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Orne
Donner de soi pour les pompiers

Désincarcération de voiture et intervention sur tracteur accidenté. Les sapeurs pompiers de l’Orne animeront différentes démonstrations, le 8 septembre au Mêle-sur-Sarthe. Entretien avec deux jeunes volontaires du canton.

© AD

“Ils sont dégourdis, manuels et ils connaissent bien le milieu où ils doivent intervenir”, observe d’emblée la chef de garde du centre de secours du Mêle-sur-Sarthe, à propos des recrues volontaires issues du milieu agricole. “Quand il faut intervenir dans des exploitations agricoles, c’est un plus pour toute l’équipe”, ajoute-t-elle. “Je suis bien content qu’il y ait des jeunes agriculteurs qui viennent nous rejoindre”, renchérit le capitaine Dominique Groutel, responsable du centre de secours de la commune. 
Antoine Chopin et Valentin Bérard, présents ce soir là  au centre de secours, pour parler à l’Agriculteur normand de leur engagement, encaissent ces compliments sans sourciller. Les deux jeunes pompiers volontaires, la vingtaine, souhaitent ardemment s’installer en agriculture. Les parents d’Antoine ne sont pas agriculteurs, mais le jeune homme se verrait bien reprendre la ferme céréalière de ses grands-parents. Il est attiré par l’élevage, mais redoute néanmoins une production très contraignante en bovin-lait. Valentin, quant-à lui - après avoir un temps renoncé à s’installer vu le contexte morose pour l’agriculture en 2008/2009 et choisi de s’orienter vers un bac pro en maintenance de matériel, suit désormais un cursus BTS GDEA (Génie des équipements agricoles) en vue de rejoindre la ferme  de ses parents, au Mêle-sur-Sarthe. Une exploitation d’une centaine d’hectares, avec un atelier laitier et une porcherie naisseur-engraisseur. Située à deux kilomètre du centre de secours, c’est sur l’exploitation familiale, que se déroulera  la 36ème édition de la Fête de la terre, dimanche 8 septembre. 
“J’ai commencé avec les pompiers au collège, confie le fils d’agriculteur. C’était ça, ou suivre des cours ennuyeux. Mais je me suis rapidement pris au jeu, et j’ai obtenu le brevet de JSP (Jeunes sapeurs pompiers) en 2009, pour être incorporé en 2010”. 

Dès le collège
“Vous ne vouliez pas faire de latin, et bien vous allez en baver quand même”, voilà (à un gros mot près)  comment le capitaine Groutel introduit en plaisantant, la formation JSP auprès des élèves qui ont choisi de suivre ce cursus. Un partenariat avec le  collège de la commune permet en effet à des jeunes, à partir de la classe de cinquième, de suivre la formation dans le cadre scolaire. Le centre de secours du Mêle-sur-Sarthe, encadre chaque année une cinquantaine de jeunes sapeurs pompiers. La formule a tant de succès, que certains élèves demandent à venir au collège du Mêle-sur-Sarthe, dans le seul but de pouvoir suivre la formation JSP. Pour Valentin Bérard, c’était un pis-aller, qui a fini par créer chez lui une vraie vocation. Mais il sépare bien les choses entre ce que sera son métier d’agriculteur, et son engagement au sein des pompiers. Antoine Chopin, quant-à lui, n’est pas passé par les JSP. Il a rattrapé les pompiers par la voie rapide. En 7 mois, il aura presque tout validé et cela ne fait quelques jours qu’il peut partir en intervention. Décidé à s’engager par l’exemple d’un voisin, il explique qu’il “avait envie de donner du temps pour les pompiers”.

Faire face au choc
Depuis son incorporation en 2010, Valentin est déjà intervenu plusieurs fois. De ses premières interventions il retient “qu’on assiste à des choses pas faciles, cela peut faire un choc. Mais on y est habitué au cours des formations. On nous rappelle encore et encore ce qu’on sera amené à rencontrer sur le terrain. Une fois en situation réelle, le choc est moins important”. “J’essaye de gérer les équipages, pour ne pas envoyer les jeunes sur des secours trop impressionnants pour leurs premières interventions, détaille Dominique Groult. L’accompagnement psychologique est très important. Il faut trouver le temps, entre collègues, pour que chacun puisse livrer ses impressions. En milieu rural, le choc est d’autant plus important qu’on est vite amené à secourir des personnes que l’on connaît très bien, voire des amis ou de la famille”. 

Recruter plus de volontaires
Le centre du Mêle-sur-Sarthe réalise environ 300 interventions par an (sur un rayon d’action de 18 communes pour le secours à la personne) et compte une trentaine de volontaires. “Nous pourrions regrouper quinze pompiers de plus sans problème”, note le capitaine Groult. Les effectifs sont à la limite d’être trop faibles. Une situation qu’on retrouve dans les autres centres de secours du département. Il y a donc des places à prendre.

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