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Emploi
En Basse-Normandie, 59 000 emplois liés à l’agriculture

Combien d’emplois dépendent de l’agriculture en Basse-Normandie ? Pour chaque emploi agricole, un emploi induit. C’est le ratio établi par la Chambre régionale d’agriculture de Normandie. Encore faut-il bien préciser de quoi l’on parle.

Emplois induits par l’agriculture : chasser les idées reçues
L’étude de la Chambre d’agri-culture de Normandie* évalue les emplois liés à l’agriculture en Basse-Normandie. L’objectif est de mesurer le plus finement possible l’activité économique en relation avec l’agriculture sur le territoire bas-normand.
De nombreux travaux ont été menés sur ce thème dans différentes régions de France et à l’échelle nationale. Les résultats varient selon les méthodes de 0,4 à 2,3 emplois hors agriculture à coté d’un emploi agricole (tableau 1).
Les écarts d’appréciation s’expliquent principalement par le champ des études. La distribution (grande surface alimentaire) et le commerce de détail (boulangerie, boucherie charcuterie) sont intégrés dans l’évaluation française de 2007. En Languedoc Roussillon, parmi les emplois décomptés, on trouve ceux qui sont liés aux dépenses des ménages agricoles, ainsi que ceux des activités économiques liées d’assez loin à l’agriculture. Ainsi, le tourisme languedocien qui profite du pouvoir d’attrac-tivité de l’agriculture est comptabilisé.

Une évaluation en équivalent temps plein
L’étude bas-normande se limite à évaluer les emplois qui ont un lien direct avec l’activité de production agricole. Les activités équines ont été intégrées grâce à une collaboration avec le Conseil des Chevaux. Le décompte bas-normand est réalisé en équivalent temps plein. Ce choix réduit le nombre d’emplois décomptés, mais permet plus facilement de réaliser des additions et des comparaisons.

2,08 emplois aux côtés d’un chef d’exploitation en Basse-Normandie
Aux côtés d’un décideur agricole (chef d’exploitation), on compte 0,54 emploi salarié ou aide familial dans les exploitations et 1,5 emploi en dehors.

Une sphère agricole à 4 branches
En dehors des emplois situés au cœur de la sphère agricole (30 000 équivalent temps pleins dans les exploitations agricoles), l’étude considère 4 grands secteurs (schéma 1) :
- 3 800 emplois à l’amont, avec 2 360 dans l’agroéquipement (neuf, occasion et entretien), 1 120 dans l’agrofourniture et 320 dans l’alimentation animale ;
- 17 800 emplois à l’aval, avec 14 130 dans les entreprises agro-alimentaires, 1 750 dans le commerce de gros, 1 150 cavaliers privés et entraîneurs et 770 emplois dans les centres équestres ;
- 5 900 emplois dans les services, avec 1 250 dans les entreprises de travaux agricoles et les Cuma, 920 dans le bâtiment, 670 à la MSA, 580 dans les centres de gestion, 400 dans l’insémination, 340 dans le contrôle de performance, 380 dans les soins aux animaux, 326 vétérinaires, 230 dans les services de remplacement, 215 dans les laboratoires, etc ;
- 1 500 emplois dans les organismes professionnels et administrations, avec 670 dans la formation, 260 dans les Chambres d’agriculture, 200 dans les organismes de recherche, 130 dans les administrations, etc.
Les emplois très indirectement liés à l’activité agricole (comme ceux découlant de la consommation  des ménages agricoles) ne sont pas comptés. Pour simplifier, on peut dire que l’étude s’est concentrée sur les emplois agricoles et ceux des secteurs directement fournisseurs ou clients de l’agriculture.

2 % de la population active bas-normande sont liés au devenir de l’agriculture
Attention, les emplois pris en compte dans cette étude sont un peu différents de ceux induits par l’agriculture de Basse-Normandie. En effet, les salariés qui travaillent dans les usines d’aliment bretonnes qui livrent les exploitations bas-normandes ne sont pas évalués, comme les constructeurs de tracteurs allemands, ou les salariés des abattoirs ligériens qui traitent des animaux en provenance de Basse-Normandie.
A l’inverse, les emplois des outils bas-normands qui traitent des denrées agricoles en provenance d’autres régions ont été intégrés, même si leur production est ré-exportée vers d’autres régions. On est donc bien dans un angle de vue qui privilégie la localisation géographique des emplois.
Ce choix se justifie par la vision nécessairement régionale des organismes et collectivités territoriales.
Ainsi, c’est au moins 12 % de la population active bas-normande qui dépendent de façon assez directe de l’activité agricole.

Michel LAFONT
Chambre Régionale d'Agriculture de Normandie
michel.lafont@normandie.chambagri.fr
www.normandie.chambagri.fr


(*) : étude réalisée avec le soutien de la région Basse-Normandie

Quelles sont les principales sources ?
Insee : déclaration annuelle des salaires 2006.
Agreste : enquêtes structure 2005.
MSA : 2007.
Conseil des chevaux : 2006.
Enquêtes directes : 2007.

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