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Dimanche 14 septembre à Chaulieu (50)
Drôles d’ensileuses

Seconde édition de la fête de l’ensilage à l’ancienne le dimanche 14 septembre à Chaulieu (Manche). L’occasion de découvrir ou redécouvrir de drôles d’engins ayant fait l’objet de modifications “maison” pour répondre à des situations exceptionnelles.

Marcel Leroyer est entré dans le métier de la machine agricole “en même temps que les premières ensileuses et que la TVA,” s’amuse-t-il, 40 ans plus tard. En cette fin des années 1960, c’est la marque New Holland qui tient ferme le marché. L’attelage standard : une ensileuse traînée un rang tractée par un SOM 40 (Ndlr : Someca). 

Une évolution fulgurante
Mais les surfaces en maïs explosent en ces temps de développement sans vague à l’âme. Dans les bureaux d’études des fabricants, on gonfle les becs et les rotors. L’ensileuse un rang est vite passée de mode, poussée par la deux, puis trois rangs. Mais dans les ETA (Entreprise de Travaux Agricoles), les exploitations ou les CUMA, la puissance tracteur ne suit pas toujours et devient le facteur limitant du débit de chantier. C’est ainsi que, dans quelques ateliers bas-normands, on va monter sur certaines machines un moteur auxiliaire. “Un six cylindres développant plus de 50 ch qui venait s’ajouter à la puissance du tracteur. Plus de 100 cv parfois au total et un excellent débit de chantier,”se souvient Marcel Leroyer. Une de ces machines, qui a encore ensilé de l’herbe cette année, sera en démonstration à Chaulieu. 
Autre drôle de machine : l’ensileuse à poste inversé. Point de départ de cette innovation : les pluies diluviennes de l’automne 1974 où il a fallu couper à la main des centaines d’hectares de maïs. Les ensileuses traînées s’enlisaient en quelques mètres alors que les premières automotrices s’en sortaient mieux. C’est en observant ce phénomène que Marcel Leroyer s’est décidé à transformer sa première New Holland 717 traînée deux rangs. On enlève les roues, on monte la machine en position arrière du tracteur dont on a inversé les commandes et l’affaire roule ou plutôt ensile. “Ce n’était pas d’un très grand confort de conduite pour le chauffeur”, reconnaît aujourd’hui son père concepteur. Mais cela nous a permis de sauver plusieurs centaines d’hectares en ensilant dans des conditions extrêmes”.
En fait, il ne s’agissait pas d’une transformation mais d’une adaptation réversible puisque, l’année suivante, l’ensileuse retrouvait sa configuration initiale.

Et puis l’automotrice va s’imposer
Et puis, au début des années 1970, l’automotrice va très vite s’imposer et “ringardiser” en très peu de temps les portées et traînées.
Adieu le poste inversé, adieu le moteur auxiliaire. Automotrice deux rangs, trois rangs... “A quatre rangs, certains estimaient que ça ne suivrait jamais du côté des remorques et du silo”, se souvient Marcel Leroyer. On connaît la suite : bec rotatif, 10 rangs, 12 rangs et désormais des monstres bi-motorisés de plus de 900 cv. Notre concessionnaire retraité évoque cette épopée sans nostalgie en reconnaissant au maïs quelques vertus. “Les premières machines étaient fragiles. L’ensilage a donc été synonyme de travail dans les ateliers. Cela nous a permis d’embaucher des salariés en leur fournissant des heures d’entretien et de réparation l’hiver”.

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