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Culture
Désherbage de la pomme de terre : intervenir en prélevée

Le désherbage de la culture de pomme de terre a pour objectif de préserver le rendement et la qualité. Les mauvaises herbes concurrencent la culture pour les éléments fertilisants, l’eau, la lumière, créent un milieu favorable au maintien des maladies ou des parasites, entravent les opérations de récolte, et augmentent le salissement de la parcelle.

Raisonner sa stratégie de désherbage en fonction de ses parcelles
Pour garantir un bon désherbage avec un coût modéré, il est nécessaire de choisir une stratégie de désherbage la plus adaptée au contexte de la parcelle et de l’exploitation.
Les possibilités de désherbage en postlevée sur dicotylédones étant limitées, l’application de prélevée est stratégique. Elle se fera à pleine dose ou à une dose inférieure si il est envisagé de faire un rattrapage de post levée (cas à réserver aux parcelles les plus propres).
A noter que certaines variétés de pomme de terre présentent une sensibilité plus ou moins marquée à la métribuzine (Sencoral Ultradispersible, Bretteur, Métriphar 70 WG, Bastille…) ; il est donc important de prendre en compte cette sensibilité dans le programme de désherbage.
En tant qu’alternative au désherbage chimique, le désherbage mécanique, par buttage tardif ou l’utilisation d’outils spécialisés est possible, mais avec un certain nombre de contraintes et une moindre efficacité : ces techniques ne conviennent pas au sommet des buttes. Attention à ne pas intervenir trop tard pour ne pas perturber la tubérisation.
Choisir la solution de prélevée la plus adaptée à sa flore
Le choix des produits de prélevée doit être raisonnée en fonction de la flore adventice attendu. Bastille ou l’association Défi + Sencoral UD possèdent un large spectre d’efficacité. Mais, dans le cas d’une flore complexe ou difficile (renouée liseron, morelle, gaillet, fumeterre…), des associations sont souvent préférées ce qui permet de compléter les spectres d’action des différentes matières actives et d’adapter la dose de chacun en fonction de la nature et de la densité des mauvaises herbes. Aucune restriction réglementaire relative aux mélanges des produits homologués sur pomme de terre en prélevée (présentés dans le tableau 1) n’est à signaler.
La gestion des graminées en règle générale ne pose pas de problème. Les herbicides appliqués en prélevée et post levée pour contrôler les dicotylédones possèdent souvent une action graminicide. En cas d’échec, des antigraminées spécifiques peuvent être utilisés en rattrapage, après la levée de la culture.

Rechercher un buttage de qualité pour une efficacité optimale et une bonne sélectivité des herbicides de prélevée
La pomme de terre est une plante sensible aux herbicides, il ne faut pas que l’herbicide rentre en contact avec la culture. La sélectivité des herbicides de prélevée autorisés en  pomme de terre est dite de “position”. Ils demeurent dans la couche superficielle du sol et sont absorbés par les racines des adventices, tandis que les racines et les stolons de la pomme de terre se développent plus profondément, dans une zone exempte d’herbicide.
Pour une bonne sélectivité, il est conseillé d’effectuer les traitements sur butte définitive, au moins une semaine avant la levée des pommes de terre, et de réduire les doses préconisées dans les sols sableux ou les limons très battants (cas des spécialités à base de linuron et métribuzine).
En plus de diminuer la sélectivité des produits, un sol motteux ou sec nuit à l’activité racinaire des herbicides de prélevée. L’idéal est d’intervenir sur butte rappuyée, suffisamment émiettée et légèrement humide et par temps calme pour bien répartir la pulvérisation sur les deux flancs de la butte et l’entre-buttes. Toute intervention mécanique après l’application de l’herbicide est déconseillée pour ne pas réduire, voire annuler son efficacité.
Intervenir en post levée si nécessaire
Elden (rimsulfuron - famille des sulfonylurées) est un herbicide de post levée actif sur les graminées, les dicotylédones et certaines vivaces (voir encadré). Homologué à 60 g/ha, ce produit s’utilise à 40 g/ha avec un mouillant : Trend 90 à 0.2 l/ha (tableau 2).
Pour une bonne efficacité sur les adventices sensibles, on veillera à intervenir sur des mauvaises herbes  jeunes à très jeunes, maximum 4 feuilles. En revanche, le stade de la pomme de terre n’est pas limitant, il faut seulement que la pulvérisation atteigne les adventices, attention donc à l’effet “parapluie”. Des applications en conditions chaudes (max 25 °C), sur végétation stressée peuvent entraîner l’apparition de phénomènes de phytotoxicité.
La métribuzine (Sencoral Ultradispersible, Bretteur, Metriphar 70 WG) est parfois utilisée en postlevée après l’échec du désherbage de prélevée. Afin limiter les risques de phytotoxicté, on ne dépassera pas le stade 5 cm de la culture (bon état végétatif souhaité) et la dose de 0.5 kg/ha de produit commercial. Attention, les variétés dites “sensibles à la métribuzine” le sont d’autant plus en post levée qu’en prélevée.
Lutter contre les vivaces dans ses pommes de terre
La lutte contre les vivaces doit se gérer à l’échelle de la rotation, notamment durant les intercultures. La pomme de terre permet cependant grâce à l’emploi du rimsulfuron (Elden) en post levée de freiner le développement de quelques unes d’entre elles. Il s’agit souvent d’une intervention spécifique “vivaces”.
• Chardons : intervenir avec de l’Elden à 40 g/ha + Trend 0.2 l/ha sur des plantes dont la hauteur atteint 15-20 cm maxi.
• Laiterons : appliquer Elden à 40 g/ha + Trend 0.2 l/ha sur des rosettes ayant un diamètre maximum de 8 à 10 cm ; renouveler l’intervention en cas de relevée.
• Chiendents : antigraminées foliaires. A dose homologuée sur vivaces ou Elden à 30 g/ha + Trend 0.2 l/ha avec comme stade limite d’appli-cation : 3 feuilles à début tallage ; renouveler l’application en cas de nouvelles levées.
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