Aller au contenu principal

Parole de Jeune Agriculteur
Du lapin à toutes les sauces

A Vaux-sur-Seulles (14), Stéphane Françoise élève des lapins. Et surtout, il les transforme. Le jeune agriculteur est indépendant. Il n’appartient pas à un groupement et commercialise seul sa production. Autour du lapin, le cuniculteur développe sa propre gamme.

© VM

Les filières courtes ne sont pas réservées aux petites exploitations. Stéphane Françoise a repris l’exploitation familiale avec ses 7 salariés à temps plein et ses 3 mi-temps. Son père a très rapidement créé un outil d’abattage dans les années 70. “Il s’est d’abord installé en 1972. La ferme de mes grands-parents ne suffisait pas. Il fallait trouver une autre production et s’est donc orienté vers le lapin”, explique le jeune agriculteur.
Installé en 2009, Stéphane Françoise est désormais seul à la tête de la ferme depuis le 1er janvier. Une reprise qui s’avère possible uniquement dans le cadre familial. “Les prix de reprise deviennent de plus en plus élevés. C’est assez inquiétant. Si ce n’est pas l’exploitation de mes parents, je ne m’installe pas”, résume-t-il.
Au quotidien, le cuniculteur jongle avec les variations des matières premières. Lors de son étude à l’installation, il tablait sur un prix élevé de l’aliment. “Nous avons besoin d’un camion par semaine pour élever nos lapins. Je suis parti sur 8 500 €, c’était une prévision pessimiste en 2009. A cette époque, la facture était de 6 000 € par semaine. Aujourd’hui, je paie pourtant 10 000 € par camion. Les variations sont assez brutales. Dans leur gestion, je pense que les céréaliers ont également intérêt à retrouver des cours plus linéaires. Ces difficultés, les productions hors-sols les connaissent depuis longtemps. Les producteurs laitiers les ont découvertes ces dernières années !”

Variation : de 6000 à 10 000 euros d’aliments
La répercussion des charges s’avère délicate. Stéphane Françoise n’adhère à aucun groupement de vente et aucune cotation n’existe. “Je me base sur le marché de Rungis. Mais, les prix n’y sont pas toujours fiables. Il suffit d’un semi-remorque de plus pour faire chuter les prix”.
Dans ce contexte financier parfois précaire, l’entreprise s’adapte. Stéphane Françoise vend à la grande distribution, aux grossistes et à quelques détaillants. S’y ajoutent aussi les marchés de Caen et de Saint-Lô. Six mètres de linéaires y sont remplis uniquement avec des produits à base de lapin. “C’est une étude de marché à taille réelle. Si on se trompe, le consommateur nous le dit la semaine suivante”.

Développer la gamme
Les attentes ont évolué. L’outil d’abattage et de transformation permet d’y répondre. Stéphane Françoise distingue de nouvelles habitudes selon les tranches d’âge : “les plus de 50 ans prennent des lapins entiers, les 30-40 ans prennent plus des morceaux découpés ou des paupiettes et les 20-30 ans s’orientent davantage vers les steaks ou les saucisses de lapin”. Et selon l’actualité, l’exploitation s’adapte. Après le scandale de la viande de cheval, Stéphane Françoise a proposé des lasagnes de lapin sur le marché.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Le Festival de l'élevage de Vire revient d'ici neuf jours. "Pour les partenaires, c'est le top. Participer à trois concours en un, c'est mieux", remarque Thierry Chanu. Les organisateurs promettent : "Un événement qui valorise la génétique, la passion des éleveurs et la transmission entre générations. Une journée conviviale et familiale".
Deux décennies de concours bientôt célébrées à Vire
Le festival de l'élevage de Vire se tiendra à l'hippodrome de la ville, samedi 13 juin 2026. Et si l'événement est inscrit…
La longue liste des doléances s'est égrenée au fil des débats du congrès de l'AGPB qui s'est tenu les 26 et 27 mai à Nancy.
Après trois années noires, les céréaliers veulent reprendre la main
L'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a organisé son congrès annuel les 26 et 27 mai 2026…
"Parsème est l'exemple même de projet qui participe à montrer que nos campagnes œuvrent au dynamisme et à l'innovation", déclare Philippe Blaise, maire de Lingèvres, saluant "le parcours entrepreneurial de Victoria".
Les curieux se pressent à l'inauguration de Parsème en Normandie
Installée à Lingèvres, Victoria Briend a présenté son projet d'ampleur : Parsème. Jeudi 28 mai 2026, elle a convié…
Publicité