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Calvados
Eau : “les Organisations Professionnelles Agricoles demandent une étude à la parcelle”

Patrice Lepainteur, président de la FDSEA 14, propose que la méthodologie d’Arvalis, à travers ses analyses Aquavallée et Aquaplaine, soit utilisée dans le Calvados. Objectif : une enquête plus proche du terrain.

© TG
Dans le Calvados, le sujet “eau” est régulièrement évoqué dans le monde agricole. Le dossier est engagé depuis plusieurs mois. Concrètement, où en est-t-on aujourd’hui ?
Malheureusement, je pense que le dossier n’a pas évolué depuis plusieurs mois. J’ai un peu le sentiment que, malgré les efforts de CAPTAGES 14 ou de la Chambre d’agriculture, la situation n’a pas bougé. Seule différence, avec la divulgation par l’administration des bassins d’alimentation de captage, nous connaissons les périmètres concernés.

Les pouvoirs publics ont-ils fixé une date de mise en place des premières servitudes ? Combien de temps les négociations peuvent-elles durer ?
Le préfet a demandé à la profession de s’exprimer sur la délimitation des périmètres de captage. La profession, via la Chambre d’agriculture, dispose de deux mois pour donner son avis. Donc le dossier pourrait s’accélérer.

Chambre d’agriculture, CAPTAGES 14 et FDSEA 14 : qui mène la barque ?
Nous ne sommes pas dans la surenchère. La multiplication des prises de parole montre que le dossier est sensible et qu’il inquiète les agriculteurs. Ce pourrait être un problème si nos voix étaient discordantes. Mais ce n’est pas le cas. Notre analyse est partagée et nos propositions sont les mêmes. Le fait que nous soyons plusieurs à les exprimer ne fait que renforcer la profession.

Connaît-on les demandes de la profession ?
Nous souhaitons un état des lieux précis. L’étude doit être réalisée le plus près possible du terrain. Personnellement, je demande que nous testions la méthodologie Arvalis : Aquavallée et Aquaplaine.

Pouvez-vous préciser le principe d’Aquavallée et Aquaplaine ?
Il s’agit d’une étude à partir d’un bassin qui repose sur un ensemble de diagnostics sur un territoire relativement grand. Ce focus peut ensuite être approfondi par une étude à la parcelle. Si les risques existent réellement, les mesures correctives seront mises en place à partir de réalités et non pas de supputations.

Les pouvoirs publics font déjà appel à leurs hydrogéologues et à leurs experts… Quelle est la valeur ajoutée de la méthode d’Arvalis ?
Au lieu de rester enfermés dans un bureau, à lire une carte pondue par un hydrogéologue, nous proposons d’aller sur le terrain voir ce qui se passe. C’est une analyse locale pour connaître les pratiques de l’agriculteur ou voir l’exposition du terrain, la topographie, la présence d’éventuelles haies.  Il y aura bien sûr des analyses de sols. On demande une étude réelle la plus fine possible. Cette analyse est incontestable.

La FDSEA 14 demande une étude réelle et approfondie. Mais elle a un coût, qui paiera ?
Après une phase d’analyse de ce dossier, nous allons à la rencontre de l’ensemble des acteurs du dossier. Les négociations sont en cours.

Ce type d’étude, qui se veut très précise,  a-t-il déjà été mené ailleurs ? Arroseur arrosé : les conclusions peuvent-elles se retourner contre les agriculteurs ?
Ces études existent dans d’autres départements, notamment dans l’Est de la France. Aquavallée et Aquaplaine y ont été testées.  Nous n’avons pas à avoir peur des résultats.  Un chiffre me vient à l’esprit. Dans un département concerné, par rapport au bassin d’alimentation de captage de 14 000 ha, 300 ont finalement été concernés. Moins de 3 %. Ce chiffre n’est pas sans doute pas transposable chez nous, il veut simplement dire qu’une analyse fine est nécessaire.  Nos exigences doivent être fondées.

Le directeur des territoires et de la mer s’est exprimé la semaine dernière, dans l’Agriculteur Normand. Ses propos vous ont-il rassuré ou inquiété ?
Ni inquiété, ni rassuré ! L’explication se voulait pédagogique. Mais, nous ne pouvons pas nous résigner aux périmètres tels qu’ils sont dessinés. J’espère donc que le principe d’une étude plus approfondie sera accepté.

Quid des servitudes ?
L’évaluation de l’incidence économique d’un changement de pratiques sera la dernière étape. La compensation devra exister sur la totalité du temps de la servitude. Si la contrainte est durable, alors la compensation devra aussi être durable.
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