canicules en mai", précise Antoine Métayer, chef de pôle espèces exotiques envahissantes et espèces à enjeu sanitaire de la Fredon. Mais l'ensemble du département n'est pas égal face à cet insecte. 41 % des nids sont répertoriés dans le Cotentin quand les deux intercommunalités voisines, Baie du Cotentin et Côte ouest centre Manche, sont les moins concernées. Certaines communes du nord Cotentin ont 22 % de nids de plus qu'en 2025 à la même date. Le sud Manche est le second territoire le plus concerné.
Ces frelons asiatiques provoquent des dégâts chez les apiculteurs. L'été, les frelons dévorent les abeilles pour s'en nourrir. Et leurs attaques provoquent un stress chez les abeilles qui ne sortent plus.
"Ces lunettes permettant de détecter certains nids dissimulés par la végétation"
Dans la Manche comme dans le Calvados, la Fredon vient d'acquérir des lunettes thermiques permettant de " détecter certains nids dissimulés par la végétation, notamment en hauteur dans les arbres. Ces lunettes sont mises à disposition de collectivités pour détecter précocement les nids ", avance le technicien. Les secteurs à gros dégâts ou récurrents sont traités en priorité, tout comme les sites sensibles à risque pour la santé et la sécurité publique : parcs, espaces verts, refuges de biodiversité, lieux fréquentés par des personnes fragiles.
Depuis 2025, l'État a légiféré pour détruire les nids selon un cahier des charges précis, avec les pièges officiellement reconnus les plus sélectifs et réduire le stress des abeilles par des outils de protection de ruchers.