Aller au contenu principal

Bovins
Ecornage des bovins : le plus tôt c’est le mieux !

Dans les conditions d’élevage moderne, l'écornage ou la coupe des cornes est une opération indispensable à la fois pour le bien-être des bovins et la sécurité des éleveurs. Afin d’éviter les contraintes de l’anesthésie, il est conseillé de pratiquer l’écornage sur de jeunes veaux de moins de 4 semaines.

Au pâturage, du fait de l'espace disponible, chaque animal peut vivre dans une certaine quiétude. Cependant, dès la rentrée en bâtiment, le contexte devient différent de par la mise en lots et la séparation des sexes.

Pour plus de sécurité et de meilleurs résultats
Les animaux se trouvent en concurrence pour l'alimentation, l'abreuvement et le couchage. De plus, la généralisation des stabulations libres associées aux cornadis a rendu quasiment incontournable l’écornage. En effet, il évite les fractures de cornes au cornadis ainsi que les blessures que les animaux s’infligent entre eux, celles-ci aboutissent souvent à une mauvaise alimentation chez les animaux blessés, dominés. Si c’est la mamelle qui est blessée, l’animal aura des difficultés à la traite ou pour nourrir son veau et risque des infections. De plus, les bovins écornés peuvent davantage s'aligner pour s'alimenter. Les performances et les résultats en sont alors améliorés.
La manipulation d’animaux non écornés présente également des risques pour l’éleveur ou toute autre personne amenée à manipuler les animaux.

Ecorner jeune pour moins de contraintes réglementaires
Pour l’heure, la réglementation qui entoure l’écornage des bovins repose principalement sur une directive européenne datant de 1988. Cette recommandation précise que dans le cas d’un écornage à moins de quatre semaines, la méthode employée (cautérisation chimique ou par brûlure) ne nécessite pas d’anesthésie car elle est peu traumatisante. En revanche, pour les bovins de plus de 4 semaines, c'est une véritable intervention chirurgicale. La cautérisation ou toute autre méthode chirurgicale nécessite une anesthésie ou une tranquillisation sous couvert d'un vétérinaire. Le mieux est donc d'effectuer cet acte le plus tôt possible, lors des 4 premières semaines de vie du veau. Au niveau français, seule la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage donne quelques indications pour l’écornage. Il est préconisé avant 6 semaines, sinon il faut attendre l’âge adulte car ce serait trop traumatisant pour l’animal. Pour les adultes, il faut avoir recours à un garrot, utiliser un matériel hydraulique et l’acte doit, bien sûr, être notifié dans le carnet sanitaire du bovin.
L’écornage des veaux présente de nombreux avantages mais demande une intervention régulière au cours de la saison de vêlage. A l'inverse, un écornage vers l'âge de 2 ans concerne souvent un nombre d'animaux plus restreint mais est plus traumatique.

Veaux ou adultes, chacun sa méthode
L'écornage des veaux doit être fait dès le plus jeune âge et il peut se dérouler dès les tous premiers jours du veau. La contention sera plus facile,  le veau sera beaucoup moins stressé et oubliera rapidement le choc subi. Contrairement aux idées reçues, il n'est pas nécessaire d'attendre que le cornillon soit sorti. L'alimentation de la corne se fait par des veines placées à la base de celle-ci, il suffit donc de couper l'alimentation de ces veines pour que la corne ne pousse pas. Si le bourgeon n'est pas visible, on peut tondre l'emplacement futur de la corne pour l’apercevoir.

Ecornage chimique
L’écornage chimique, s’il est autorisé, présente un réel danger pour l'opérateur et les animaux. De plus les démangeaisons provoquées par le produit incitent les veaux à se frotter les uns aux autres, ou sur leur mère, ce qui peut provoquer des brûlures. Les deux solutions qui existent sont :
- le crayon caustique dont l’usage est réservé aux vétérinaires, car il est fragile et dangereux.
- la pâte à écorner, à base de soude, qui peut être pratiquée par l’éleveur. Elle s’applique en fine couche à l’aide du doigtier fourni sur une surface d’environ 3 cm autour de l’emplacement des cornes.

Ecornage thermique
L'écornage thermique permet, de cautériser le tissu tout autour du cornillon, en 7 secondes à des températures de plus de  700°C. Une fois que le cornillon n'est plus irrigué, il cesse de grandir. Plus vite cette opération sera réalisée et moins l'animal sera stressé. Quel que soit le type d’appareil utilisé, il est essentiel d’intervenir avec un fer suffisamment chaud. Sinon la durée de contact avec le crâne devra être prolongée et la chaleur peut engendrer des lésions cérébrales perceptibles dès le lendemain de l’intervention. Ultime geste avant de libérer l'animal, une pulvérisation de spray désinfectant, qui va refroidir la zone brûlée et soulager le veau, tout en limitant les risques d'infection.
Dans tous les cas, le premier facteur de réussite de l’écornage est une bonne contention : contention à deux personnes ou case de contention spéciale pour les veaux, système de contention ou cornadis et corde pour les animaux plus grands. Le second facteur est une tonte préalable pour localiser précisément l'emplacement des bourgeons et faciliter le contact entre le fer et la chair.

Avenir sans cornes
Même si ce n’est pas encore totalement d’actualité, l’existence d’animaux issus de souches génétiquement sans cornes pour trois races : Charolaise, Limousine et Salers laisse à penser qu’il sera un jour possible de ne plus avoir à procéder à cette intervention.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Florian Lemasson (à droite) est technicien cultures à la Coopérative linière du nord de Caen. Il est intervenu à la réunion hivernale de l'AGPL en décembre 2025.
Un agriculteur dans le stade
Florian Lemasson, technicien cultures dans le Calvados, jouera mardi 13 janvier 2025 contre... L'Olympique de Marseille (OM) lors…
"Nous demandons aux autorités compétentes de renoncer à tout projet de prise en charge de cadavres infectés par la DNC sur le site de Saint-Langis-lès-Mortagne".
Des animaux euthanasiés pour cause de DNC traités par Atemax dans l'Orne ?
Le 19 décembre 2025, un communiqué de presse demandant de ne pas accepter le traitement des cadavres infectés par la DNC sur le…
Lison étant en proximité de la Manche, 20 communes sont ainsi placées sous surveillance suite à la découverte d'un cas d'influenza aviaire.
Grippe aviaire : un cas dans le Calvados, 20 communes de la Manche sous surveillance
Suite à la découverte d'un cas d'influenza aviaire hautement pathogène (grippe aviaire) dans un élevage de volailles à Lison (…
Cédric Dréano est JA à Messei. Il était accompagné de ses enfants (Louane, 9 ans ; Judith, 7 ans ; et Noé, 3 ans) à l'occasion des parades de Noël à Flers.
[EN IMAGES] La parade des tracteurs a illuminé le centre-ville de Flers
Vendredi 19 décembre 2025, les JA des cantons à proximité de Flers, ont participé à la parade des tracteurs de cette ville.
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
Publicité