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Des mini-avions solaires pour l’agriculture

Fondée il y a moins d’un an, la société Sunbirds commercialise des mini-avions fonctionnant à l’énergie solaire et permettant de cartographier de plus grandes surfaces que les drones actuellement sur le marché. Elle vise principalement les marchés de l’agriculture et de la surveillance des grandes infrastructures, et en France, s’adresse surtout aux coopératives. Interview avec l’un de ses fondateurs, Laurent Rivière.

© AGRA

>> Quelle est la spécificité de vos engins ?

Nous commercialisons des avions légers et très autonomes, qui peuvent effectuer de longs vols grâce à l’énergie solaire. Il existe déjà beaucoup d’avions sur le marché, mais qui volent environ une heure, ce qui est intéressant pour les petites surfaces, mais présente des limites pour les grandes. Grâce à l’énergie solaire, nous pouvons voler environ trois heures, ce qui permet de cartographier 1 000 hectares.
>> Quel est votre business model en agriculture ?

Nous fournissons les avions, sur lesquels peuvent être disposées différentes caméras, pour cartographier le stress hydrique ou détecter des maladies. Notre but est de créer un réseau de partenaires qui puissent fournir des opérables aux clients finaux, (c’est-à-dire des services pouvant être utilisés directement par un agriculteur par exemple, NDLR).
>> Qui sont vos cibles dans le monde agricole ?

En France, nous avons vocation à travailler avec des coopératives. Le prix à l’achat de notre avion est de 25 000 euros. Nous négocions actuellement avec des coopératives pour faire des campagnes d’essais. Les deux marchés principaux que nous visons sont l’agriculture et la surveillance des grandes surfaces. Nous venons de faire un essai avec Enedis (ex-ERDF) pour la surveillance de 2 km de lignes électriques.

>> Quelle différence avec des avions comme le Solar Impulse ou le Zephyr d’Airbus ?

Comme le dit l’un de ses créateurs Bertrand Piccard, Solar Impulse est un message d’espoir, l’idée que le futur de la technologie est propre. Ce n’est pas un produit commercial mais une aventure humaine. Il ne vole pas aux mêmes altitudes (environ 8 000 mètres pour Solar Impulse, 150 m chez Sunbirds pour des raisons réglementaires, NDLR) et n’a pas la même envergure (63 m pour Solar Impulse, contre 3 m pour le SB4 de Sunbirds, NDLR). Le Zéphyr d’Airbus est également plus gros (30 m d’envergure, 14 jours d’autonomie, NDLR). Il s’adressera à la télécommunication, et aura des Etats pour clients.
>> Comment voyez-vous le futur du marché des drones agricoles ?

Ce que je vois, c’est toute une gamme de drones proposant des définitions d’image différentes et des applications qui varieront en fonction de cette définition.Par exemple, il sera sûrement plus facile de détecter des maladies avec des drones qu’avec des satellites.
>> Avez-vous des concurrents dans le monde ?

Il existe quelques drones qui utilisent l’énergie solaire, mais de façon secondaire. Il existe aussi une concurrence sur les drones solaires, essentiellement américaine, mais beaucoup en sont encore au stade du modèle 3D. Nous sommes les premiers au monde à fournir des avions solaires.

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