Aller au contenu principal

Digital : l’agriculture se badge aussi

Les badges deviennent numériques. Le dispositif se présente sous forme d'icône et permet de confirmer l'acquisition d'aptitudes, de connaissances ou de compétences. La DRAAF, la Chambre d'agriculture de Normandie et Unilasalle ont organisé une journée de réflexion sur ses usages potentiels en agriculture, et même au-delà.

La DRAAF et la Chambre d'agriculture, par l'intermédiaire de Philippe Petitqueux (à droite) et Rémi Laurent (à gauche), veulent développer les badges numériques. La démarche pourrait permettre de valoriser les compétences informelles des agriculteurs. (DR)
La DRAAF et la Chambre d'agriculture, par l'intermédiaire de Philippe Petitqueux (à droite) et Rémi Laurent (à gauche), veulent développer les badges numériques. La démarche pourrait permettre de valoriser les compétences informelles des agriculteurs. (DR)
© VM

llll Badge numérique : le terme reste méconnu. Même les aficionados du digital peine à le définir. Physiquement, le concept se résume à une image codée sur internet. Elle peut notamment être diffusée sur un réseau social (Facebook, Linked in). Des sites internet permettent aussi à l'utilisateur de regrouper tous ses badges dans une sorte de passeport. « Le badge numérique matérialise une compétence qui ne peut pas forcément l'être par un autre moyen. Quand on suit une formation, on a un diplôme qui correspond à des connaissances. La capacité à travailler en équipe ou à communiquer ne fait pas l'objet d'une validation dans les diplômes classiques. Les savoirs faire informels peuvent être reconnus par des badges numériques », explique Rémi Laurent, directeur adjoint de la Chambre régionale d'agriculture de Normandie.

Un système ouvert basé sur l'auto-évaluation
Le badge numérique s'appuie sur le monde collaboratif d'internet. Tout le monde peut créer son badge et l'attribuer. Le badge aura donc plus ou moins de valeur selon l'émetteur. Rémi Laurent imagine des déclinaisons concrètes pour le monde agricole. « Par exemple, on peut imaginer que des groupes d'agriculteurs (comme un GIEE) émettent une badge en lien avec leurs bonnes pratiques. Là, nous sommes dans l'auto-évaluation. Mais, ces badges pourraient être attribués par des conseillers, par des pairs, par des agriculteurs extérieurs au groupe. Plus il y aura d'acteurs derrière ce groupe, meilleur sera son niveau de confiance ».

Un badge qui reconnaît les bonnes pratiques agricoles
Le 6 avril dernier, une journée de réflexion a été organisée. L'initiative est partie de la sphère agricole, d'abord par la DRAAF et ensuite par la Chambre régionale d'agriculture, puis UniLaSalle. Cependant, la démarche s'est ouverte à d'autres domaines comme le monde de la culture, de l'industrie ou de la formation. Les « compétences informelles ne sont pas limitées à un secteur d'activité », rappelle Rémi Laurent. Premier objectif : lancer des initiatives et créer des badges. La DRAAF souhaite par exemple valoriser des savoirs-faire informels dans les lycées agricoles : attitudes écocitoyennes, engagement des élèves dans des activités non scolaires. La Chambre d'agriculture y voit, elle, un intérêt sur le champ de l'agroécologie. S'il n'est pas bio, les bonnes pratiques d'un agriculteur ne sont pas reconnues. « Nous allons donc badger l'agroécologie. Contrairement à un diplôme, nous sommes là dans une logique ascendante. Le terrain peut donc identifier et valoriser des compétences. C'est toujours agréable de faire reconnaître ses pratiques », résume Rémi Laurent. La démarche est aujourd'hui lancée. Les participants de cette journée de réflexion ont déjà leur premier badge, intitulé « Badgeons la Normandie ». Reste désormais à savoir si la pratique se démocratisera.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

JA 61
Le nouveau bureau des Jeunes agriculteurs est en place
Le nouveau bureau des Jeunes agriculteurs de l’Orne est en place depuis mardi 19 avril 2022, pour la mandature 2022-2024. L’…
De 50 t à 0 t de tourteau de colza
Il fut un temps où Damien Odienne achetait 50 tonnes de tourteau de colza par an pour compléter la ration de ses laitières et…
fromage AOP Normandie - Livarot
Fromage AOP de Normandie : il faut sauver le colonel
Depuis quelques années, le livarot peine à séduire les consommateurs. La production du fromage aux cinq laîches ne cesse de…
Région politique agricole
La Région Normandie dévoile sa politique agricole 2023-2027
Les élus prévoient un programme co-construit avec la profession, simplifié, d’un montant de 60 millions d’euros par an. Les…
Agrial, ferme grandeur nature
Agrial lance sa Ferme grandeur nature en juin
La coopérative agricole Agrial a décidé d’ouvrir les portes de deux fermes adhérentes lors d’un nouvel événement intitulé : Ferme…
FDSEA 50, conférence de presse
La souveraineté alimentaire prend du plomb dans l’aile
La FDSEA de la Manche ne veut pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais prévient déjà que, pour certains produits comme la…
Publicité