[EN IMAGES] Meilleurs apprentis bouchers : Evan Guittet et Mathias Lemoine sélectionnés pour l'épreuve nationale
Après avoir lancé la Fédération des bouchers de Normandie il y a 8 ans, Gilles Dumesnil a passé le flambeau à Elisabeth Gaudry (Eure) et Mathieu Rouvray (Orne). Un duo normand formé devant cinq jeunes en compétition à Coutances le 16 mars lors de la finale régionale des meilleurs apprentis bouchers.
" Vous êtes nos successeurs ", confie Elisabeth Gaudry, installée à Bourgtheroulde, aux jeunes apprentis bouchers le jour de la compétition du concours régional du meilleur apprenti de France. Et pour cause, elle a la compétition dans le sang. Elle connaît les enjeux pour avoir participé entre autres en février 2025 au concours à Paris dans le cadre du Salon de l'agriculture représentant la Normandie. Elle vient aussi de prendre la co-présidence avec Matthieu Rouvray de l'Orne de la Fédération des bouchers de Normandie, succédant à Gilles Dumesnil (Seine-Maritime). Deux temps forts qui ont eu lieu dans la Manche au CFA de Coutances, jour où un Normand a été sélectionné pour la finale nationale des MAF qui aura lieu à Vannes fin mai. Et c'est Evan Guittet de l'Orne, qui a décroché la première place. Il est suivi de Mathias Lemoine de Seine-Maritime. Tous les deux représenteront la Normandie à l'épreuve ultime. " Avec seulement 18 mois d'apprentissage, ils ont su démontrer un savoir-faire remarquable, de la rigueur et une vraie passion pour notre métier. Un grand bravo à eux pour la qualité de leur travail ", reconnaît Gilles Dumesnil.
Un nouveau duo de présidents
Boucher en Seine-Maritime, Gilles Dumesnil a été l'initiateur de la Fédération des bouchers de Normandie dans l'intérêt de " porter la voix de la Normandie " auprès des partenaires. " Nous avons voulu unir nos forces aussi et embauché une secrétaire administrative et commerciale pour nos cinq départements ", complète-t-il. Désormais, la Fédération parle pour 300 adhérents. " Ce n'est pas rien. Il y a un bel élan, une force., un réseau. Et on se sent écouté auprès de nos partenaires, qui pour la Fédération sont importants ".
Alors, le 16 mars, au passage de flambeau, l'émotion était palpable. " C'est avec beaucoup d'émotion et de fierté que je passe le relais ", confie Gilles Dumesnil, qui a pris sa retraite il y a trois ans. " J'ai été honoré de servir notre profession, de défendre nos adhérents et d'accompagner nos jeunes apprentis ", poursuit-il, toujours avec de l'émotion dans la voix. Son souhait est de voir ses successeurs faire " rayonner notre beau métier ".
Un maillon essentiel
Dans le milieu de la boucherie, " on a des fermetures mais aussi des réouvertures. On a tendance à avoir un peu plus de jeunes qui reviennent ", se réjouit l'ancien professionnel qui garde un œil aiguisé sur la filière. " Le commerce va bien. C'est le prix de la viande qui fragilise la marge des bouchers parce qu'on ne répartit pas l'augmentation du prix de la viande. Et depuis deux ans, l'évolution est importante ", constate-t-il. Un point de vue partagé par Mathieu Rouvray, boucher à La Ferté-Fresnel (61) depuis 2009, qui a pour habitude d'acheter ses bêtes sur pied. " On ne peut pas vivre sans paysan, tout comme les paysans ne peuvent pas vivre sans bouchers. On est un maillon important sur nos territoires ", concède celui qui défend tous les acteurs de la filière à savoir l'éleveur, l'abatteur et le boucher.
Deux apprentis sélectionnés pour la finale nationale
Lors de l'assemblée générale de la Fédération des bouchers de Normandie, se déroulait aussi l'épreuve régionale du meilleur apprenti boucher. Une autre ambiance pour cinq jeunes issus des cinq départements normands. Au bout de quatre heures de compétition, " les résultats ont été assez serrés hormis pour le premier qui s'est détaché ", note le jury. Ils ont travaillé des pièces de bœuf, veau, agneau et volaille. " Ils ont réalisé un travail remarquable ", s'accordent à dire les professionnels. Les deux premiers pourront se former et s'entraîner avant l'épreuve nationale qui aura lieu fin mai à Vannes.
Classement final : 1er Evan Guittet (61), 2e Mathias Lemoine (76), 3e Elliot Ledot (50), 4e Mathéis Beaudouin (27) et Anthony Jaumouille (14).
La découpe bouchère à la française inscrit au Patrimoine culturel immatériel
En 2024, "les savoir-faire de la découpe bouchère à la française" étaient officiellement inscrits par le ministère de la Culture au Patrimoine culturel immatériel en France. Une plaque commémorant cette reconnaissance de la Boucherie artisanale française a été dévoilée en présence de la ministre de la Culture, Rachida Dati en décembre 2025. " À travers la reconnaissance des savoir-faire de la découpe bouchère à la française, c'est l'ensemble d'une filière d'excellence, de nos éleveurs aux artisans bouchers, qui est reconnue ", confie la Confédération, à laquelle, Alain Desmasures, co-président du Syndicat de la Manche a participé. Grâce aux maîtres d'apprentissage et formateurs, " notre "savoir-faire est transmis aux jeunes bouchers de demain ", se réjouit-il, lui qui croit toujours en l'avenir du métier d'artisan boucher.