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Maïs et préparation du sol simplifiée
Des techniques à raisonner

Le travail simplifié du sol est basé sur des pratiques qui amènent à la suppression du labour pour notamment gagner du temps. Ces techniques peuvent être utilisées sur le maïs, dont la phase de germination levée est particulièrement sensible à la qualité du lit de semences. Afin de ne pas compromettre le rendement de cette culture, il est primordial de raisonner le choix de la technique simplifiée à mettre en œuvre en fonction de l'état structural du sol.

Travail simplifié : les différentes techniques
Le travail simplifié du sol regroupe plusieurs termes qui reposent tous sur le non enfouissement total des résidus de récolte. Plus clairement, la matière organique reste en surface et les semis sont réalisés sans labour. Plusieurs solutions sont possibles.
- Le semis simplifié
Cette technique qui permet de préparer le lit de semence consiste à réaliser un travail superficiel correspondant à la largeur du semoir. Le travail du sol, préalable au semis, est plus ou moins profond (décompacteur, chisel, cultivateur, déchaumeur, charrue agronomique). Le semis simplifié peut s’envisager avec des matériels classiques dans la mesure où la surface du sol est propre, nivelée et ameublie. C’est une bonne solution pour se faire la main au “non labour”.
- Le semis sous “Mulch”
Il se caractérise par un travail du sol à très faible profondeur au-dessus de la zone de semis et un recouvrement de la graine par un mélange de terre et de matière végétale morte (Mulch).
Le “mulch” est créé par un rotor ou des dents équipées de socs plus ou moins larges.
- Le semis direct
Son principe consiste à semer directement les graines dans un sillon ouvert par des disques ou dents. Il n’y a, le plus souvent, aucun travail du sol préalable. Dans les faits, certains outils de semis direct réalisent un travail superficiel avant semis. De même, un déchaumage superficiel améliore souvent le travail du semoir.
Dans le cas où un couvert végétal est encore en place, le semis direct est de plus en plus pratiqué avec les semoirs à disques.

Le maïs : une plante exigeante !
La préparation du sol est une phase essentielle pour la culture de maïs. Elle consiste à rétablir des conditions favorables à une levée rapide et à un enracinement dense et profond. Au final, l'objectif est de garantir le peuplement (nombre de pieds/m2), et l'alimentation hydrique et minérale de la culture ; les possibilités de compensation par le maïs étant très limitées.
Un lit de semences de bonne qualité garantit cette levée rapide et homogène réduisant ainsi les pertes à la levée. Pour germer la semence a besoin d'eau, d'oxygène et de chaleur. L'eau est transmise par le sol grâce à la terre fine mise au contact de la graine. L'air, (donc l'oxygène et la chaleur), circule bien lorsque la terre est correctement ressuyée et sa porosité élevée. Les conditions agronomiques doivent être favorables au développement du système racinaire du maïs, beaucoup plus sensible aux obstacles structuraux du sol que les cultures d'automne. La morphologie de ses racines est en effet très différente: le maïs a de grosses racines paresseuses, alors que chez le blé, les racines sont fines et performantes.

Observer pour mieux décider
La mise en œuvre d'une technique simplifiée de préparation du sol passe d'abord par l'observation de sa terre, en surface et en profondeur. Son état structural varie en fonction du précédent, des conditions de récolte, du climat, du type de sol. C'est après une vieille prairie que l'on a le plus de chance d'observer une bonne structure.
Compte tenu de cette variabilité, la solution est de creuser le sol lorsqu'il est ressuyé. Deux cas peuvent alors se présenter :
- le sol a un aspect massif, sans fissure ni porosité apparente. Il est difficile d'enfoncer une lame de couteau. Les mottes sont denses et peu poreuses. L'ameublis-sement profond et énergique est indispensable avant de préparer le lit de semences ;
- le sol est bien structuré. La pointe d'un couteau s'enfonce facilement. Les mottes sont poreuses et pleines de radicelles. L'ameublissement profond n'est pas nécessaire. Dans les sols limoneux, ce cas se présente surtout avec un précédent prairie.
Au préalable...
- Déchaumage indispensable
Dans une rotation de cultures annuelles, la mise en œuvre des techniques de préparation simplifiée du sol exige d'intervenir en intercultures. Les déchaumages répétés sont conseillés. Ils permettent d'émietter et de niveler le terrain, d'assurer une régularité du semis, de désherber, de réduire le stock parasitaire et d'incorporer les matières organiques. Pour le semis sous “mulsh”, ces interventions sont d'ailleurs indispensables.
L'outil de déchaumage devra faciliter le travail des matériels utilisés dans les techniques simplifiées. Un déchaumage de qualité permettra un semis à profondeur régulière garantissant une levée rapide et homogène.
Si une prairie est encore en place, sa destruction doit être réalisée avant d'effectuer le semis simplifié ou le semis sous “mulch”. Dans le cas d'un semis direct et pour un sol présentant un bon état structural, le semis peut être réalisé après une destruction chimique de la prairie, en utilisant un semoir spécifique. N'oublions pas qu'une bonne
protection insecticide est incon-tournable si l'on a un précédent prairie.
- Pseudo labour si nécessaire
Le pseudo labour ou décompactage du sol constitue un excellent compromis pour ameublir les terres présentant un état structural de qualité intermédiaire. Il s'intègre bien dans les techniques de préparation simplifiée du sol. L'ameublissement procuré par la dernière génération de décompacteurs est particulièrement intéressant. Il peut atteindre 70 à 75 % de l'ameublissement procuré par la charrue. Ces matériels fissurent le sol par soulèvement et créent un effet de vague en avançant.
Le décompacteur peut être combiné à l'outil de préparation du lit de semences ou au semoir.
Attention ! Un décompactage en conditions humides risque de lisser davantage le sol. Préalablement, il est conseillé de creuser un trou de 50 cm pour vérifier l'état de la terre là où passe l'outil. Pour que le travail soit efficace, la motte doit se briser sous la pression des doigts. La terre doit donc être friable.

Principales règles à respecter dans le travail simplifié
L'accès aux techniques simplifiées et leur réussite passe par le respect des règles suivantes :
- réaliser des déchaumages répétés en intercultures ;
- vérifier la qualité de la terre et surtout son état structural (c'est le plus important mais aussi le plus difficile à apprécier). Décompacter si celui-ci est douteux ;
- ne travailler qu'en conditions de sol bien ressuyé (à la profondeur de travail des outils) ;
- le diagnostic du sol et son état d'humidité conditionnent le choix des outils, leur réglage et le déclenchement des travaux. L'outil doit être adapté au sol et aux exigences de la culture, jamais l'inverse ;
- raisonner le choix de ces outils et les investissements en s'informant des possibilités de matériels spécifiques offertes par les Cuma ou les entrepreneurs de travaux agricoles ;
- surveiller les limaces.
Pour tous les sols ayant une structure instable et pour lesquels on ne peut s'assurer, d'une part, de la qualité de la surface du sol, et d'autre part, de la qualité de sa structure en profondeur, il est préférable d'opter pour un labour classique afin de ne pas compromettre le niveau de rendement du maïs.

Nathalie DILLY
Chambre d'Agriculture de la Manche
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