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D’un département à l’autre, le maïs fait des vagues

Dans certains secteurs, les maïs vont bien. Ailleurs, le manque d’eau se fait dangereusement ressentir : on fait le point dans le journal. L’article est à lire avec précaution, car rédigé jeudi, vendredi et lundi. D’ici la parution, la météo peut bien avoir changé, les maïs aussi.

© JP

CALVADOS
llll Philippe Marie, secteur Bessin
« Le nord va bien »
« Autour de Bayeux, nous avons eu pas mal d’eau en juin et 15-20 mm le 20 juillet. La pluie est tombée régulièrement depuis les semis, la chaleur a activé la croissance. Le nord de la N13 va bien. »
llll Loïc Baillieul, secteur plaine
« On ne rattrapera pas le potentiel perdu »
« Ça va être compliqué pour les maïs cette année. On en voit à 1,80 m voire 2 m, mais ce n’est pas partout. Certains maïs ont brûlé avec les fortes chaleurs. Le temps est gris mais nous n’avons pas d’eau. La floraison a du retard, les fleurs ont du mal à sortir. Les feuilles sont pliées, elles ne sont plus vertes et elles ne reprennent pas une forme normale. Le gros risque, c’est qu’il n’y ait pas de grains. Sachant qu’ils ne sont déjà pas très hauts … Même si nous avons de l’eau cette semaine, nous avons perdu beaucoup de potentiel et on ne le rattrapera pas. Ça sera le sujet de préoccupation du mois d’août après la moisson. Les gens vont chercher du maïs ailleurs. C’est ce que je commence à faire, car j’estime à au moins 25 % mes pertes, voire 50 % ».
llll Guillaume Ferey, secteur nord du Pays d’Auge
« Dans le nord, c’est correct
« Dans le nord du Pays d’Auge, les maïs sont corrects. On commence à voir des tours de parcelles souffrir un peu mais il n’y a pas de catastrophe. Nous avons de l’eau de temps en temps. »
llll Thierry Leroux, secteur Pays d’Auge
« Secteur très hétérogène »
« La situation est très hétérogène dans le secteur. Fin juin, Lisieux a été inondée par les pluies d’orage. Il est tombé 80 mm en peu de temps. Dans les parcelles en pente, l’eau n’a pas pénétré. Chez moi, à Orbec, nous n’avons pas eu d’eau. Les maïs sont assez critiques, nous ne savons pas comment va se passer la floraison, c’est inquiétant. Livarot a eu deux orages, il est tombé 25 mm d’eau la semaine dernière, c’est très bien. Les millimètres tombés font la qualité du maïs, l’eau est le facteur limitant. On nous annonce de l’eau pour la semaine prochaine depuis des semaines… pour certains secteurs, c’est catastrophique mais le maïs a une capacité à se refaire assez impressionnante. »
llll Alain Lebaudy, secteur bocage
« Plutôt correct avec de grandes disparités »
« Chez nous, les maïs sont plutôt corrects, voire même d’apparence belle dans certaines parcelles. Nous avons eu de l’eau quand il fallait. Mais j’émets des réserves sur les rendements, car certains maïs sont clairs. Nous avons eu des problèmes de mouches et de taupin. Nous ne pouvons plus appliquer de traitements. Les maïs développés, mais les clairs risquent d’être plombés en rendements. Ceux tardifs sont très hétérogènes. Ils auront du mal à donner quelque chose s’il ne pleut pas rapidement. Et, même s’il tombe de l’eau, le volume ne sera pas là. Mais nous voyons de tout dans le bocage et nous ne sommes pas les plus à plaindre. »

Manche
llll Gilbert Michel,
responsable section fourrages à la FDSEA de la Manche
« Problématique dans le Val de Saire »
« Certaines zones ont été arrosées quand il fallait, je pense au centre-Manche. Les maïs ne souffrent pas. La situation est différente sur la côte et en particulier dans le Val de Saire, où l’on constate un vrai manque d’eau. Les feuilles commencent à s’enrouler. S’il ne pleut pas de manière significative – 20 à 30 mm – dans les quinze jours, cela risque de devenir problématique. Le Val de Saire et la côte concentrent 20 000 à 25 000 ha de maïs, sur les 100 000 ha que compte le département. J’ai observé un retard de dix jours sur la floraison. Tant qu’il n’y aura pas eu la fécondation, ce sera difficile d’estimer le potentiel de rendement. Mais on pourrait avoir des pertes de 20 à 30 %. On a vu des blés qui auraient bien eu besoin d’eau mais dont les rendements étaient finalement exceptionnels. Dans la Manche, les maïs nourrissent les animaux, alors nous restons très attentifs. Certains maïs ont beaucoup souffert du taupin et des mouches et ont dû être resemés. »

Orne
llll Éric Hatteville, secteur Bocage
« Les maïs sont corrects »
« Les maïs dans notre secteur ne vont pas trop mal. Nous avons eu la chance d’avoir quelques orages en juin, d’autres pas. Nous avons compté 8 mm de pluie il y a huit jours (24/07) et 11 mm il y a deux jours (30/07). Cela a sauvé la mise au moment de la floraison, qui est le point critique. Les maïs étaient recroquevillés, la floraison avait pris du retard. La pluie l’a déclenchée d’un coup. On peut donc dire que nos maïs sont corrects, sauf ceux qui se trouvent en petite terre, peu profonde : ils sont moins hauts. On observe de l’irrégularité dans les parcelles cette année, les maïs ont tendance à faire des vagues dans les zones où ils manquent d’eau, car les racines ont plus de mal à se développer. Tout n’est pas gagné, nous avons encore besoin d’eau pour la fécondation et le développement de l’épi, mais on s’oriente vers une année quasi normale. »

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