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Drainage des terres agricoles : « les rendements ont été multipliés par deux »

Pierre Vaugon, retraité agricole et maire des Menus, préside le syndicat d’assainissement des terres agricoles du Livet, de la Donette et de l’Eure depuis 1985. Rencontre.

© SB

Pierre Vaugon est maire de la commune des Menus depuis quarante ans. En mars, il passera la main « à la nouvelle génération », comme il aime le dire. En plus de ses fonctions d’élus, cet ancien agriculteur préside le syndicat d’assainissement des terres agricoles du Livet, de la Donette et de l’Eure depuis 1985. Il rayonne sur quatre communes situées en zone inondable : Le Pas-Saint-l’Homer, La Madeleine-Bouvet, Moutiers-au-Perche et Les Menus. « Les communes se trouvent au milieu de trois bassins versants.  Les terres sont argileuses donc l’eau ne rentre pas. Dès qu’il pleut un peu, tout est inondé », explique le maire des Menus.
Dans les années 1990, à la demande des agriculteurs du secteur, le syndicat fait appel à des entreprises privées pour installer des systèmes de drainages dans les champs. « Le dossier a été monté avec la Direction départementale des territoires. Nous avons réalisé pour plus de 650 000 € d’investissement, soit plus de 4 millions de francs à l’époque, c’est faramineux. » Les systèmes de drainage ont été posés en trois étapes et sur cinq ans. « Nous avons été subventionnés à hauteur de 70 %. »

2 500 ha de SAU drainés
Depuis une dizaine d’années, les zones humides sont préservées et restaurées dans des soucis de biodiversité et de gestion de l’eau. Aujourd’hui, les agriculteurs de l’Orne doivent demander des demandes d’autorisation pour drainer leurs sols. « Ce sont des procédures complexes et décourageantes. On ne fait plus que de l’entretien maintenant. Les mairies des quatre communes allouent chaque année un budget aux alentours de 10 000 € chacune au syndicat. » La structure remplace les tuyaux usagés et élague une dizaine de kilomètres par an. Les agriculteurs sont les grands gagnants de l’action menée par le syndicat d’assainissement des terres agricoles. « Nous avons drainé près de 2 500 ha de SAU. Les rendements ont été multipliés par deux et ça a donné de la valeur aux terres du secteur. Les prix ont gonflé, nous sommes aujourd’hui aux alentours de 7 500 €/ ha. Dès qu’une parcelle se libère, il y a tout de suite cinq ou six personnes qui se positionnent pour la récupérer. »

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