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Crise légumière : distorsions entre la France et l'Allemagne
"Des Polonais payés 5 euros de l'heure !"

Alain Cottebrune, président de la section légumes FDSEA, dénonce des distorsions de concurrence entre l’Allemagne et la France.

Alain Cottebrune, “distorsions européennes sur les coûts horaires et les phytos, la coupe est pleine pour les producteurs”.
Alain Cottebrune, “distorsions européennes sur les coûts horaires et les phytos, la coupe est pleine pour les producteurs”.
© DR
Crise légumière ? Oui, elle existe réellement, d’ailleurs le Ministère de l’Agriculture vient de prendre des mesures en faveur des producteurs de produits d’hiver. Concrètement, Dominique Bussereau a confirmé la mise en oeuvre d’une aide à la trésorerie de 1,5 millions d’euros. Le Ministre a également décidé, de concert avec la MSA, de débloquer une enveloppe de 4,5 millions d’euros de reports de charges sociales et une autre de 1,5 millions d’euros pour la prise en charges de contributions de cotisations sociales. Enfin, les établissements bancaires vont être “incités” à proposer aux exploitants des prêts permettant un report de leurs échéances.Distorsions Alain Cottebrune, président de la section légumes FDSEA et producteur à Réville (Val de Saire), s’il approuve ces mesures, n’hésite pas à dénoncer les distorsions de concurrence intra-européenne. “C’est vrai, le train de mesures débloqués, c’est reconnaître la gravité de la crise qui nous frappe. Restons cependant prudents, l’enveloppe concerne tous les producteurs français, elle paraît donc insuffisante. Nous producteurs, nous demandons aussi que les 1,5 millions d’aide à la trésorerie soient transférés vers la MSA”. Pourtant la campagne 2006/2007 n’avait pas trop mal commencé, mais le début d’année a été catastrophique, notamment en poireaux et choux-fleurs. “Deux raisons à cela : tout d’abord une distorsion de concurrence importante avec la production allemande. Elle utilise pour sa main-d’oeuvre des Polonais payés 5 euros de l’heure, alors qu’en France nous en sommes à 12 euros ! Ensuite, nous assistons à un changement climatique sur l’Europe qui permet à l’Allemagne de produire quasiment tout l’hiver”. Alors trop de légumes en Europe ? “Non, car en 2006 par exemple, il n’y avait pas assez de poireaux sur le marché”. En attendant, les producteurs manchois espèrent que leurs productions seront reconnues, d’ici un mois, comme sinistrées, report de cotisations sociales et aides leur permettront de dégager la trésorerie nécessaire à l’emblavement de la nouvelle campagne. Problème Phytos Outre les distorsions de main d’oeuvre, Alain Cottebrune peste après le problème des produits phytosanitaires. “En Allemagne ou ailleurs, les producteurs mettent ce qu’il faut pour réussir leurs cultures. Nous, en France, sommes pénalisés. Il faut absolument une réglementation pour toute l’Union Européenne”. Reste que les crises légumières sont un sujet récurrent en Manche. Alain Cottebrune estime qu’il faut mettre en place une nouvelle gestion des crises. “Tout le monde sait que l’on doit les affronter. Nous devons avoir une réserve financière, une “précaution pour aléas”, nous permettant d’épargner sans nous faire taxer par les impôts ou la TVA. Quant à la distorsion de concurrence avec d’autres pays, c’est simple : augmentons la TVA afin que que ce ne soit pas la production française qui supporte la différence mais le consommateur”.
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