Aller au contenu principal

Stickage
Distorsion de concurrence : lassitude des éleveurs

En pleine crise, les éleveurs de viande bovine poursuivent leurs actions. Ils ont mené une action de stickage chez le grossiste Metro. L’occasion de contrôler l’origine de la viande et la conformité des étiquettes.

Lundi 9 heures, des éleveurs de viande bovine du département se sont donné rendez-vous à l’enseigne Metro d’Hérouville-Saint-Clair. “Les éleveurs ne comprennent pas et ne peuvent plus accepter les normes et les modalités de contrôles toujours plus rigoureuses imposées à la production nationale. Dans le même temps, les viandes d’importation ne sont pas soumises aux mêmes exigences”, résume la Fdsea 14. Pour exprimer leur malaise, les producteurs ont choisi le grossiste Metro. L’enseigne ne fournit que des professionnels, restaurants ou cuisine collective.

Date d’emballage, mais pas d’abattage
“Quand je suis venu en juin, il y avait juste deux beaux filets de viande française. Le reste des rayons était garni de viande étrangère. Ce matin, on voit de la viande française. Nous reviendrons pour surveiller”, prévient Daniel Courval, président de la section viande bovine de la Fdsea. Lundi, les producteurs ont néanmoins stické des lots de viandes étrangères. “On voit de la viande autrichienne. On y trouve juste la date d’emballage, mais pas d’abattage. Eux, ils ont le droit tandis que cette pratique est strictement interdite pour la filière française”, poursuit Daniel Courval. Et la distorsion de concurrence se poursuit. Cette même viande autrichienne est conditionnée sous vide. Une pratique là encore interdite à la filière française. Au final, entre la date d’emballage et la date limite de consommation, cinq semaines peuvent s’écouler. Un chiffre qui pourrait faire frémir la clientèle de ces restaurateurs. L’étiquette est donc conforme, car le produit n’est pas français.

Collaboration avec les abatteurs locaux
Cette situation amuserait presque si le revenu des producteurs locaux n’était pas en jeu. “Ces différences sont effectivement anormales. En tant que grossiste, nous nous plions aux exigences de la loi. Et si nous ne vendons pas cette viande étrangère, notre concurrent promocash s’en chargera”, explique Franck Ferreira, directeur du magasin d’Hérouville-Saint-Clair. Néanmoins, le responsable du rayon boucherie a officiellement pour consigne de laisser une place non négligeable à la viande française dans ses étals. Selon ce dernier, plus de 60 % de la viande vendue par Metro serait française et même locale : “nous travaillons beaucoup avec la cheville du Cotentin. Elle nous fournit jusqu’à 20 bêtes par semaine. Dans une moindre mesure, l’abattoir de Saint-Pierre-sur-Dives et la Socopa nous fournissent également”.
Les restaurateurs peuvent trouver de la viande brésilienne sur les étales. Le directeur du site ne le nie pas et affirme que les importations sont limitées. “Depuis le début de l’année, l’enseigne Metro a importé un seul conteneur de viande brésilienne. Nous avons également stoppé notre collaboration avec l’Argentine qui ne fournissait pas les certificats nécessaires. Metro achète aussi français pour répondre à la demande des clients. Si je ne propose pas de viande locale à certains restaurateurs, ils vont voir ailleurs”, insiste Franck Ferreira. En attendant, les éleveurs sont dans le rouge. La baisse de 5 centimes, annoncée par les abattoirs vendredi, ne devrait guère les rassurer.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
Florian Lemasson (à droite) est technicien cultures à la Coopérative linière du nord de Caen. Il est intervenu à la réunion hivernale de l'AGPL en décembre 2025.
Un agriculteur dans le stade
Florian Lemasson, technicien cultures dans le Calvados, jouera mardi 13 janvier 2025 contre... L'Olympique de Marseille (OM) lors…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray se sont réunis à Saint-Georges-des-Groseillers contre l'accord du Mercosur  signé samedi 17 janvier 2026.
[EN IMAGES] Dans l'Orne, les JA unis contre l'accord UE-Mercosur
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray dans l'Orne, se sont mobilisés à Saint-Georges-des-Groseillers…
La foule agricole est nombreuse, mardi 20 janvier, à Strasbourg (Alsace). Près de 1 000 tracteurs et environ 4 000 manifestants sont là.
[EN IMAGES] Manifestation à Strasbourg : "Il n'est pas question de renoncer"
Après Bruxelles, le Pont de Normandie, l'Assemblée nationale et bien d'autres lieux de France, les agriculteurs manifestent à…
À Domjean, l'agriculteur a pu remettre sur route les automobilistes.
[EN IMAGES] Les agriculteurs prêtent main-forte aux laitiers et automobilistes
Le 5 janvier, la neige a semé la pagaille dans la Manche. Elle a rendu les routes parfois impraticables dans la Manche. Les…
Publicité