Assemblée générale
EDT Normandie vent debout sur le crédit d'impôt
EDT (Entreprises Des Territoires) Normandie est en colère. Réunies en assemblée générale vendredi dernier à St-Lô (50), les ETA (Entreprises de Travaux Agricoles) dénoncent l'iniquité de traitement avec les Cuma. En cause un crédit d'impôt à géométrie variable.
La FNEDT, qui représente les entreprises de travaux agricoles (ETA) et sa composante régionale (EDT Normandie) se sont montrés très critiques envers un amendement octroyant un crédit d'impôt en faveur du recours aux Cuma, dans le cadre des discussions du projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Regrettant que l'amendement en question ait été introduit " sans étude d'impact ", elles jugent la mesure " mal calibrée " et menace de " déstabiliser un système agricole fondé sur la complémentarité et la diversité ". Elles estiment que le crédit d'impôt se focalise trop sur " un seul mode d'organisation (les Cuma, NDLR) alors même que celui-ci bénéficie déjà d'un cadre très favorable et de niveaux de subvention élevés ". Par ce biais, la FNEDT craint la création d'un " manque d'équité entre acteurs économiques ", soit un déficit de compétitivité trop important entre entreprises de travaux agricoles et les Cuma. Elle recommande donc la suppression de l'amendement. Pour rappel, la FNEDT réclame depuis des années de bénéficier d'allègements fiscaux dont bénéficient les exploitations agricoles, notamment le dispositif TO-DE. Partageant le constat de dépenses élevées en France du secteur agricole en matière de mécanisation, elle a prôné récemment le remplacement des subventions à l'achat de matériel par des " aides à l'usage ".
pression sur les parlementaires
Un sujet qui a largement nourri les débats lors des travaux de l'assemblée générale d'EDT Normandie qui s'est tenue vendredi dernier à St-Lô (50). "On ne tape pas sur les Cuma, on a toujours travaillé ensemble, mais on demande une équité de traitement", a précisé Michel Letourneur (coprésident d'EDT Normandie). "Ce sont les parlementaires qui ont décidé de ne pas nous mettre dans ce dispositif de crédit d'impôt. Il y a trop de sujets où on est mis sur le bord de la route". Aux forceps du 49.3, le coup est parti alors que faire ? "Harceler les députés", invite l'Ornais Patrice Gauquelin. Philippe Largeau (président de la FNEDT) a été reçu à Matignon par le directeur de cabinet du Premier ministre mais c'est aussi le terrain de la proximité qu'il faut labourer dans les prochaines semaines pour se faire connaître et reconnaître des élus. "2026 sera notre année. Celle où les ETA et ETF seront enfin reconnues à leur juste valeur, celle où nous ferons grandir l'agriculture à notre image" sont persuadés les deux coprésidents Michel Letourneur et Baptiste Baril. "Les ETARF, maillon essentiel de la chaîne agricole et forestière française, doivent plus que jamais se fédérer pour grandir et pérenniser leurs entreprises".
Des entreprises de plus en plus nombreuses (+ 15 % en 5 ans) pour atteindre en Normandie 1 573 ETARF représentant 5 171 actifs dont 3 703 salariés. Un poids lourd de l'emploi agricole régional et, au niveau national, 30 % de l'agroéquipement neuf. Pas étonnant donc qu'avec notamment l'envolée des prix du matériel, les ETA doivent ajuster leur tarif. "Un levier crucial pour stabiliser nos trésoreries et assurer l'avenir de nos structures". Un avenir qui va passer en 2026 par la facture électronique, "une autre façon de sécuriser nos trésoreries", est convaincu Baptiste Baril et peut-être aussi par l'IA (Intelligence Artificielle). Freddy Préel (animateur d'EDT Normandie) a prompté sur Chat GPT pour calculer des prix d'équilibre ou trouver le bon matériel afin de répondre à un cahier des charges spécifique. L'IA donne une réponse mais pas forcément la réponse. "Un outil pas une magie. Elle peut mâcher le travail", pondère Kevin Guérin, l'intervenant du jour. Convaincu ou pas convaincu, il est cependant temps de se pencher sur cette technologie, "même pour jouer" invite Freddy Préel.