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Culture
Des talus et des haies pour protéger les sols

Les arbres au-dessus, en dessous ou sur les côtés des cultures sont des auxiliaires utiles pour l’agriculture ! Les recherches menées récemment sur l’agroforesterie nous le redisent.

Création d’un talus d’angle pour lutter contre l’érosion.
Création d’un talus d’angle pour lutter contre l’érosion.
© E. CLERAN - CA 50

Les arbres apportent en particulier des matières organiques et favorisent la vie du sol. Sur les versants avec des talus de terre, ils protègent la partie la plus fertile du sol en limitant l’érosion. N’observe-t-on pas un effet “terrasse” avec un sol plus épais en amont des talus ? Ce rôle également reconnu par la collectivité incite à la plantation de haies sur talus pour protéger les sols fertiles et la qualité de l’eau.


Certaines parcelles agricoles perdent jusqu’à 1 mm de terre par an ce qui représente 20 tonnes de terre par hectare !

Il suffit d’une faible pente pour que l’eau prenne de la vitesse et atteigne une force suffisante pour arracher les particules fines de terre. L’érosion a parfois des effets insidieux, peu visibles. Elle peut déplacer toute une masse de terre à l’intérieur d’une même parcelle approfondissant le sol du bas aux dépens du haut. Elle peut aussi être beaucoup plus spectaculaire si le ruissellement se concentre dans une ravine. Le Pays de Caux, subit parfois des ravines qui peuvent atteindre de 50 à 80 cm de profondeur. L’érosion amoindrit la fertilité des terres. Elle “décape”, la couche du sol la plus riche, celle qui est en surface. La perte atteint ainsi fréquemment 1 mm par an, soit 20 tonnes de terre par hectare !


Les talus perpendiculaires à la pente et les ceintures de vallées sont les plus importants pour la protection du sol et la qualité de l’eau

A l’échelle du versant, une succession de talus ralenti fortement le transfert d’eau et limite l’érosion. Pour les syndicats d’eau, le rôle des talus en bas de versant est fondamental : ils évitent que l’eau et la terre se retrouvent directement dans les rivières. Les talus perpendiculaires à la pente sont les plus importants pour la protection du sol.Comme le rappellent Jacques Baudry et Agnès Jouin (INRA de Rennes) dans leur ouvrage “De la haie au bocage”, de nombreux paramètres déterminent l’efficacité d’un talus. La ceinture de fond de vallée est l’avant dernier rempart pour la qualité de l’eau, elle sépare souvent des qualités de sol. Pour la lutte contre l’érosion, elle retient prioritairement notre attention.


Une haie vive boisée et son talus dit “Kleuz” joue le rôle d’un filtre épurateur d’eau

Le phosphore minéral (engrais) non soluble et le phosphore organique (lisier) plus ou moins fixés par les argiles et les matières organiques sont stockés en pied de talus. Avec une haie productive de bois, ils sont utilisés par les arbres. Quant aux nitrates, ils sont solubles dans l'eau et circulent dans le sol. La haie joue le rôle de ralentisseur. Passée la haie, en aval, l’azote se retrouve dans une zone plus humide, milieu réducteur, riche en élément carboné où la vie bactérienne très active favorise la dénitrification. L'azote minéral est transformé en gaz et s'évapore. Ces phénomènes sont très variables d'une haie à l'autre du fait des conditions pédoclimatiques locales. Dans plusieurs études réalisées en Bretagne, les analyses de sol effectuées à intervalles réguliers selon un axe perpendiculaire à la haie montrent que les teneurs en nitrates chutent brutalement à proximité de l'axe arboré. Le même schéma d'analyse met en évidence une teneur en azote ammoniaque plus élevée à 5 m de part et d'autre de l'axe de la haie. Pour illustrer ce “captage” d’éléments nous savons par exemple que les saules sont utilisés dans l’industrie. Ils améliorent des sols et des eaux polluées, ils captent et fixent de nombreux éléments y compris des métaux lourds.

Les talus boisés fonctionnent comme des régulateurs. Au pied de la haie, l’eau s’infiltre en profondeur, elle se réparti et est stockée dans le sol. Sur les versants, une succession de talus allonge le parcours de l’eau

Les talus boisés laissent du temps à l’eau pour s’infiltrer en profondeur. Les racines des arbres que l’on peut choisir (en choisissant les essences à la plantation) et tailler, (en travaillant le sol) fissurent le sol et permettent une meilleure infiltration. La haie améliore ainsi le stockage de l'eau au pied du talus et en milieu de parcelle. L'eau peut ensuite être restituée dans le temps pour les cultures. Lorsqu’il y a un réseau de talus et de fossés, le parcours de l’eau est allongé. Concrètement, les inondations sont limitées ou évitées.

Il existe des aides pour créer des talus et planter des haies

Pour être efficace, un talus antiérosif présente 60 cm de dénivelé entre le creux situé à sa base, et son sommet. Pour être planté d’arbres, son sommet doit faire 80 cm de large. La création d’un talus demande de la bonne terre, mais uniquement pour son cœur. Il est donc rarement nécessaire de faire venir de la terre, celle-ci peut être prise sur place à l’endroit du talus. Au moment des réaménagements parcellaires, il est important de penser à bien (re)positionner les talus et les haies. Il est en effet possible de créer ou de déplacer des talus boisés. Cela évite de supprimer, puis de refaire. Il existe des aides financières ou techniques pour la plantation alors n’hésitez pas à vous renseigner.

Le chiffre

Les Chambres d’agriculture de Normandie ont accompagné la plantation de 100 000 arbres en 2012.


Renseignements et informations

Pour planter, vous renseigner et bénéficier des programmes d'aides, inscrivez vous dès maintenant !

- Chambre d’agriculture du Calvados : Stéphane Berzinger - 02 31 70 25 34.

- Chambre d’agriculture de la Manche : Eddy Cléran / Stéphane Pestel - 02 33 06 49 91 (assistante). www.manche.chambagri.fr (rubrique environnement - boisement)

- Chambre d’agriculture de l'Orne : Clémence Adam - 02 33 31 49 43.

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