Aller au contenu principal

A Saint-Aubin-de-Terregate (50)
Eleveurs de bactéries !

A Saint-Aubin-de-Terregate (50), Philippe et Yohann Marquer sont devenus producteurs de biogaz et donc d'électricité. Pour ces éleveurs de porcs, cette nouvelle activité s'appuie sur un contrat et des cours définis. De quoi rassurer au moment d'investir 1,9 million d'euros.

© VM

Ils restent éleveurs. Philippe Marquer a débuté dans le porc. Son fils, Yohann, le rejoint sur l'exploitation avec une unité de méthanisation. "Je suis agriculteur. J'alimente des bactéries comme je nourris des animaux. Je prépare une ration. Je soigne les transitions : comme pour des vaches laitières, je ne stoppe pas un aliment du jour au lendemain. C'est de l'élevage", souligne le jeune agriculteur de 32 ans.

Un projet pour une activité supplémentaire
Ce projet agricole est né à la suite de l'exercice 2007-2008. "C'était très dur dans le porc. Le prix des aliments a flambé sans répercussion sur les prix de vente. Et même si nous fabriquions de l'aliment et que notre bâtiment était amorti, nous avons perdu de l'argent". En janvier 2008, rendez-vous est donc pris avec le bureau d'études.  La production a finalement débuté le 4 septembre 2012. Le projet de méthanisation a permis l'installation de Yohann et l'embauche d'un salarié. "J'ai perdu un peu de temps. Mais je pense qu'il faut compter au moins 3 ans pour qu'un projet de ce type aboutisse. Mobiliser les fonds, établir le contrat et la connexion avec ERDF ou dimensionner le projet : il est difficile d'aller plus vite", estime Yohann Marquer.

Une unité dimensionnée pour être autonome
L'unité de méthanisation affiche une capacité de 250 kW électrique. "C'est un compromis entre économies d'échelle et le volume de matière à traiter. Aujourd'hui, un projet est peu rentable en dessous de 150 kW. Mais, il faut aussi le gisement pour faire tourner l'unité". Le lisier de l'élevage porcin est bien sûr intégré dans la recette. L'agriculteur compte aussi sur les déchets des industriels. Avec ces derniers, la relation de confiance reste raisonnée. "Les usines ou les industries peuvent nous tourner le dos. J'ai anticipé des scénarios négatifs en montant ce projet. Nous avons donc dimensionné l'unité de méthanisation pour la faire tourner avec nos terres, si besoin", détaille l'agriculteur.

Retour sur investissement de 7 à 8 ans
L'hiver, le lisier de porc constitue 60 % des volumes de la ration. Grâce aux 85 hectares de terres de la ferme, cette ration est complétée par de l'ensilage de couverts végétaux, de la menue paille et des cannes de maïs. S'y ajoutent également 10 hectares non labourables. L'été, le méthaniseur sera davantage alimenté par les tontes de pelouse et les déchets issus de l'industrie. Yohann Marquer attend également la validation de son dossier ICPE (Installations Classées pour la Protection de l'Environnement). Il valorisera ensuite les graisses issues de l'agroalimentaire.
Le traitement des déchets rend service à la société. Mais pour l'heure, c'est bien l'électricité qui assure le chiffre d'affaires de l'installation. Le contrat est signé pour 15 ans avec EDF. Le tarif de base (12.75 cts /kWh) suit l'évolution de l'indice INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Le montant versé par EDF est majoré. En effet, l'unité bénéficie d'une prime pour la valorisation des effluents d'élevage. Autre bonus : 4 cts du kW sont alloués lorsque l'installation valorise 70 % de l'énergie globale produite. Dans le cas de Philippe et Yohann Marquer, c'est possible grâce à l'outil de déshydratation du digesteur (lire encadré). Le retour sur investissement est donc prévu en 7 ou 8 ans.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Cette année, les Jeunes Agriculteurs de Messei accueillent la Fête de la terre, le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers.
Le programme de la Fête de la terre près de Flers
La 48e Fête de la terre se tiendra le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers. À cette…
Les bouteilles du Pastis du verger s'alignent dans la boutique de la micro-distillerie, près de Caen. On y trouve aussi gin, vodka, cold brew, limoncello.
Le meilleur pastis du monde pris dans un embouteillage
La micro-distillerie C'est Nous trace son bonhomme de chemin depuis dix ans. Pour franchir la marche suivante, la Région…
Au concours d'arrondissement d'Avranches le 8 juillet, Nicolas Avenel remporte le championnat mâle et femelle ainsi que le prix d'ensemble. Il est suivi de près par Olivier Lejamtel de Le Mesnil-Ozenne. Les deux hommes ont la même passion. D'ailleurs, le bélier présenté l'année dernière au Salon de l'agriculture à Paris par Nicolas Avenel est devenu champion. Il provenait de l'élevage de son collègue.
200 animaux attendus pour fêter les 200 ans du Comice agricole de Brécey - Saint-Pois
L'année 2025 aurait dû marquer les 100 ans de la race Cotentine au comice agricole de Brécey-Saint-Pois. Ce sera le cas en 2026…
Publicité