Aller au contenu principal

Des parlementaires alertés

La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Calvados ont invité les parlementaires sur la ferme de Samuel Biderre, à Lingèvres. Cette situation concrète illustre les difficultés de l’élevage.

La rencontre a débuté par une minute de recueillement autour d’une gerbe de fleurs. Elle s’est conclue sur ce message simple : “Plus de mesurettes bouche-trous, mais des prix”.
La rencontre a débuté par une minute de recueillement autour d’une gerbe de fleurs. Elle s’est conclue sur ce message simple : “Plus de mesurettes bouche-trous, mais des prix”.
© vm

Le 3 juillet, 5 parlementaires sur 9 ont répondu à l’appel des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA. “C’est un rendez-vous responsable, et constructif, signifiant l’intérêt que ces élus portent aux questions agricoles”, estime Jean-Yves Heurtin, président de la FDSEA du Calvados. Corinne Féret et Pascal Alizard, sénateurs, étaient présents. Jean-Léonce Dupont, Philippe Duron et Laurence Dumont avaient délégué leurs attachés parlementaires.

Gerbe de fleurs au pied
du tank
Symboliquement, Sébastien Debieu, secrétaire général de la FDSEA 14, a invité les parlementaires à déposer une gerbe au pied du tank à lait. Face à une agriculture en détresse, l’heure est au recueillement.
Pour étayer leurs revendications, les représentants syndicaux se sont appuyés sur les données
économiques présentées par le CERFRANCE Calvados et le
Crédit Agricole.

Les investissements
en panne
Trois personnes travaillent sur la ferme de Samuel Biderre. L’exploitation produit 870 000 litres de lait. 110 taurillons y sont également engraissés. “En 2009, nous avons développé cette activité viande pour créer du revenu et permettre mon installation. Aujourd’hui, je remets en cause cet atelier qui n’est pas rentable”, témoigne le jeune agriculteur. Et actuellement, l’éleveur ne se rattrape pas avec le lait. Son prix d’équilibre est de 370 €/1000 li-tres pour dégager un salaire. Avec les cours en baisse, l’exploitation a perdu 14 600 € par rapport à l’année précédente. A titre de comparaison, le lait était payé 389 €/1 000 litres en mars 2014 contre 308 € en mars 2015.
Les investissements de la ferme sont donc à l’arrêt. “On croit que les agriculteurs s’équipent de beaux tracteurs. Le mien a passé les 12 ans et les 7 000 heures et
je ne peux pas le renouveler”. A contrario, Samuel Biderre devra faire face à un investissement non productif. L’extension de son stockage des effluents
d’élevage est devenu obligatoire.

La réglementation
avant la technique
Dans d’autres cas, les contraintes ne s’avèrent pas financières, mais réglementaires. Une pâture jouxtant la stabulation a été retournée. “La réglementation dit que les prairies temporaires de plus de 5 ans deviennent permanentes. Du coup, les agriculteurs labourent. La menace de sanctuarisation provoque l’effet inverse”. Une fausse bonne idée de ce type a été appliquée sur les haies. “Le réglementaire prend le dessus sur la technique. C’est une aberration technocratique”, résume Jean-Yves Heurtin.
Le cas de Samuel Biderre n’est pas isolé. Même si la productivité augmente, les taux d’endettement des fermes progressent. Les chiffres du CERFRANCE Calvados confirment ce contexte tendu. Pendant la crise laitière de 2009, les fermes disposaient de 2 mois de fonds de roulement. La situation actuelle s’en rapproche. Les exploitations laitières n’ont plus que 2,5 mois de fonds de roulement.


Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fossé traité : l’agriculteur ne nie pas mais regrette la procédure
Début juin, un agriculteur reçoit un appel de l’Office français de la biodiversité du Calvados pour avoir traité un fossé. Lundi…
Une éleveuse ornaise sur les marches du festival de Cannes
Jeudi 15 juillet, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice à Mauves-sur-Huisne (61), a monté les marches du Palais des festivals à…
Pour la Préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, Maxime Le Jeanne décrit l’équipement de l’unité de méthanisation installée en 2011 au Gaec des Fossés à Moussonvilliers dans le Perche et agrandie en 2016.
La préfète appréhende le cycle complet de la méthanisation
Sur l’invitation de la FDSEA et de JA, Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, s’est rendue mardi 6 juillet 2021, dans l’élevage de…
Les rendements en orges sont au rendez-vous de la moisson
En date de lundi 19 juillet 2021, les organismes de collecte saluent une belle avancée dans les orges et attendent les premières…
Catherine Pilet-Fontaine, exploitante à Ranville, Daniel Savary, salarié et Geoffroy de Lesquen, agriculteur et vice-président de la fédération des chasseurs du Calvados.
La faune sauvage préservée grâce à la barre d’effarouchement
A Ranville, Catherine Pilet-Fontaine vient de recevoir une barre d’effarouchement, financée par la fédération des chasseurs du…
Moisson 2021
La météo pluvieuse contrarie la collecte
Lundi 26 juillet, la collecte des orges se termine mais la pluie a stoppé l’avancement des récoltes.
Publicité