Aller au contenu principal

Désilage : 20 ans de fibre collective

Il y a 20 ans, les membres de la CUMA de Crouttes faisaient figure de pionniers dans l’Orne. À l’époque, 5 agriculteurs s’associent pour acheter une désileuse automotrice. En 1995, c’est le premier groupe à développer cette activité en CUMA. La semaine dernière, tous les acteurs de cette aventure humaine ont fêté cet anniversaire.

© VM

llll La CUMA de Crouttes (Orne) a fêté ses 20 ans, la semaine dernière. Le groupe a trouvé son rythme de croisière. Ils sont aujourd’hui 8 agriculteurs à se partager la désileuse sur un parcours de 22 kilomètres. Ensemble, ces exploitations pèsent 5,4 millions de litres de lait (avec l’équivalence en taurillons).

Des débuts avec 5 agriculteurs
Si ce genre d’initiative est aujourd’hui démocratisé, ces cumistes ont d’abord joué les précurseurs. En 1995, ils sont cinq à se lancer dans le projet. “Chez plusieurs d’entre nous, nos parents partaient en retraite. Nous devions trouver une solution pour avoir de la main-d’œuvre”, raconte Pascal Choisnard, l’actuel président de la CUMA. Sur le secteur de Crouttes, la solidarité et l’entraide se cultivent depuis plusieurs années.
Le terrain semble fertile pour l’implantation d’une CUMA. Tous ces éleveurs se connaissent bien et sont de la même génération. Certains collaborent à la “banque du travail”, créé par leurs aînés en 1960. Mais, l’idée de partager une désileuse en CUMA s’avère novatrice sur le département dans les années 90.

Une première machine à 400 000 fr
Pour concrétiser leur projet, ces agriculteurs ont observé des initiatives bretonnes.
À la fin de l’année 1995, leur machine réalise ses premiers tours de roue. Sur la question mécanique, leur choix s’est porté sur une Mutti Adolfo. L’engin affiche une capacité de 12 m3. “Nous l’avons acheté à l’aveugle. Nous l’avons payé 400 000 fr”, se souvient Pascal Choisnard.
Depuis cette expérience, les éleveurs ont trouvé leur marque... Ils n’ont ensuite acheté que des Storti. La dernière a été livrée en décembre. Seul regret : “avoir opté pour un modèle de 16 m3 lors de notre précédent achat. Avec la double vis, nous n’avons pas gagné beaucoup en capacité comparée à une 14 m3 simple vis. Notre dernière acquisition est donc une 20 m3”.  C’est la 7e désileuse du groupe. Le renouvellement est régulier. “La machine réalise 2000 heures par an. Nous les changeons donc tous les 3 ans environ”, détaille Laurent De Bie, agriculteur à Crouttes et président de la CUMA de 2005 à 2015.
Avec la volonté de maîtriser les coûts comme moteur, l’organisation est bien rodée. Ce service de la CUMA revient à environ 15 €/1000 litres pour les adhérents.
La densité des fermes sur le parcours permet d’employer un chauffeur à temps plein.

Compétitivité : 15 €/1000 litres
Et la fidélité est donc au rendez-vous. Le salarié n’a pas changé depuis 20 ans. Ce dernier commence sa tournée à 6 heures du matin et travaille 6 jours par semaine. Le vendredi, il distribue 120 à 140 % de la ration puis 160 % le samedi. “C’est une des clés de la réussite. Il fait un chauffeur pointilleux qui entretient bien la machine et ne défibre pas trop les ingrédients de la ration”, souligne Laurent De Bie.
Le système de facturation a, lui, évolué au fil des ans. “Nous payons ce service au temps passé et au tonnage distribué. C’est plus simple pour notre gestion. Au début, nous raisonnions au temps et à l’UGB”.
Le secret de la longévité du groupe est sans doute la science du compromis. “C’est toujours difficile de trouver la machine ou le fonctionnement qui plaît à tout le monde. Mais quand nous regardons le temps que nous devrions consacrer et le coût, il nous semble compliqué de faire mieux tout seul sur sa ferme”, estime Pascal Choisnard et Laurent De Bie. Ici point de règlement d’écrit, les hommes misent sur leur parole et les échanges.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Loris Vallée, juge en race Roussin au Salon de l'Agriculture, entouré de Victoria King et Mélissa Mouchel : un passeur de connaissances et compétences.
Au Salon de l'Agriculture, Mélissa Mouchel passe du ring au podium et décroche la médaille d'argent
À 18 ans, Mélissa Mouchel, étudiante en BTS Métiers de l'élevage au lycée de Saint-Lô Thère vient de vivre deux jours intenses,…
Chantal Jourdan, députée socialiste de l'Orne, a entendu les inquiétudes des responsables d'ETA concernant le crédit d'impôt accordé aux adhérents Cuma dans le cadre du plan de finances 2026.
Les ETA interpellent Chantal Jourdan sur le crédit d'impôt
Vendredi 13 mars, Chantal Jourdan, députée ornaise et la seule élue sur les 27 contactés par EDT Normandie à avoir répondu à…
La mise en place de la réforme sera longue. Mais elle représente dès maintenant une grande avancée.
La FNSEA obtient la retraite sur les 25 meilleures années
La réforme des " 25 meilleures années " va enfin se mettre en place. Les deux premières années vont donner lieu à une…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Athis, Briouze, et la FDSEA, se sont mobilisés à Flers, mardi 24 février, pour dénoncer la baisse du prix du lait.
Les JA et la FDSEA manifestent contre la baisse du prix du lait
Alors que les négociations commerciales entre les GMS et les industriels sont achevées, une nouvelle baisse du prix du lait a été…
Arnaud Viel, chef cuisinier ornais étoilé, et Émilie Fléchard, directrice adjointe de la fromagerie Gillot, mettent en lumière les produits du terroir et notamment le camembert AOP de Normandie au lait cru.
Les producteurs ornais également récompensés
Au Salon international de l'agriculture à Paris, des producteurs et éleveurs de l'Orne ont concouru au célèbre CGA (Concours…
Iulia Khramtsova et Yann Lefaux ont présenté leurs nombreux produits élaborés à base de plantes aromatiques : tisanes, vinaigres, moutardes...
Des producteurs calvadosiens fiers et au rendez-vous
Durant dix jours, au Salon international de l'agriculture à Paris, les producteurs du Calvados ont animé le pavillon normand avec…
Publicité